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L'inquiétude dans le camp Biden après la défaite en Virginie

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Par Euronews  avec AFP
Jo Biden à la Maison Blanche le 28 octobre 2021
Jo Biden à la Maison Blanche le 28 octobre 2021   -   Tous droits réservés  NICHOLAS KAMM/AFP or licensors

Joe Biden encaissait mercredi un revers retentissant avec la défaite démocrate à l'élection du gouverneur de Virginie, un scrutin vu comme un test de sa popularité, au moment même où ses projets de réformes restent bloqués au Congrès.

Après sa tournée européenne à Rome pour le G20 et à Glasgow pour la COP26, le locataire de la Maison Blanche est rentré à Washington dans la nuit pour faire face à un moment charnière de sa présidence.

Un an avant les élections cruciales de mi-mandat qui pourraient totalement rebattre les cartes du pouvoir, la défaite mardi en Virginie sonne comme un échec cinglant pour Joe Biden, alors même qu'il avait fait personnellement campagne aux côtés du candidat démocrate Terry McAuliffe dans cet Etat du Sud où il était arrivé avec 10 points d'avance.

Pour les républicains, la victoire de Glenn Youngkin offre une possible feuille de route stratégique pour 2022, et peut-être même la présidentielle de 2024: M. Youngkin a réussi à conserver la base électorale trumpiste tout en prenant suffisamment de distances avec l'ex-président pour reconquérir des voix dans les banlieues aisées.

Le New Jersey en ballotage

Autre signe inquiétant pour le président américain, le gouverneur démocrate sortant du New Jersey était au coude-à-coude mercredi avec son rival républicain. Phil Murphy était pourtant donné largement vainqueur dans les sondages précédant l'élection dans cet Etat de l'Est des Etats-Unis où les gouverneurs sont majoritairement démocrates depuis 2002.

Joe Biden a vu sa cote d'impopularité s'élever en flèche ces dernières semaines. Selon le site d'étude de l'opinion Fivethirtyeight, il est aujourd'hui l'un des présidents les moins appréciés à ce niveau de mandat, seul Donald Trump avait fait "pire" que lui. Il doit donc désormais se replonger à Washington dans les affres du Congrès, puisque ses deux gigantesques plans d'investissements font l'objet d'interminables tractations dans son propre camp entre progressistes et modérés.

Le président attend avec impatience un accord sur son programme "Build Back Better" de réformes sociales et climatiques. Le projet comprend notamment 555 milliards de dollars pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, ce que la Maison Blanche a décrit comme "le plus grand investissement jamais réalisé pour faire face à la crise climatique".

Droit de véto pour un sénateur

La facture globale de ce plan, déjà réduite de moitié, est contestée principalement par le sénateur modéré Joe Manchin, élu démocrate de l'Etat traditionnellement conservateur de Virginie-Occidentale, et qui possède virtuellement un droit de veto au Congrès au vu de la très fine majorité démocrate.

"J'ai toujours été clair: si je ne peux pas rentrer chez moi et justifier (ces programmes de dépenses), je ne peux pas voter pour", avait-il affirmé lundi, faisant part de ses inquiétudes quant à l'impact de ces plans sur la dette publique américaine mais aussi, sans aucun doute, sur sa capacité à être réélu.

L'autre grand plan d'investissement de Joe Biden concerne les infrastructures (routes, ponts, transports) et s'élève à 1 200 milliards de dollars. Il est lui soutenu par une majorité au Sénat, mais bloqué à la Chambre des représentants par les démocrates progressistes qui réclament de voter en même temps le projet "Build Back Better". Ils craignent que les centristes ne refusent de soutenir ce projet très coûteux après avoir obtenu le chèque pour les infrastructures.

Dans l'impasse, Joe Biden se doit désormais de mettre les bouchées doubles pour espérer redorer le blason de sa présidence fortement terni après le retrait chaotique d'Afghanistan cet été.