Israël : l'Etat Hébreu multiplie ses frappes dans la bande de Gaza

Des Palestiniens inspectent les décombres des bâtiments détruits après les attaques israéliennes sur la ville de Khan Younis, dans le sud de Gaza, le 26 octobre 2023.
Des Palestiniens inspectent les décombres des bâtiments détruits après les attaques israéliennes sur la ville de Khan Younis, dans le sud de Gaza, le 26 octobre 2023. Tous droits réservés Bilal Hussein/AP
Par somaya Aqad, AFP, Euronews
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En dépit des critiques de son allié américain, Israël multiplie ses frappes aériennes dans la bande de Gaza. Les Nations-Unies alertent sur la situation catastrophique et désespérée des civils palestiniens. Le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche est en visite dans la région.

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Malgré les appels de la communauté européenne à un cessez-le feu,  Israël a multiplié ce vendredi ses bombardements sur la bande de Gaza. L'État Hébreu a prévenu, que sa guerre contre le Hamas devrait s'étirer sur plusieurs mois, alors que son allié américain l'exhorte à réduire l'intensité de ses frappes pour protéger les civils.

Ce vendredi, tôt dans la matinée, le ministère de la santé du Hamas a fait état de "dizaines de morts et de blessés" dans des frappes aériennes à Khan Younès, nouvel épicentre de la guerre dans le sud de la bande de Gaza.

Jeudi soir, les militaires israéliens signalaient des "combats" au sol dans le secteur de Chouya (nord), où leur armée avait subi plus tôt cette semaine ses plus importantes pertes (10 soldats tués en une journée) depuis le début de son offensive terrestre dans ce petit territoire palestinien densément peuplé.

"Il y aura davantage de batailles difficiles dans les prochains jours", a prévenu Daniel Hagari, porte-parole de l'armée israélienne, disant user de "nouvelles méthodes de combat", comme le dépôt de charges explosives dans des lieux fréquentés par des combattants du Hamas et le choix du "bon moment" pour les détoner.

Dans la Bande de Gaza, dans la nuit, les télécommunications restaient une nouvelle fois coupées, selon l'opérateur palestinien Paltel, imputant cette coupure "à l'agression en cours" des forces israéliennes.

Des otages toujours aux mains du Hamas

Quelque 240 personnes ont aussi été enlevées et emmenées à Gaza le jour de l'attaque, dont environ 135, selon l'armée, sont toujours aux mains du Hamas et de groupes affiliés après la libération de 105 otages pendant une trêve de sept jours qui a pris fin le 1er décembre.

L'armée israélienne a annoncé vendredi avoir récupéré plus tôt cette semaine à Gaza la dépouille de l'otage franco-israélien Elya Toledano et l'avoir ramenée en Israël.

Les officiels américains en visite en Israël

Le conseiller américain à la sécurité nationale Jake Sullivan est arrivé jeudi en Israël, où il a notamment rencontré le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Yoav Gallant, à l'heure où Washington s'inquiète du bilan des victimes dans la bande de Gaza.

M. Sullivan a posé des "questions difficiles" aux responsables israéliens et discuté de la possibilité d'un basculement de l'offensive vers des "opérations de plus faible intensité" dans un "futur proche", a indiqué la Maison Blanche, sans fournir de date-butoir.

"Je veux qu'ils (les Israéliens, ndlr) se concentrent sur la préservation de la vie des civils. Pas (sur le fait) de s'arrêter contre le Hamas, mais de faire davantage attention", a déclaré pour sa part Joe Biden à Washington.

Sans dire si l'armée israélienne allait réduire l'intensité de ses frappes, le ministre de la Défense a, lui, prévenu que la guerre contre le Hamas devrait s'étirer.

"Le Hamas (...) a mis en place des infrastructures souterraines et aériennes qu'il n'est pas facile de détruire. Cela prendra du temps - plus que quelques mois - mais nous vaincrons et nous détruirons" le Hamas, a déclaré M. Gallant.

L'après-guerre

Le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, jack Sullivan,  a estimé, ce  vendredi, lors d'une visite à Tel-Aviv,  qu'il ne serait pas "juste" qu'Israël occupe la bande de Gaza sur le long terme à l'issue de la guerre contre le Hamas.

"Nous pensons que ça n'a pas de sens pour Israël, ou qu'il serait juste qu'Israël occupe Gaza, réoccupe Gaza sur le long terme", a déclaré Jake Sullivan vendredi matin lors d'un point presse après avoir rencontré des responsables israéliens et avant une entrevue avec le président palestinien, Mahmoud Abbas, à Ramallah, en Cisjordanie occupée. Le chef du Hamas, Ismaïl Haniyeh, en exil au Qatar, avait qualifié mercredi d'"illusion" tout plan d'après-guerre qui imaginerait la bande de Gaza sans son organisation et les autres "mouvements de résistance".

Selon un sondage du Centre de recherche palestinien sur la politique et les sondages (PCPSR), un institut indépendant de Ramallah, 64% des Palestiniens interrogés pensent que le Hamas gardera le contrôle de Gaza au terme des combats, un scénario selon eux plus probable qu'un retour de l'Autorité palestinienne.

Au cours des dernières semaines, Israël a laissé entendre que son objectif n'était pas d'administrer à Gaza après la guerre alors que des commentateurs s'interrogent sur la possibilité de voir l'Autorité palestinienne gérer ce territoire dont il a été chassé en 2007 par le Hamas.

L'émissaire Jake Sullivan se rend d'ailleurs vendredi à Ramallah, en Cisjordanie occupée, pour des entretiens avec des dirigeants de l'Autorité palestinienne, a indiqué un haut responsable américain sous couvert d'anonymat.

La bande de gaza est un champs de ruine

Les Gazaouis sont confrontés à des conditions humanitaires désespérées, cherchant à fuir les bombardements israéliens, ils se retrouvent dans des zones de plus en plus petites.

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A l'extrême sud, Rafah, ville frontalière avec l'Egypte, est devenue un gigantesque camp de fortune, fait de centaines de tentes bricolées à l'aide de bouts de bois, de draps et de bâches en plastique, où les déplacés s'abritent tant bien que mal sous la pluie, alors que l'hiver et le froid s'installent.

Environ 1,9 million de personnes, soit 85% de la population, ont été déplacées, beaucoup plusieurs fois depuis le début de la guerre, selon l'ONU qui juge l'aide humanitaire insuffisante et estime que la surpopulation dans les camps entraîne des maladies, en plus de la faim et du manque de soins.

D'après le ministère de la Santé du Hamas, près de 18.800 personnes sont mortes dans les  frappes israéliennes,  70% des victimes sont des femmes, des enfants et adolescents.

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