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Arménie : les législatives anticipées fixées au 20 juin

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Arménie : les législatives anticipées fixées au 20 juin
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Les législatives anticipées auront lieu le 20 juin, a annoncé sur Facebook jeudi le Premier ministre arménien Nikol Pachinian, contesté depuis la défaite dans le Haut-Karabakh.

C'est donc le 20 juin que se décidera le futur politique de l'Arménie. La date des législatives anticipées a été dévoilée sur Facebook ce jeudi par le très contesté Premier ministre Nikol Pachinian, qui continue de résister face aux appels à la démission.

Accusé de traîtrise pour avoir accepté un cessez-le-feu face à l’Azerbaïdjan dans la région séparatiste du Haut-Karabakh, Nikol Pachinian espère que le scrutin permettra de tourner la page de la crise politique que traverse l'Arménie.

Les deux dirigeants d'opposition rencontrés par le Premier ministre, Gaguik Tsaroukian d'Arménie prospère et Edmon Maroukian d'Arménie lumineuse, se sont dit satisfaits de cette annonce de la date du scrutin.

Ces deux partis représentent à l'heure actuelle un tiers des sièges au Parlement. Le parti de Nikol Pachinian en dispose quant à lui de 83 : il faudrait donc un retournement spectaculaire pour qu'il soit évincé du pouvoir. "Le bloc pro-gouvernemental au Parlement a de fortes chances d'obtenir une majorité mais réduite", analyse Richard Giragosian, directeur du Centre d'études régionales, un think thank arménien.

Car l'opposition ne jouirait pas d'une image, avance cet analyste :"L'opposition est largement discréditée en raison de ses liens avec l'ancien gouvernement corrompu et elle est profondément impopulaire, ce qui signifie qu'il est peu probable qu'elle soit en mesure de recueillir suffisamment de voix".

Élément déclencheur des manifestations contre le Premier ministre Nikol Pachinian, l'accord de paix négocié par Vladimir Poutine dans le Haut-Karabakh a entériné une défaite amère pour l'Arménie, le cessez-le-feu impliquant notamment d'importantes pertes territoriales pour la partie arménienne.

Si l'Arménie conserve l'essentiel du Haut-Karabakh, elle a dû notamment céder la ville symbolique de Choucha ainsi qu'un glacis de territoires azerbaïdjanais entourant la région.

Porté au pouvoir en 2018 par une révolution populaire dénonçant la corruption des élites post-soviétiques, Nikol Pachinian a jusque-là résisté aux pressions mais sa décision de limoger des hauts responsables militaires fin février, les accusant d'avoir voulu fomenter un coup d'Etat, a relancé les manifestations.

Les opposants ont même campé un temps devant le Parlement, en assurant qu'ils ne quitteraient les lieux qu'après le départ du Premier ministre. Celui-ci a encore refusé de se plier, jeudi, à une décision de justice lui intimant de réintégrer son chef d'état-major.