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La confirmation de la condamnation de Ratko Mladic "n’est qu’un chapitre de la justice"

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Par Stefan Grobe  & Euronews
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La confirmation de la condamnation de Ratko Mladic "n’est qu’un chapitre de la justice"
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La justice internationale a confirmé la prison à vie pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité pendant la guerre de Bosnie entre 1992 et 1995 à l’encontre de l’ancien chef militaire serbe de Bosnie Ratko Mladic. Le mécanisme pour les tribunaux pénaux internationaux (MTPI) a rejeté l’appel formulé par celui que l’on surnomme le "Boucher des Balkans". Euronews a interrogé le procureur général du MTPI Serge Brammertz.

Euronews :

Ratko Mladic a-t-il montré la moindre réaction à l’annonce de sa condamnation ?

Serge Brammertz :

En fait il n’a pas vraiment réagi. Il a eu la même attitude pendant la quasi-totalité du procès.

Euronews :

A-t-il montré à un moment le moindre signe de remord ?

Serge Brammertz :

Pas du tout. Il a eu une attitude assez proche de celle qu’il avait pendant la guerre, très méprisant, avec presque une sorte d’agressivité à l’égard des victimes, des survivants présents à l’audience. Je pense que le Ratko Mladic que l’on a vu au tribunal est assez proche de celui qui distribuait des bonbons aux enfants, qui expliquait à des milliers de soldats et de civils qu’ils pourraient retrouver leur famille bientôt avant de les exécuter brutalement quelques jours plus tard à Srebrenica.

Euronews :

Vous évoquez les familles des victimes. Cette décision de justice peut-elle mettre fin aux divisions dans les Balkans ?

Serge Brammertz :

C’est absolument important pour les victimes et les survivants, cela est nécessaire pour la réconciliation mais nous sommes loin d’une réconciliation réussie. Le déni du génocide, la glorification des criminels de guerre, ces attitudes sont encore présentes. Mais nous espérons que les responsables politiques accepteront cette décision juridique et arrêterons de considérer Ratko Mladic comme un héros mais comme ce qu’il est, un homme condamné pour crimes de guerre. Je pense que si l’on veut donner une chance à la réconciliation, la responsabilité des crimes du passé est très importante.

Euronews :

Le Tribunal pénal international pour l’ancienne Yougoslavie n’existe plus. Avec du recul êtes-vous satisfait de son travail ou faut-il améliorer certaines choses ?

Serge Brammertz :

Si l’on regarde en arrière, depuis 1993, ce sont 161 personnes qui ont été mises en examen et 90 ont été condamnées, des personnes de tous bords. Je ne pense pas que le Tribunal a vraiment réussi sur la question de la responsabilité des crimes commis dans l’ancienne Yougoslavie. Mais vous savez ce n’est qu’un chapitre de la justice. 161 cas, des cas importants comme Radovan Karadzic, Ratko Mladic et d’autres. Mais à Sarajevo seule, il y a plus de 500 affaires en cours liées à plus de 3 000 personnes. Si au niveau international nous arrivons bientôt à la fin d’un chapitre important, un autre est encore ouvert et pour de très nombreuses années et des centaines de victimes attendent que justice soit rendue en Croatie, en Serbie et en Bosnie-Herzégovine.