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Des discussions "difficiles" entre la Russie, l’Ukraine, l’Allemagne et la France

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Par Euronews  avec AFP
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Des discussions "difficiles" entre la Russie, l’Ukraine, l’Allemagne et la France
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Les discussions étaient "difficiles", selon les négociateurs français et allemands. La Russie, l'Ukraine, l'Allemagne et la France étaient réunies jeudi à Berlin sous le format "Normandie", pour discuter de la crise ukrainienne. Selon le gouvernement allemand, une nouvelle rencontre est prévue en mars.

Ces discussions de près de 9h30 se sont tenues alors que la Russie, qui a massé des troupes aux portes de l'Ukraine, est accusée de préparer une nouvelle opération militaire contre ce pays, des accusations rejetées par Moscou qui affirme vouloir juste assurer sa sécurité face à l'hostilité de Kiev et de l'Otan.

"Les discussions ont été difficiles et ont permis de mettre clairement en évidence les différentes positions et les différentes options de solution", rapportent les "cercles de négociations franco-allemands", cités dans un communiqué du gouvernement.

"Dans le même temps, il est apparu clairement que tous les participants du N4 s'en tiennent aux accords de Minsk", signés en 2015 entre Kiev et les séparatistes pro-russes de l'Est de l'Ukraine. "Ils continueront à œuvrer pour leur pleine mise en application", indique le communiqué.

Après une pause de plusieurs mois, les discussions de ce format Normandie ont été relancées avec une réunion à Paris fin janvier, dans le cadre des efforts diplomatiques pour aboutir à une désescalade en Ukraine. "Il a été convenu de se rencontrer à nouveau après les prochaines réunions du groupe de contact trilatéral en mars", conclut le communiqué. Le groupe de contact trilatéral réunit Moscou, Kiev et l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE).

Le président américain Joe Biden a appelé jeudi les citoyens américains à quitter l'Ukraine "maintenant" en raison du risque accru d'une invasion russe, en avertissant que la situation pouvait "vite s'emballer" malgré les efforts diplomatiques des dernières semaines.

Un "risque réel" de conflit armé en Europe

Le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg a pour sa part de nouveau mis en garde contre le "risque réel d'un nouveau conflit armé" en Europe, à l'occasion de la visite d'une base militaire roumaine clé pour l'Alliance. "Le nombre de troupes russes augmente tandis que les délais d'avertissement diminuent", a averti M. Stoltenberg sur le site de Mihail Kogalniceanu (sud-est, près de la mer Noire), alors que les Occidentaux accusent Moscou de préparer une agression militaire contre l'Ukraine.

Un millier de militaires américains envoyés en renfort par Washington doivent arriver dans la journée, afin de consolider le flanc oriental de l'Alliance. Des scénarios autres que celui d'une invasion de l'Ukraine sont possibles, a-t-il ajouté, citant "des tentatives de renverser le gouvernement de Kiev ou des cyberattaques hybrides".

"Dans le même temps, il n'y a pas de certitude, et donc nous continuons d'appeler la Russie à une désescalade et à s'engager dans un dialogue politique avec l'Otan", a ajouté le chef de l'Alliance lors d'une conférence de presse aux côtés du président roumain Klaus Iohannis.

Nous traversons la plus grave crise depuis la chute du Rideau de fer.
Klaus Iohannis
président roumain

Evoquant la "préoccupation" de l'Otan devant cette "concentration de troupes doublée d'une rhétorique menaçante de la Russie", il a fait état de l'"unité" des alliés et de leur détermination à réagir. "C'est pourquoi la présence de troupes de l'Otan en Roumanie est si importante", a souligné M. Stoltenberg, qui s'est félicité de la disponibilité de la France pour participer à un futur groupement tactique en Roumanie, pays frontalier de l'Ukraine.

"Nous traversons la plus grave crise depuis la chute du Rideau de fer", a pour sa part lancé Klaus Iohannis, dénonçant la "stratégie d'intimidation de la Russie".

Plusieurs dizaines de blindés américains de transport de troupes, stationnés précédemment en Allemagne, sont arrivés ces dernières 36 heures en Roumanie avec pour destination la base de Mihail Kogalniceanu. 

De tels déploiements ne font que "mettre de l'huile sur le feu" et "contribuer à une escalade des tensions", avait lancé mercredi l'ambassadeur russe à Bucarest Valéry Kouzmine, convoqué le lendemain au ministère roumain des Affaires étrangères.

La Roumanie, membre de l'Alliance atlantique depuis 2004, accueille déjà 900 soldats américains, 140 italiens et 250 polonais.