Dans une déclaration commune, la Commission européenne et le Conseil de l'UE ont noté que l'évolution de la situation en Iran était "très préoccupante" et ont réaffirmé ce qu'ils ont appelé "l'engagement ferme de l'UE à préserver la sécurité et la stabilité de la région".
Les dirigeants européens ont réagi avec un mélange d'inquiétude et de prudence à la nouvelle des frappes militaires conjointes des États-Unis et d'Israël sur l'Iran - opérations que le Pentagone a qualifiées d'"opération "Epic Fury" (Fureur épique, opération appelée "Rugissement du Lion" par Israël)- en avertissant que l'offensive risquait d'élargir le conflit à l'ensemble du Moyen-Orient.
Le président français Emmanuel Macron a qualifié ces frappes de "déclenchement de guerre" qui "entraîne de graves conséquences pour la paix et la sécurité internationales". La France, a-t-il dit, demandera une "réunion urgente" du Conseil de sécurité des Nations unies.
Dans une déclaration commune, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le président du Conseil européen, Antonio Costa, ont qualifié ces événements de "très préoccupants" et ont exhorté toutes les parties à éviter toute mesure susceptible d'attiser les tensions ou d'affaiblir le cadre mondial de non-prolifération.
"Nous appelons toutes les parties à faire preuve de la plus grande retenue, à protéger les civils et à respecter pleinement le droit international", ont écrit Mme von der Leyen et M. Costa dans une déclaration publiée sur le site X.
La diplomate en chef de l'UE, Kaja Kallas, a adopté un ton un peu plus mesuré, qualifiant la situation de "périlleuse". Le régime iranien, a-t-elle écrit, "a tué des milliers de personnes" et "ses programmes nucléaires et de missiles balistiques, ainsi que le soutien qu'il apporte aux groupes terroristes, constituent une grave menace pour la sécurité mondiale".
Mais "la protection des civils et du droit humanitaire international est une priorité", a-t-elle déclaré, ajoutant que la force navale "Aspides" de l'UE restait "en état d'alerte" en mer Rouge et "se tenait prête à aider à maintenir le corridor maritime ouvert".
Ces remarques interviennent quelques heures après que les États-Unis et Israël ont lancé des frappes de grande envergure sur l'ensemble du territoire iranien, visant notamment un complexe situé dans le centre de Téhéran et censé abriter la résidence du Guide suprême iranien, Ali Khamenei, âgé de 86 ans.
Au cours de l'opération, le président américain Donald Trump a conseillé aux Iraniens de se mettre à l'abri et a affirmé dans une vidéo partagée sur les médias sociaux que l'Iran persistait à développer son programme nucléaire et visait à construire des missiles capables de frapper les États-Unis.
Les tensions entre Washington et Téhéran se sont fortement intensifiées à la suite du dernier cycle de négociations nucléaires qui s'est tenu à Genève jeudi et qui visait à finaliser un nouvel accord.
Samedi, M. Macron a exhorté le régime iranien à "engager des négociations de bonne foi" pour mettre fin à ses programmes nucléaire et balistique. "C'est absolument essentiel pour la sécurité de tous au Moyen-Orient.
L'Union européenne a adopté des sanctions importantes en réponse aux violations des droits de l'homme commises par l'Iran, au soutien militaire apporté par le pays à la guerre d'agression russe contre l'Ukraine et à ses activités de prolifération nucléaire.
Le mois dernier, l'Union a pris de nouvelles sanctions contre des membres du régime iranien après que des milliers de personnes ont été tuées lors de la récente répression des manifestants par le régime. Elle a également décidé d'ajouter le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) d'Iran à la liste des organisations terroristes de l'UE.
Samedi, la présidente du Parlement européen, Roberta Metsola, a mis en garde contre "une spirale d'escalade qui pourrait menacer le Moyen-Orient, l'Europe et au-delà".
Plusieurs ministres européens des affaires étrangères ont également exprimé leur inquiétude face aux frappes.
Le ministre espagnol des affaires étrangères, José Manuel Albares, a déclaré que l'Espagne suivait la situation et exigeait le respect du droit international. "La violence n'apporte que le chaos. La décentralisation et le dialogue sont la voie de la paix et de la stabilité", a-t-il écrit.
Il a précisé que toutes les ambassades d'Espagne dans la région étaient toujours opérationnelles pour les citoyens espagnols.