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Procès de l'attentat de Nice : la paroles aux accusés

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Par euronews
Dessin des principaux accusés au procès de l'attentat de Nice
Dessin des principaux accusés au procès de l'attentat de Nice   -   Tous droits réservés  BENOIT PEYRUCQ/AFP or licensors

Pour la première fois depuis leur arrestation, les principaux accusés du procès de l'attentat de Nice ont pris la parole ce mardi.

Au deuxième jour d'un procès hors-norme, qui doit durer jusqu'à la mi-décembre, les sept accusés ont été invités par le président de la Cour d'assise spéciale à prendre la parole.

Tous ont tenu à se démarquer de l'attaque meurtrière de Mohamed Lahouaiej-Bouhlel qui, au volant d'un camion-bélier, avait fait 86 morts et plus de 450 blessés sur la Promenade des Anglais le 14 juillet 2016. Le meurtrier avait été neutralisé et tué par les policiers le jour-même.

"Le terrorisme, la violence, c'est pas moi, jamais de la vie", s'est défendu Mohamed Ghraieb, l'un des principaux accusés. "Je n'ai rien à voir avec ce qui s'est passé". L'homme comparaît libre mais sous contrôle judiciaire. 

Comme deux autres accusés il va être jugé pour association de malfaiteurs terroriste et encourt 20 ans de réclusion criminelle.

L'accusation lui reproche une "grande proximité" avec le meurtrier. Il avait notamment circulé avec lui quelques jours avant le drame dans le camion qui a servi à l'attentat.

"C'est pas un homme qui a fait ça, c'est une ordure", s'emporte ce Franco-Tunisien de 46 ans, se disant convaincu que l'auteur de l'attentat, qui avait plusieurs griefs contre lui, l'a "piégé" par jalousie, notamment en lui adressant des messages compromettants.

BENOIT PEYRUCQ/AFP or licensors
La salle d'audience à ParisBENOIT PEYRUCQ/AFP or licensors

Aux côtés de Mohamed Ghraieb, Ramzi Arefa, 21 ans au moment des faits. Barbe courte et blouson noir, lui est le seul à risquer la réclusion criminelle à perpétuité, étant en situation de récidive légale.

"Pour moi, en tant que Niçois c'est vraiment pas facile qu'on puisse penser que je suis impliqué dans des faits aussi graves", a-t-il déclaré.

Egalement poursuivi pour association de malfaiteurs terroriste, il reconnaît avoir "été l'intermédiaire pour la vente d'un pistolet". Mais "j'ai jamais voulu m'associer avec [le meurtrier] sur aucun projet", proteste-t-il.

"Je ne l'ai pas aidé, pas du tout", affirme lui aussi - via un interprète - Chokri Chafroud, Tunisien de 43 ans depuis son box.

Un des mis en cause s'est suicidé en prison en 2018

S'il admet avoir été proche de Mohamed Lahouaiej-Bouhlel, il assure n'avoir pas su "ce qu'il avait dans sa tête".

L'un des quatre accusés renvoyés pour trafic d'armes, Endri Elezi, un Albanais de 30 ans, fond en larmes à la barre, en évoquant de façon confuse sa situation. "Je ne connaissais personne (en France) à part mon cousin. J'ai transporté quelque chose que j'aurais pas dû".

Son cousin Adriatik Elezi, également mis en cause dans cette affaire, s'est suicidé en prison en 2018.

Un huitième accusé, Brahim Tritrou, détenu en Tunisie, est "jugé par défaut".

Après cette première prise de parole des accusés, le président de la cour d'assises spéciale Laurent Raviot a assuré que la cour prendrait "le temps nécessaire pour examiner leur personnalité, les charges retenues contre eux et leurs éléments de défense". Ils pourront de nouveau s'exprimer plus longuement début novembre.

Mardi, une partie de la matinée, a été consacrée à la question du visionnage des images de l'attentat durant le procès. Beaucoup de victimes sont pour, tandis que les avocats de la défense considèrent que cela "n'est pas nécessaire".

Le président n'a pas précisé quand il rendrait sa décision mais a souligné en fin d'audience qu'en tout état de cause la vidéo ne pourrait pas être visionnée ce vendredi comme envisagé dans un premier temps.

Les prochaines semaines seront d'abord consacrée au témoignage des parties civiles. 1 940 personnes se sont constituées partie civile, parmi lesquelles environ 300 souhaitent témoigner.

(Avec AFP)