Attaque au couteau à Paris samedi soir : l'assaillant était soumis à un suivi psychiatrique

Les quartiers touristiques de Paris sous étroite surveillance
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Par euronews avec agences
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L'auteur de l'attaque au couteau survenue samedi soir près de la Tour Eiffel était radicalisé mais faisait aussi l'objet d'un suivi psychiatrique, selon le ministre français de la santé.

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Le ministre de la Santé Aurélien Rousseau a indiqué dimanche que l'assaillant qui a tué samedi soir un touriste germano-philippin et blessé deux autre personnes près de la Tour Eiffel à Paris était soumis à un "suivi" psychiatrique, sans hospitalisation.

"A l'issue de sa période d'incarcération, il lui avait été ordonné d'être suivi" d'un point de vue psychiatrique, a expliqué le ministre sur France 3 au sujet de l'assaillant sorti de prison en 2020, de source proche du dossier, après une condamnation pour un projet d'attentat en 2016.

"On a les premiers éléments, où il a (ce) suivi, puis il s'est installé dans un autre département. On est en train de reconstituer la suite des éléments", a précisé M. Rousseau, en soulignant qu'il était encore "trop tôt" pour avoir l'ensemble des informations.

"Il avait un suivi qui n'était pas un suivi où il devait être hospitalisé, il devait suivre un traitement", a relevé le ministre de la Santé.

"Comme souvent dans ces affaires, s'entremêlent une idéologie, une personnalité influençable et malheureusement la psychiatrie. Même si on a largement renforcé depuis quelques années les liens entre psychiatres et les autorités qui suivent ces personnes radicalisées, ça ne nous permet pas de savoir quel est le jour et l'heure du passage à l'acte", a-t-il souligné.

Armand Rajabpour-Miyandoab, Franco-Iranien de 26 ans, connu pour islamisme et troubles psychiatriques, s'est attaqué samedi soir à Paris à coups de couteau à un jeune touriste germano-philippin, qui est décédé, puis à deux autres personnes à coups de marteau, qui sont elles en "bonne santé" selon M. Rousseau.

Le Parquet antiterroriste a indiqué à l'AFP avoir ouvert une enquête pour assassinat et tentative d'assassinat en relation avec une entreprise terroriste et pour association de malfaiteurs terroriste criminelle.

Trois "membres de l'entourage" du tueur présumé ont été placés en garde à vue, a indiqué dimanche le parquet national antiterroriste.

L'assaillant avait suivi un traitement médical psychiatrique tout au long de sa détention et après sa sortie. "Les premiers mois étaient encourageants", il semblait s'être "détaché de la religion" après sa remise en liberté, avait indiqué samedi soir une source sécuritaire.

L'assaillant, un Français né en 1997 de parents iraniens, a été interpellé peu après les faits et placé en garde à vue. 

L'auteur présumé a crié "Allah Akbar" au moment des faits, selon une source policière.

Il aurait dit aux policiers l'ayant interpellé qu'il "ne pouvait plus supporter que les musulmans meurent, tant en Afghanistan qu'en Palestine" et aurait aussi déclaré qu'il "en voulait" pour "ce qui se passait à Gaza" et que la France serait "complice de ce que faisait Israël" là-bas, a précisé le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin lors d'un point presse sur place.

Les enquêteurs vont se pencher sur le suivi médical de l'auteur, un homme au "profil très instable, très influençable", selon une source sécuritaire à l'AFP. "Est-ce qu'il était suivi médicalement comme il aurait dû l'être et comme il l'a été un temps, c'est une question qui se posera?", a dit une source policière à l'AFP.

Cet homme avait déjà été interpellé en 2016 par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) pour un projet d'action violente à La Défense, à l'ouest de Paris. Il avait été condamné à cinq ans d'emprisonnement et était sorti après quatre ans de détention, selon cette source.

L'agresseur, qui vivait chez ses parents en Essonne, selon Gérald Darmanin, a publié sur les réseaux sociaux une vidéo de revendication de son attaque, ont confirmé à l'AFP des sources policières et sécuritaires.

Dans la vidéo, l'assaillant évoque "l'actualité, le gouvernement, le meurtre de musulmans innocents", a détaillé la source sécuritaire.

A ce stade, les enquêteurs ne savent pas quand elle a été tournée, mais elle a été postée en ligne "concomitamment" au passage à l'acte, selon cette source.

"L'attaque s'est passée peu après 21 heures entre le quai de Grenelle et Bir Hakeim, l'assaillant s'en est pris à un couple de touristes", a rapporté le ministre de l'Intérieur. "L'homme est décédé sous les coups de couteau" et l'attaquant "s'en est pris à la femme de ce touriste allemand" mais elle a eu la vie sauve "grâce à un chauffeur de taxi qui a vu la scène".

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L'assaillant a alors traversé le pont. Poursuivi par les policiers, il a manifestement agressé deux autres personnes dont la vie n'est pas en danger: une personne serait blessée d'un coup de marteau au niveau de l'oeil et une autre serait particulièrement "choquée", selon le récit de Gérald Darmanin.

L'attaque survient moins de deux mois après celle d'Arras qui a coûté la vie à un enseignant mi-octobre et conduit au relèvement du plan Vigipirate au niveau maximal "urgence attentat".

A noter qu'une réunion sécuritaire devait se tenir ce dimanche à Matignon autour d'Élisabeth Borne à la demande d'Emmanuel Macron, après l'attaque au couteau de Paris.

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