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Mort de Quentin à Lyon : mis en cause par ses opposants, LFI fait part de sa "sidération"

Vue générale sur le Quai Fulchiron, à Lyon, ou Quentin a été secouru, inanimé, jeudi dernier.
Vue générale sur le Quai Fulchiron, à Lyon, ou Quentin a été secouru, inanimé, jeudi dernier. Tous droits réservés  Tous droits réservés Zairon / Wikimedia Creative Commons
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Par Nathan Joubioux
Publié le Mis à jour
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À droite comme dans le camp présidentielle, toutes les accusations se tournent vers La France insoumise, bien que les responsables de l'agression ne soient pas encore identifiés.

La mort de Quentin D., militant d'extrême droite de 23 ans, décédé samedi 14 février d'une commotion cérébrale après avoir été violemment agressé à Lyon, jeudi, continue d'alimenter le débat politique, à quelques semaines des élections municipales. La campagne a d'ailleurs été suspendue dans la capitale des Gaules.

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Ce dimanche, plusieurs dizaines de personnes se sont rassemblées à Paris, à l'appel de plusieurs groupes identitaires et nationalistes pour demander "Justice pour Quentin".

Le groupe identitaire et qui se revendique féministe Némésis affirme que Quentin faisait partie du service d'ordre chargé d'assurer la sécurité des manifestants venus perturber une conférence de Rima Hassan à l'Institut d'études politiques.

Une version démentie par l'avocat de la famille de celui qui militait au sein de l'Action française, mouvement royaliste extrémiste. Dans un communiqué, Me Fabien Rajon a indiqué que "le jeune Quentin n'était ni agent de sécurité, ni membre d'un quelconque service d'ordre et qu'il n'avait aucun antécédent judiciaire".

Il a ajouté que "la thèse de la simple rixe entre deux groupes rivaux ne semble pas correspondre à la réalité des faits : il s'agirait plutôt d'un lynchage gratuit de la part de plusieurs individus, en surnombre et armés, qui se seraient acharnés sur la victime isolée".

Des responsables toujours inconnus

Selon Némésis, Quentin aurait été agressé par des militants dont certains seraient issus de la Jeune Garde Antifasciste. Mais l'organisation a assuré avoir "suspendu toutes ses activités dans l'attente de la décision du Conseil d'État", le gouvernement ayant prononcé, en juin dernier, sa dissolution. "Elle ne saurait être tenue pour responsable des tragiques événements ayant eu lieu", a-t-elle indiqué dans un communiqué.

Dimanche soir, Laurent Nuñez a déclaré, sur France 2, que "manifestement, l'ultragauche était à la manœuvre". Le ministre de l'Intérieur, qui a pointé du doigt la responsabilité de la Jeune Garde antifasciste, a assuré que l'enquête "permettra de confirmer ou pas si c'étaient des militants de la Jeune Garde". "Mais les témoignages vont en ce sens manifestement", a-t-il précisé.

De son côté, le ministre de la Justice Gérald Darmanin a attribué cette agression de manière "incontestable" à "l'ultragauche". "Je pense qu'il y a une complaisance de LFI et des partis extrêmes en général pour la violence politique", qui font "semblant de ne pas voir que les mots tuent", a-t-il accusé.

Une enquête a été ouverte du chef de coups mortels aggravés et de violences aggravées par les circonstances de réunion, d’usage d’arme, et de dissimulation du visage des auteurs des faits. Le parquet a également indiqué avoir "recueilli plusieurs témoignages significatifs".

LFI pris pour cible

Depuis l'annonce de son décès, presque toute la classe politique accuse La France insoumise d'avoir joué un rôle dans l’agression ayant mené à la mort du militant nationaliste.

"L’extrême-gauche française et en particulier LFI a du sang sur les mains. Et je pèse mes mots, puisque, de fait, l’état-major de LFI, depuis des semaines et des mois, défend systématiquement, publiquement la Jeune Garde. Je veux leur dire que nous ne sommes pas dupes de leurs pseudo-messages de compassion et que nous espérons bien que la justice sera rendue", a assuré Marion Maréchal, eurodéputée Conservateurs et réformistes européens.

"Le tabassage à mort de Quentin par des militants d’ultragauche est un témoignage horrifiant de l’extrême violence qui règne dans les satellites qui gravitent autour de LFI", a écrit Bruno Retailleau, alors même que l'enquête n'évoque, pour le moment, pas l'identité des agresseurs.

De son côté, Aurore Bergé, ministre déléguée chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, a accusé, sur franceinfo, La France insoumise de "faire la tournée des universités, des facs et des grandes écoles".

Il est "impensable" que la gauche "cultive le moindre doute" sur une "possible alliance avec La France insoumise", a déclaré, sur RTL, l'eurodéputé Place Publique Raphaël Glucksmann, avant d'appeler à "mettre un terme à cette brutalisation du débat public" et de reconnaître que les "milices d'ultradroite" causaient également des morts.

Des accusations qui ne sont pas sans conséquences. Depuis vendredi soir, précise franceinfo, plusieurs permanences de militants et élus de LFI, comme à Lille, Metz, Castres Bordeaux ou Rouen, ont subi diverses dégradations, allant du lancement de projectiles en passant par des jets de liquide rouge, ou des appositions d'affiches liées à l'agression de Quentin.

Condamnation unanime chez LFI

La France insoumise, Rima Hassan et Raphaël Arnault en tête, a rapidement condamné cette agression et assuré que toute la lumière devait être faite.

"Une enquête doit faire toute la lumière sur les circonstances de ces faits extrêmement graves et inacceptables que je condamne fermement. Les personnes responsables de ces violences doivent rendre des comptes dans les plus brefs délais pour que justice soit faite", a écrit Rima Hassan.

Elle a également précisé que "le seul et l’unique service d’ordre avec lequel je collabore et qui m’accompagne est celui de La France insoumise qui n’a jamais recours à la violence et qui n’est, en aucun cas, impliqué dans ces affrontements".

"J’apprends ce décès avec horreur et dégoût. Ce que je redoute depuis des années à Lyon se perpétue. J’adresse mes condoléances à la famille de ce jeune homme et je souhaite que toute la lumière soit faite sur ce drame", a réagi le député Raphaël Arnault.

Yaël Braunt-Pivet, présidente de l'Assemblée nationale, a annoncé, ce lundi, avoir suspendu son assistant parlementaire à titre conservatoire, car son nom est cité par plusieurs témoins dans l'agression.

À Montpellier, ce dimanche, Jean-Luc Mélenchon a, lui, assuré que "tout s’est passé ailleurs qu’à l’endroit où se trouvaient Rima [Hassan] et le service d’ordre des Insoumis. Tout a été truqué, arrangé pour faire croire à une sorte d’expédition du service d’ordre Insoumis pour traquer un pauvre malheureux". "La mort n’a rien à faire dans nos pratiques et dans nos rangs. J’ai dit des dizaines de fois que nous étions hostiles et opposés à la violence", a rappelé le fondateur de LFI.

"Nous savons ce qu’est la douleur d’un parent qui perd un enfant, et nous y compatissons quelle que soit l’opinion de ce parent et quelle que soit l’opinion de cet enfant. Nous exprimons notre sidération, mais aussi notre empathie et notre compassion pour la famille, pour les proches", a-t-il ajouté.

L'insoumis Éric Coquerel a, lui, appelé l'"extrême-droite" à "balayer devant sa porte". Il a également mis en avant un "contexte lyonnais" avec "depuis de nombreuses années des ratonnades, actions de l'extrême droite, sans que ça fasse beaucoup la une de l'actualité" et sans que la police n'"intervienne".

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