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Le taux de chômage en France a baissé à 7,4 % au quatrième trimestre

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Par euronews  avec AFP
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Si le taux de chômage de longue durée baisse de 0,2 point, 700 000 chômeurs recherchent un emploi depuis au moins un an.
Si le taux de chômage de longue durée baisse de 0,2 point, 700 000 chômeurs recherchent un emploi depuis au moins un an.   -   Tous droits réservés  Claude Paris/AP

Un taux de chômage à 7,4%, au plus bas depuis près de 15 ans et même 40 ans chez les jeunes : 2021 s'achève sur un résultat inimaginable il y a 18 mois en pleine crise, une "excellente nouvelle" pour l'exécutif à moins de deux mois de la présidentielle.

Selon l'Insee, le taux de chômage a baissé de 0,6 point au quatrième trimestre, ramenant le nombre de chômeurs au sens du Bureau international du travail (BIT) à 2,2 millions, soit 189 000 de moins qu'au 3è.

Ce taux "est inférieur de 0,8 point à son niveau d'avant-crise (fin 2019) et à son plus bas niveau depuis 2008", souligne l'Institut.

Au 4ème trimestre, cette baisse, deux fois plus forte que prévu, s'explique par "deux raisons d'ampleur comparable", selon Sylvain Larrieu, chef de la division Synthèse et conjoncture du marché du travail de l'Insee.

"D'une part les créations d'emploi ont été plus dynamiques qu'anticipé, tirées par les contrats courts et l'intérim en fin d'année. D'autre part il y a un peu moins d'actifs sur le marché du travail", souligne-t-il, avec un taux d'activité (les personnes en emploi ou au chômage) en recul de 0,2 point après un plus haut historique de 73,5 % au 3è trimestre.

"C'est une baisse du chômage très significative assez cohérente avec le dynamisme de l'emploi", constate Mathieu Plane, économiste à l'OFCE, rappelant que l'emploi salarié dépassait fin 2021 de 300 000 son niveau de fin 2019.

En dépit de la crise, le taux de chômage se rapproche donc de l'objectif de 7 % fixé par Emmanuel Macron en début de quinquennat lorsqu'il était à 9,5 %.

"C'est assez remarquable car personne ne pouvait s'attendre au début de la crise (au fait) qu'on aurait 7,4% fin 2021", reconnaît M. Plane. "Le quoi qu'il en coûte a été efficace. Au lieu d'avoir une crise sociale, on se retrouve dans la situation inverse où le principal problème des entreprises est de trouver les bonnes qualifications sur le marché du travail", juge-t-il.

"Loin de la génération sacrifiée"

En pleine campagne électorale, l'exécutif s'est aussitôt attribué "cette excellente nouvelle pour tous les Français", selon les mots de la ministre du travail, Elisabeth Borne.

"C'est le résultat des réformes menées depuis le début du quinquennat et de toutes les mesures prises pendant la crise", a-t-elle souligné. "Contrairement à ce que disent toutes les Cassandre, matin, midi et soir, l'économie française se porte très bien", a renchéri son homologue de Bercy Bruno Le Maire.

L'exécutif met particulièrement en avant la forte baisse du taux de chômage chez les 15-24 ans (-3,6 points ce trimestre) qui, à 15,9 %, atteint son plus bas niveau depuis... 1981.

"La réouverture des cafés/restaurants au printemps a largement bénéficié à l'emploi des jeunes, tout comme la hausse très forte de l'emploi en alternance (plus de 700 000 contrats d'apprentissage signés en 2021) et le plan - un jeune une solution - de manière générale", selon Sylvain Larrieu.

"On est loin de la génération sacrifiée dont on parlait il y a un an", note M. Plane.

Mme Borne a rappelé sur France Inter que le gouvernement avait lancé le plan "un jeune, une solution" en ayant en tête que pendant la crise de 2008-2009, le taux de chômage des jeunes avait "explosé".

Pour autant, tout n'est pas rose. Si le taux de chômage de longue durée baisse de 0,2 point, 700 000 chômeurs recherchent un emploi depuis au moins un an. Plus de 1,9 million de personnes sont dans le "halo autour du chômage", c'est-à-dire qu'elles souhaitent un emploi mais n'en recherchent pas ou ne sont pas disponibles.

En outre, selon M. Plane, les entreprises ont pratiqué "une rétention d'emploi" depuis la crise "avec les mesures d'aides, une baisse du temps de travail, les mesures sanitaires à mettre en place, l'anticipation des difficultés de recrutement, etc..."

"Dans le BTP, la valeur ajoutée est inférieure de 4 points à avant la crise, mais vous avez 65 000 emplois en plus", a-t-il cité en exemple.

"Quand la situation sanitaire va se normaliser, on retrouvera des gains de productivité. On n'aura pas des baisses d'un demi-point du chômage à chaque trimestre", prévient-t-il.