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L'Ethiopie inaugure l'un des plus grands barrages au monde

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Par Maxime Bayce  & Euronews
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Le barrage est situé sur le Nil Bleu, à quelques kilomètres de la frontière soudanaise
Le barrage est situé sur le Nil Bleu, à quelques kilomètres de la frontière soudanaise   -   Tous droits réservés  AMANUEL SILESHI/AFP or licensors

Après plus de dix ans de travaux et de controverses avec l'Egypte et le Soudan, l'Ethiopie a officiellement lancé dimanche la production d'électricité de son grand barrage de la Renaissance, sur le Nil Bleu.

C'est "la naissance d'une ère nouvelle", a lancé le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed en présidant dimanche le lancement de la production du Gerd ("Grand Ethiopian Renaissance Dam"), projet controversé de plusieurs milliards de dollars.

Accompagné de nombreux hauts responsables du pays, Abiy Ahmed a effectué une tournée dans la centrale électrique et a déclenché la production du barrage.

"Ce grand barrage a été construit par les Ethiopiens, mais au bénéfice de tous les Africains, pour que tous nos frères et soeurs d'Afrique en profitent", a affirmé un haut responsable participant à l'inauguration.

Divers responsables éthiopiens ont loué les efforts d'Abiy Ahmed pour achever le financement d'un projet qui a longtemps frôlé l'échec. En l'absence de comptabilité officielle précise, le coût total du projet a été estimé par les experts à 4,2 milliards de dollars (3,7 mds d'euros).

Tributaires du Nil

Le Gerd constitue, depuis le lancement du projet en 2011, un contentieux avec le Soudan et l'Egypte, tous deux tributaires du Nil pour leurs ressources hydrauliques.

Le Caire invoque un "droit historique" sur le fleuve, garanti depuis un traité signé en 1929 entre l'Egypte et le Soudan, alors représenté par le Royaume Uni, puissance coloniale. L'Egypte avait obtenu un droit de veto sur la construction de projets sur le fleuve.

En 1959, après un accord avec Khartoum sur le partage des eaux, l'Egypte s'était attribué un quota de 66% du débit annuel du Nil, contre 22% pour le Soudan.

N'étant pas partie prenante de ces accords, l'Ethiopie ne s'est jamais considérée liée par eux et, en 2010, un nouveau traité signé par les pays du bassin du Nil, qui prend sa source en Ouganda, a supprimé le droit de veto égyptien et autorisé des projets d'irrigation et de barrages hydroélectriques.

5000 MW

Saisie l'été dernier, l'ONU avait recommandé aux trois pays de poursuivre leurs pourparlers sous l'égide de l'Union africaine (UA). Le Caire et Khartoum, inquiets pour leur approvisionnement en eau avaient demandé à Addis Abeba de stopper le remplissage du barrage.

L'Ethiopie avait néanmoins procédé en juillet dernier à la seconde phase de remplissage du barrage, annoncé comme un des plus gros d'Afrique avec un objectif de production initiale de 6.500 mégawatts, revu à la baisse à 5000 MW, soit le double de la production actuelle de l'Ethiopie.

Selon les médias d'Etat éthiopiens, la production initiale du Gerd est de l'ordre de 375 MW avec la mise en service d'une première turbine, sur les 13 de l'ensemble du barrage. Une deuxième turbine devrait être mise en marche d'ici quelques mois, et l'ensemble du barrage être pleinement opérationnel en 2024.