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Chine : un réacteur nucléaire EPR sous surveillance après une augmentation de "gaz rares"

Par euronews avec AFP
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La centrale de Taishan, alors en travaux le 8 décembre 2012, dans la province du Guangdong.
La centrale de Taishan, alors en travaux le 8 décembre 2012, dans la province du Guangdong.   -   Tous droits réservés  PETER PARKS/AFP
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Le premier réacteur EPR du monde mis en service est-il victime d'une avarie ? Alors qu' "une possible fuite" a été rapportée ce matin par la chaîne d'informations américaine CNN, le groupe français EDF a indiqué que le réacteur numéro 1 de la centrale nucléaire de Taishan, dans le sud de la Chine, a subi une "augmentation de la concentration de certains gaz rares".

"EDF a été informée de l'augmentation de la concentration de certains gaz rares dans le circuit primaire du réacteur n°1 de la centrale nucléaire de Taishan détenue et exploitée par TNPJVC, joint-venture de CGN (70%) et EDF (30%)", indique le groupe français dans un communiqué.

Le circuit primaire est un circuit fermé contenant de l'eau sous pression, qui s'échauffe dans la cuve du réacteur au contact des éléments combustibles. Les gaz dits "rares" comptent l'argon, l'hélium, le krypton, le néon ou encore le xénon.

La fission nucléaire produit des gaz rares qui ont fuité dans ce circuit à travers les gaines, un phénomène minimisé par EDF et des experts. EDF a exclu toute dynamique de fonte du coeur, comme dans d'anciennes catastrophes nucléaires.

"La présence de certains gaz rares dans le circuit primaire est un phénomène connu, étudié et prévu par les procédures d’exploitation des réacteurs", ajoute l'entreprise.

La procédure prévoit que ces gaz soient collectés et traités afin d'en retirer la radioactivité, avant d'être rejetés dans l'air. Ils l'ont été "dans le respect des limites réglementaires définies par l'autorité de sûreté chinoise", a ensuite précisé EDF, en disant que ces limites étaient dans la moyenne internationale.

"Nous ne sommes pas sur des contaminations, nous sommes sur des rejets contrôlés, maîtrisés", a souligné le groupe lors d'une conférence de presse.

"Pas d'inquiétude" assure EDF

Les deux réacteurs de Taishan sont à ce jour les seuls EPR a être entrés en service dans le monde, en 2018 et 2019. D'autres exemplaires de ces réacteurs de troisième génération sont en construction en Finlande, en France et au Royaume-Uni, mais de multiples déboires techniques ont retardé de plusieurs années leurs mises en services.

Framatome, la filiale d'EDF qui a participé à la construction des réacteurs de Taishan, avait un peu plus tôt indiqué surveiller "l'évolution d’un des paramètres de fonctionnement" sur le site, mais sans donner de détail ni parler de fuite.

La centrale "est dans son domaine de fonctionnement et de sûreté autorisé", a assuré Framatome dans un communiqué.

"Menace radiologique"

CNN, sur la base d'une lettre envoyée par Framatome au département de l'Energie américain le 8 juin, a fait état d'une possible "fuite" dans cette centrale. Framatome se serait adressé aux Etats-Unis pour demander une autorisation d'assistance technique pour résoudre "une menace radiologique imminente".

Toujours selon la chaîne américaine, les autorités de sûreté chinoises auraient également relevé les limites acceptables de radiation à l'extérieur du site pour éviter d'avoir à mettre la centrale à l'arrêt.

De son côté, l'exploitant de la centrale, TNPJVC, a fait état dans un communiqué d'indicateurs environnementaux "normaux", sans toutefois faire directement référence aux informations de CNN. "A l'heure actuelle, la surveillance continue des données environnementales montre que les indicateurs environnementaux de la centrale nucléaire de Taishan et ses environs sont normaux", a indiqué l'entreprise chinoise sur son site web.

Dans son communiqué, EDF indique avoir pris contact avec TNPJVC, "en tant qu’actionnaire" de cette société et "apporte son expertise". Le groupe français dit encore avoir "sollicité la tenue d’un conseil d’administration extraordinaire de TPNJVC pour que le management présente l'ensemble des données et les décisions nécessaires".

La Chine compte une cinquantaine de réacteurs en fonctionnement ce qui la classe au troisième rang mondial derrière les Etats-Unis et la France.