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Reportage : Ceuta tente de retrouver le calme et un semblant de normalité "avec prudence"

Des migrants retournent au Maroc depuis l'enclave espagnole de Ceuta, vendredi 31 juillet 2026.
Des migrants repartent au Maroc depuis l'enclave espagnole de Ceuta, vendredi 31 juillet 2026 Tous droits réservés  Photo: Antonio Sempere. Copyright 2026 The Associated Press. All rights reserved.
Tous droits réservés Photo: Antonio Sempere. Copyright 2026 The Associated Press. All rights reserved.
Par Julian GOMEZ
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Avec l'annulation de la traditionnelle et très populaire fête patronale, les habitants se retrouvent dans une situation inhabituelle qui vient aggraver un climat social déjà tendu, où se mêlent peur, incompréhension, impuissance, colère, mais aussi compassion.

Comme nous raconte notre envoyé spécial dans cette ville autonome espagnole, une exclave africaine, Ceuta tente de retrouver son calme. Les autorités ont commencé à installer des barrières de protection le long de la digue, par où au moins 60 000 personnes se sont engouffrées de manière irrégulière.

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Mais les effets de la crise restent tangibles. Un nombre indéterminé de migrants errent encore dans les rues, et les autorités soupçonnent que certains se cachent chez des amis ou des membres de leur famille.

Un habitant nous a confié :

"Franchement, ça faisait peur. Quand toute cette foule est arrivée, cette marée humaine qui s'est précipitée... oui, on a eu peur, pour être honnêtes. On a vraiment eu très peur, vraiment. Heureusement, les forces armées sont arrivées, grâce à Dieu, puis elles sont reparties."

La Confédération des entreprises de Ceuta indique que les commerces locaux ont repris leur activité, mais "avec prudence".

Un candidat à l'immigration nous a expliqué pourquoi il était venu ici :

"Je suis venu ici pour trouver une nouvelle vie. Mon père, ma famille, tous sont pauvres. Mais maintenant nous sommes ici. On essaie de s'en sortir. On dort dans la rue. On est là. La vie est vraiment très dure."

Il raconte qu'il avait déjà passé du temps à Ceuta et qu'il n'envisageait pas encore de partir.

Ceuta serait normalement en train de célébrer en ce moment les fêtes de sa patronne, la Vierge d'Afrique. Ces célébrations ont été annulées, une situation inhabituelle qui vient s'ajouter à une atmosphère sociale déjà tendue, faite de sentiments mêlés de peur, d'incertitude, de stupéfaction et de colère, mais aussi de compassion.

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