Alors que les négociations se poursuivent, selon Washington, l'Iran a mené une offensive contre le Koweït et Bahreïn, entraînant une réponse des États-Unis, qui ont ciblé un poste de contrôle au sol militaire iranien.
La situation continue de s'empirer au Moyen-Orient. Ce mercredi 3 juin, les États-Unis ont annoncé avoir riposté à des tirs iraniens contre le Koweït et Bahreïn, qui n’ont pas atteint leurs cibles. Deux des projectiles tirés en direction du Koweït se sont désintégrés en vol, tandis que les forces américaines et bahreïniennes ont intercepté les missiles, a précisé le Commandement central américain (CentCom).
En réponse, Washington a frappé une station iranienne de contrôle au sol, située sur l’île de Qeshm, dans le détroit d’Ormuz.
De son côté, le Corps des gardiens de la révolution, la force paramilitaire iranienne, a affirmé avoir visé le quartier général de la 5e flotte de l’US Navy à Bahreïn, ainsi qu’un autre pays lors de cette attaque, sans citer le Koweït. Téhéran explique avoir lancé cette opération en représailles au tir, par les États-Unis, d’un missile dans la salle des machines d’un autre pétrolier, qui tentait de rejoindre l’Iran malgré le blocus.
"Nous avions précédemment averti qu'en cas d'agression, la réponse serait différente et plus sévère, et nous avons agi en conséquence", ont déclaré les Gardiens, dans un communiqué.
Quelques heures plus tard, l'Iran a lancé une attaque de drones sur l'aéroport du Koweït, causant "des dommages matériels graves" et faisant plusieurs blessés, a indiqué le colonel d'état-major Saoud Abdelaziz Al-Atwan, le porte-parole du ministère de la Défense du pays. Selon l'agence de presse officielle KUNA, l'autorité de l'aviation civile a suspendu le trafic aérien et détourné mes vols vers d'autres aéroports.
Ces attaques sont survenues après que l’Iran a cessé de communiquer avec les médiateurs chargés de négocier la prolongation d’un cessez-le-feu dans la guerre l’opposant aux États-Unis et à Israël, selon des rapports publiés, mardi, par deux agences de presse semi-officielles iraniennes.
Ces rapports des agences Fars et Tasnim, toutes deux considérées comme proches des Gardiens, sont parvenus alors que les tensions s'intensifiaient dans le conflit au Liban, où Israël dit mener une guerre contre le Hezbollah, milice soutenue par Téhéran.
Un responsable régional impliqué dans la médiation, parlant sous couvert d'anonymat, a déclaré que l'Iran n'avait absolument rien communiqué, ce mardi.
Trump affirme que les pourparlers se poursuivent
Cependant, Donald Trump a contesté ces affirmations et a assuré que les discussions se poursuivaient. Le président états-unien a qualifié ces informations de "fausses et erronées".
"Les conversations entre nous se poursuivent sans interruption, y compris il y a quatre jours, trois jours, deux jours, hier et aujourd’hui", a-t-il assuré déclaré, sur Truth Social. "Où elles mèneront, nul ne le sait, mais comme je l’ai dit à l’Iran : Il est temps, d’une façon ou d’une autre, de conclure un accord."
De son côté, le secrétaire d’État américain Marco Rubio n’a pas évoqué la supposée rupture des contacts, lorsqu’il a témoigné lors d’une audition au Congrès, à Washington. Il a, en revanche, adopté un ton optimiste concernant la dimension nucléaire des négociations, tout en prévenant qu’il n’existe aucune garantie d’aboutir à "un accord acceptable".
Ces dernières semaines, l’Iran tente d’accentuer la pression sur Donald Trump à propos des négociations sur le cessez-le-feu et concernant un éventuel assouplissement de l’emprise du pays sur le détroit d’Ormuz et sur le flux de pétrole, de gaz et d’autres marchandises qui y transitent habituellement.
Donald Trump pourrait alors, potentiellement, pousser le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu à arrêter ou à ralentir l’avancée de ses troupes, qui se sont enfoncées plus profondément au Liban que jamais depuis plus d’un quart de siècle. La situation se serait tendue entre Donald Trump et son allié, Benjamin Netanyahu. Lors d'un récent entretien téléphonique, le premier aurait insulté le second, selon plusieurs sources proches, révélant alors des tensions entre les deux pays.
Les deux conflits sont de plus en plus imbriqués, l’Iran exigeant que toute éventuelle trêve dans cette guerre mette également un terme aux combats au Liban. Mais Israël et les États-Unis affirment que les combats au Liban sont distincts des discussions sur la guerre avec l’Iran.
Ce mardi matin, Israël a publié un nouvel avis d'évacuation à destination des habitants des villages et communes libanais. "Vous devez évacuer vos maisons immédiatement et vous déplacer au nord de la rivière Zahrani", a indiqué le porte-parole de Tsahal pour les médias arabes.
L'agence nationale de l'information libanaise (NNA) a indiqué, ce mercredi matin, que quatre Syriens ont été tués par des drones israéliens dans le sud du Liban, près d'Al-Houch. Un raid israélien a également tué deux Palestiniens.
Depuis début mars, Israël a tué au moins 3 468 personnes, selon un dernier bilan. Plus d'un million de personnes ont également été déplacés par le conflit.