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Arménie : la sécurité des frontières est au cœur de la campagne des législatives

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Par Stephane Hamalian  & Astrig Agopian
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Deux femmes échangent à Erevan, devant une affiche de campagne, le 16 juin 2021, Arménie
Deux femmes échangent à Erevan, devant une affiche de campagne, le 16 juin 2021, Arménie   -   Tous droits réservés  KAREN MINASYAN/AFP or licensors

Alors que des élections législatives anticipées doivent avoir lieu dimanche 20 juin en Arménie, la région de Syunik, dans le sud, fait l'objet d'une attention particulière.

Frontalière de l'Azerbaïdjan cette zone est le théâtre de tensions extrêmes depuis la fin de la guerre dans le Haut-Karabakh (Artsakh en arménien). Certains secteurs du territoire arménien ont été envahis par des soldats azerbaïdjanais, suscitant l'inquiétude des habitants qui dénoncent un manque de réaction de la part du Premier ministre Nikol Pachinian.

"64 hectares de notre village ont été pris par l'Azerbaïdjan" se désole Nver, agriculteur arménien.

"Je suis déçu car lorsque j'ai voté pour le parti Mon Pas de Nikol Pachinian, j'avais l'espoir qu'ils apporteraient des changements pour les agriculteurs, au moins dans les questions quotidiennes" poursuit-il. "Mais il n'y a pas eu de changement, au contraire, la situation a empiré".

Les concessions territoriales consenties par Nikol Pachinian en novembre dernier, à l'issue du conflit du Haut-Karabakh, ont bouleversé les frontières. La ligne de démarcation des deux pays ne faisant pas consensus entre Erevan et Bakou, les habitants arméniens restent sur leurs gardes, armés et prêts à se défendre en cas de nouvelles avancées azerbaïdjanaises.

Cette situation fragile a fait plonger la côte de popularité du Premier ministre dans le Syunik.

Militaire à la retraite, Aravush Hayrapetyan est l'un des rares habitants de la région à accorder sa confiance au leader de la révolution de Velours de 2018.

"Ce n'est pas un traître, il a eu raison de signer le cessez-le-feu, il a sauvé des milliers de vies. Sans lui, je ne serais pas ici aujourd'hui avec mon fils, à défendre notre poste" indique-t-il arme à la main, treillis sur le dos. "Notre nation arménienne va renaître après la réélection de Pashinian" espère-t-il.

Dans les derniers sondages, Nikol Pachinian a été rattrapé par Robert Kotcharian, un ancien président arménien né dans le Haut-Karabakh. Les deux têtes de liste sont désormais au coude-à-coude, et ont pris le large, devant la vingtaine de listes déclarées.

La question de l'intégrité territoriale de l'Arménie sera certainement le facteur décisif pour les électeurs lors des élections du 20 juin.

Reportage réalisé en Arménie, par Astrig Agopian.