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Birmanie : le journaliste Danny Fenster, gracié et expulsé, en route vers les Etats-Unis

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Par Euronews  avec AFP
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Âgé de 37 ans, le journaliste, qui travaille pour le magazine Frontier Myanmar, avait été arrêté en mai alors qu'il tentait de quitter le pays.
Âgé de 37 ans, le journaliste, qui travaille pour le magazine Frontier Myanmar, avait été arrêté en mai alors qu'il tentait de quitter le pays.   -   Tous droits réservés  Photo : Associated Press

Après environ six mois de prison en Birmanie, le journaliste nord-américain Danny Fenster est attendu aux Etats-Unis : détenu pour terrorisme, il a été gracié, libéré et expulsé lundi, à la veille d'un procès où il risquait la prison à vie.

M. Fenster a été gracié "pour des raisons humanitaires" après des négociations avec l'ancien diplomate américain Bill Richardson et deux émissaires japonais, a indiqué dans un communiqué le service de communication de la junte.

Le bureau de M. Richardson avait auparavant évoqué "des négociations en tête-à-tête" avec le chef de la junte Min Aung Hlaing.

MM. Fenster et Richardson se rendront aux États-Unis "via le Qatar, au cours du prochain jour et demi", a déclaré le Richardson Center, ajoutant qu'il était impatient de retrouver Danny et ses parents, Buddy et Rose, ainsi que son frère Bryan.

Une photo postée par Bill Richardson montre Danny Fenster, en short et en tongs devant un petit avion aux côtés de l'ancien gouverneur du Nouveau-Mexique reconverti en négociateur d'otages, sur le tarmac de Naypyidaw, la capitale de la Birmanie.

Âgé de 37 ans, le journaliste, qui travaille pour le magazine Frontier Myanmar, avait été arrêté en mai alors qu'il tentait de quitter le pays. Il était détenu depuis à la prison d'Insein près de Rangoun.

Aux Etats-Unis, la famille du journaliste était soulagée : "Nous sommes ravis que Danny ait été libéré et en train de rentrer", a-t-elle déclaré dans un communiqué, en remerciant "tous ceux qui ont contribué à sa libération, en particulier l'ambassadeur Richardson, nos amis et le public qui nous a soutenu (...)".

Le département d'Etat a également salué la libération du journaliste "injustement détenu" et réitéré son "appel à la libération des autres injustement détenus en Birmanie".

La semaine dernière, le journaliste avait été condamné à 11 ans de prison pour incitation contre l'armée et association illégale.

Il devait comparaître mardi devant un tribunal pour terrorisme et sédition, et encourait pour cela la prison à vie.

"Il n'avait rien fait de mal"

"C'est une merveilleuse nouvelle pour tous ses amis et sa famille", a déclaré à l'AFP son collègue de Frontier Myanmar Andrew Nachemson.

"Mais bien sûr, il n'aurait jamais dû passer six mois en prison... et tous les journalistes locaux qui restent emprisonnés devraient également être libérés immédiatement."
Andrew Nachemson
Collègue de Danny Fenster au magazine Frontier Myanmar

Richardson s'était rendu en Birmanie au début du mois pour une "mission humanitaire privée". Il avait alors déclaré que le département d'État étasunien lui avait demandé de ne pas évoquer le cas de Fenster lors de sa visite.

Le journaliste, qui a passé 176 jours derrière les barreaux, aurait contracté le Covid-19 pendant sa détention, ont déclaré des membres de sa famille lors d'une conférence téléphonique avec des journalistes américains en août.

"C'est une nouvelle fantastique pour Danny et sa famille. Il n'avait rien fait de mal et n'aurait jamais dû subir cet enfer."
Richard Horsey
Spécialiste de la Birmanie à l'ONG International Crisis Group

"Il est également important en ce moment de se souvenir des nombreux journalistes birmans injustement détenus, et qui doivent également être libérés", a ajouté Richard Horsey.

La Birmanie dans le chaos depuis le putsch militaire

La Birmanie a sombré dans le chaos depuis le putsch militaire du 1er février qui a mis fin à une parenthèse démocratique de 10 ans.

Le régime poursuit une sanglante répression contre ses opposants avec plus de 1 200 civils tués et plus de 7 000 en détention, selon l'Association d'assistance aux prisonniers politiques (AAPP). Cette ONG locale signale des cas de tortures, de viols et d'exécutions extra-judiciaires.

La presse est muselée par la junte qui tente de renforcer son contrôle de l'information, limitant l'accès à l'internet et annulant les licences des médias.

Plus de 100 journalistes ont été arrêtés depuis le putsch, selon Reporting ASEAN, une association de défense des droits, qui souligne que 31 d'entre eux sont toujours en détention.

L'ancienne cheffe du gouvernement civil Aung San Suu Kyi, 76 ans, est actuellement jugée pour différents motifs qui peuvent la conduire en prison pour des décennies.