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Le Maroc sur la voie du cannabis médical : les cultivateurs entre soulagement et inquiétude

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Mohamed Morabet, cultivateur de cannabis dans la région marocaine de Ketama
Mohamed Morabet, cultivateur de cannabis dans la région marocaine de Ketama   -   Tous droits réservés  FADEL SENNA/AFP or licensors
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Après des décennies de culture illégale du cannabis, au Maroc, le projet de loi sur "les usages licites du cannabis" doit être discuté cette semaine au parlement. Le gouvernement table sur le développement du marché du cannabis médical et vise le marché européen.

Mohammed Morabet a hâte de voir son pays franchir ce cap. A 60 ans, cet agriculteur a l'habitude de vivre dans la peur puisque cela fait des années qu'il cultive la marijuana pour le marché noir dans la région de Ketama. Il veut sortir de la clandestinité et pouvoir marcher la tête haute :

"Nous demandons à ce que les coopératives de production de cannabis soient installés dans notre région pour que les jeunes, les locaux puissent travailler pour l'international, dans les régions historiques de culture du cannabis comme Béni Sdet, Ketama et Béni Khaled."

"Si la légalisation est dans notre intérêt du point de vue du prix de vente, ce sera bon pour nous, nous n'aurons plus de problème, mais si le prix qu'ils offrent n'est pas bon, nous serons tous perdant", explique Fadoul Azouz, un cultivateur plus sceptique.

Le projet de loi prévoit la réglementation de toute la chaîne de production, via la création d'une agence nationale de régulation. Le but est de reconvertir les cultures illicites destructrices de l'environnement en activités légales durables.

Interdit en 1954 par le Royaume mais toléré depuis, le cannabis ferait vivre entre 80 000 et 120 000 familles marocaines.

Selon les derniers chiffres, le Maroc est le premier producteur mondial de hashish avec 700 tonnes par an. 217 tonnes ont été saisies par les autorités marocaines l'an dernier.