La France a mis à jour sa Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat 2025/2030, invitant les citoyens à réduire leur consommation de viande afin de diminuer les émissions de gaz à effet de serre.
Le gouvernement français a récemment invité la population à "limiter" sa consommation de viande dans le cadre de nouvelles lignes directrices visant à améliorer la santé publique et à réduire les émissions de gaz à effet de serre.
Réputé pour ses plats emblématiques tels que le steak-frites et le bœuf bourguignon, le pays commence à s'interroger sur l'impact environnemental de ses traditions culinaires riches en viande.
L'alimentation et l'agriculture contribuent pour un tiers aux émissions mondiales de gaz à effet de serre, juste après la combustion de combustibles fossiles.
La viande, en particulier le bœuf et l'agneau, a été identifiée dans de nombreuses études comme l'un des principaux responsables des dommages causés au climat. Selon le calculateur d'empreinte carbone CO2 Everything, une portion de 100 g de bœuf équivaut à 78,7 km parcourus en voiture, ce qui libère 15,5 kg d'équivalent CO2.
La France invite ses citoyens à manger moins de viande
Mi-février, la France a publié sa Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat 2025/2030, qui présente les objectifs du gouvernement pour 2030 afin de lutter contre la crise climatique tout en répondant aux préoccupations croissantes en matière de santé.
Le rapport devait initialement être publié en 2025, mais il a été reporté à la suite de la réaction des lobbyistes agricoles. Il est publié un mois après que les directives alimentaires américaines ont encouragé, de manière controversée, la consommation de steaks et de bœuf haché.
Les nouvelles recommandations françaises préconisent une alimentation axée sur les aliments complets tels que les fruits, les légumes, les légumineuses, les fruits à coque et les céréales complètes, tout en appelant à une consommation "limitée" de viande et de charcuterie.
Elles préconisent également une réduction des importations de viande, mais précisent que le poisson et les produits laitiers peuvent être consommés en quantités "suffisantes". Le lait de vache génère environ trois fois plus de gaz à effet de serre que la plupart des alternatives végétales.
Limiter la viande suffit-il à sauver la planète ?
"Mieux manger, c'est agir pour la planète, notre santé et soutenir une agriculture de qualité", déclare Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature.
"En choisissant des produits locaux et durables, nous réduisons notre empreinte carbone, nous protégeons la biodiversité et nous valorisons le travail de nos agriculteurs. Avec cette stratégie, l'écologie s'invite concrètement dans nos assiettes."
Bien que le rapport reconnaisse l'impact environnemental de la viande, les militants ont critiqué le gouvernement français pour avoir utilisé le terme "limiter" au lieu de "réduire".
Stéphanie Pierre, de France Assos Santé, une association de patients, a été citée dans les médias locaux, déclarant que le groupe espérait un "plan beaucoup plus ambitieux".
La France se détourne-t-elle de la viande ?
Cependant, les Français se sont lentement éloignés de la cuisine carnée au cours des dernières années, et ce pour une multitude de raisons.
Un sondage réalisé en 2025 pour le Réseau, association de lutte contre le changement climatique, a révélé que 52 % des citoyens avaient réduit leur consommation de viande au cours des trois dernières années. Plus de la moitié d'entre eux (52 %) ont déclaré que cela était dû à la hausse vertigineuse du coût des produits carnés.
38 % ont cité la santé comme principal facteur de réduction de la consommation de viande, tandis que l'environnement et le bien-être des animaux ont été cités par 35 et 33 % des personnes interrogées, respectivement.