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France : une loi controversée vise à protéger l'image des policiers

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Manifestation à Paris contre la loi sur la sécurité globale
Manifestation à Paris contre la loi sur la sécurité globale   -   Tous droits réservés  Michel Euler/Copyright 2020 The Associated Press. All rights reserved
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Des rassemblements ont eu lieu ce mardi à Paris et dans d'autres villes de France contre la proposition de loi sur la "sécurité globale".

Une loi jugée liberticide

Dans le collimateur des manifestants, l'article 24 du texte qui prévoit de punir d'un an de prison et de 45 000 euros d'amende la diffusion de toute image "permettant l'identification d'un policier ou d'un gendarme en intervention dans le but de porter atteinte à "son intégrité physique ou psychique".

Les détracteurs du texte, parmi lesquels des journalistes et des avocats, dénoncent une grave atteinte à la liberté d'expression.

Xanaë Bove est réalisatrice : "On sait très bien que sans tous les courageux journalistes ou vidéastes qui ont pu filmer les exactions pendant les gilets jaunes, pendant l’affaire Benalla, Geneviève Legay, l’information ne circulerait pas. Donc pour moi, c’est une loi liberticide."

Arié Alimi est avocat, membre de la Ligue des droits de l’Homme : "Je vous prends l’exemple de Cédric Chouviat, ce livreur de 42 ans, mort à la suite d’un écrasement du larynx par des fonctionnaires de police. Rappelez-vous que la préfecture de police avait dit qu’il était mort d’un simple malaise cardiaque. Sans les vidéos de ces fonctionnaires de police diffusées sur les réseaux sociaux, nous n’aurions pas eu la vérité."

Sans tous les courageux journalistes ou vidéastes qui ont pu filmer les exactions pendant les gilets jaunes, pendant l’affaire Benalla (...) l’information ne circulerait pas.
Xanaë Bove
Réalisatrice

Protéger l'intégrité des policiers

La proposition de loi portée par le parti d'Emmanuel Macron est examinée depuis ce mardi dans un climat tendu à l'Assemblée nationale.

Répondant aux critiques de l'opposition, le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a rappelé que ce texte avait d'abord pour objectif de protéger les policiers et leurs familles :

"Est-ce que les journalistes pourront continuer à filmer ? La réponse est oui. Pourront-ils continuer à diffuser ? La réponse est oui. Est-ce qu'un citoyen pourra filmer l'intervention de police ? La réponse est oui. Pourra-t-il le dénoncer au Procureur de la République ? La réponse est oui. Mais pourra-t-on désormais faire des appels au viol sur des policières ? Pourra-t-on faire des appels au meurtre sur des policiers ? (...) La réponse est non. Et tant mieux que l'article 24 soit adopté."

Pourra-t-on désormais faire des appels au viol sur des policières ? Pourra-t-on faire des appels au meurtre sur des policiers ? (...) La réponse est non. Et tant mieux que l'article 24 soit adopté."
Gérald Darmanin
Ministre de l'Intérieur

Cette proposition de loi a fait l'objet de 1 300 amendements. Pour l'un des corapporteurs du texte, Jean-Michel Fauvergue, ex-patron du Raid, le texte vise à "regagner du terrain" dans la "guerre des images" que "l'autorité, l'État en particulier, est en train de perdre".