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Présidentielle américaine : tous les chemins ne mènent pas à la Maison Blanche

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Par Rachael Kennedy avec AP
Présidentielle américaine : tous les chemins ne mènent pas à la Maison Blanche
Tous droits réservés  AP Photo
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La route de Donald Trump vers la victoire semble plus étroite que celle de son rival Joe Biden, selon les dernières prévisions.

Le spécialiste de l'analyse des données FiveThirtyEight, fondé par le statisticien Nate Silver, a déclaré qu'il y avait désormais 90% de chances que l'ancien vice-président et candidat démocrate remporte l'élection présidentielle américaine.

Le site, qui a fait des prévisions lors d'élections précédentes, analyse les résultats des sondages nationaux et dans les État, ainsi que d'autres facteurs, et a effectué 40 000 simulations de l'élection pour calculer la probabilité de victoire de chaque camp.

À la date de lundi, la probabilité de victoire était de 90 % pour Biden et de 10 % pour Trump.

La route vers la ré-élection pour l'actuel président américain ressemble maintenant à une stratégie de défense des États-clés qu'il a gagnés en 2016, y compris la Géorgie et l'Arizona, deux États traditionnellement républicains.

Ses espoirs reposent également sur les État-clés que sont la Floride et la Pennsylvanie.

La route potentielle de Biden vers la Maison Blanche

Récupérer les Etats perdus par Hillary Clinton

En 2016, la candidate démocrate de l'époque, Hillary Clinton, a perdu le Michigan, la Pennsylvanie et le Wisconsin, trois États qui avaient auparavant manifesté leur soutien de longue date à son parti.

Cela signifie que si Joe Biden parvient à conserver côté démocrate tous les États précédemment remportés par Hillary Clinton, et à récupérer ces trois Etats perdus, il obtiendra 279 grands électeurs, soit neuf voix de plus que le seuil nécessaire de 270 pour devenir le prochain candidat à la Maison Blanche.

La campagne de Joe Biden a dépensé près d'un tiers de toutes ses dépenses publicitaires dans ces trois États-clés depuis juin, même si tous les yeux seront tournés vers la Pennsylvanie, vu par beaucoup comme l'ultime exemple de l'État susceptible de faire basculer l'élection.

Joe Biden dispose actuellement d'un léger avantage sur Trump dans les sondages effectués en Pennsylvanie, où il est né — à Scranton — et dispose de cet avantage par rapport à Donald Trump, né à New York.

Cependant, Donald Trump a récemment vu ses chances de victoire dans l'État augmenter après que Joe Biden ait déclaré vouloir abandonner progressivement les énergies fossiles — sans toutefois aller jusqu'à dire qu'il interdirait la fracturation hydraulique.

Mais que se passerait-il si Biden échouait en Pennsylvanie ?

Sans les 20 votes électoraux apportés par la Pennsylvanie, Joe Biden devrait en trouver 11 autres pour atteindre le chiffre magique de 270.

Ces votes supplémentaires pourraient bien se trouver, alors, en Arizona (11 votes) ou en Caroline du Nord (15 votes), que Trump a gagné lors de la dernière élection en 2016, mais avec de faibles marges.

L'Arizona est traditionnellement un État républicain et n'a pas porté de démocrate au pouvoir depuis 1996, mais Donald Trump l'a remporté en 2016 avec 3,5 points de pourcentage d'avance sur Hillary Clinton, soit la plus petite différence depuis deux décennies.

En Caroline du Nord, par contre, les nouveaux arrivants ayant fait des études universitaires peuvent contribuer à faire l'État du côté démocrate.

Barack Obama a été le premier candidat démocrate à y gagner en 2008, et bien qu'il l'ait perdu de justesse en 2012, tout comme Hillary Clinton l'a perdu à nouveau en 2016, ce serait une victoire serrée pour Biden, mais quand même possible.

Une combinaison des éléments ci-dessus

Si Joe Biden devait reconquérir les États perdus par Hillary Clinton — Michigan, la Pennsylvanie et le Wisconsin — et remporter également l'Arizona ou la Caroline du Nord, sa victoire globale serait confortable.

Les autres États qui intéressent le camp Biden sont l'Ohio, l'Iowa et la Géorgie, et les démocrates espèrent même que le Texas sera enfin à portée de main.

L'État-clé le plus important en terme de grands électeurs, la Floride et ses 29 votes électoraux, promet également une course serrée entre les deux.

Selon le sondeur républicain Glen Bolger, "Biden a plus de chances de gagner par un plus grand nombre de voix que Trump". Mais "cela ne veut pas dire que Trump ne peut pas gagner.

La trajectoire potentielle de Trump vers sa réélection

De grands espoirs pour la Floride

Pour passer le seuil fatidique des 270 votes électoraux, M.Trump devra certainement remporter la Floride, ce qui, comme nous l'avons déjà noté, va être une bataille serrée.

C'est pourquoi le président a concentré une grande partie de sa campagne ces dernières semaines dans cet État.

En Pennsylvanie

Comme nous l'avons dit, cet État va être un champ de bataille majeur pour les candidats, et M. Trump considère la Pennsylvanie comme sa meilleure chance d'obtenir les 270 votes électoraux.

Il a organisé sept meetings cette semaine - dont quatre rien que le samedi - dans cet État, ce qui souligne l'importance de cette région dans la perspective d'une réélection.

Donald Trump a également saisi l'occasion de révéler le plan de M. Biden visant à éliminer progressivement les combustibles fossiles, une industrie importante dans l'Etat, comme il l'a fait la semaine dernière : "Cela paralysera notre nation et nous plongera dans une dépression absolue".

Les victoires de la Floride et de la Pennsylvanie seront-elles suffisantes pour Trump ?

La réponse courte est non : pas s'il ne remporte pas la majorité des États qu'il a obtenus en 2016.

Même avec une victoire dans l'Ohio, le président devrait également conserver les États remportés en 2016 ainsi que certains qu'il a perdues et d'autres où il est constamment à la traîne dans les sondages.

Cela signifierait également qu'il pourrait devoir compter sur le Minnesota, le Nevada et le New Hampshire, où sa victoire est peu probable selon les sondages.

Par conséquent, le chemin de Trump vers la réélection est beaucoup plus serré que celui de son rival et a conduit à une stratégie plus défensive qu'en 2016, où il avait réussi à briser la "muraille bleue" censée porter Hillary Clinton au pouvoir.

Le président sortant a du aussi faire campagne pour s'assurer du vote de zones acquises aux républicains, comme le témoigne son meeting à Omaha, au Nebraska, une région métropolitaine qui vaut un seul grand électeur.

Sources additionnelles • Traduction : Thomas Seymat