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Visite d'Ahmed Al-Charaa à Berlin : les Kurdes d'Allemagne réclament son arrestation

Le président intérimaire syrien Ahmad al-Sharaa lors d'une conférence de presse à Ankara, Turquie, 4 février 2025
Le président intérimaire syrien Ahmad al-Sharaa lors d'une conférence de presse à Ankara, Turquie, 4 février 2025 Tous droits réservés  Copyright 2025 The Associated Press. All rights reserved
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Par Donogh McCabe & Laura Fleischmann
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Des centaines de manifestants demandent au chancelier Friedrich Merz d'annuler la visite du dirigeant syrien Ahmed Al-Charaa. Le rapatriement d'environ 700 000 réfugiés syriens doit être le sujet principal de cette réunion.

Un dictateur : voilà comment le représentant de la communauté kurde d'Allemagne, Ali Ertan Toprak, qualifie Ahmed Al-Charaa, le nouvel homme fort de Syrie, qui doit se rendre en Allemagne dans les prochains jours.

"En Syrie, 150 000 civils kurdes sont à nouveau en fuite. Depuis son arrivée au pouvoir, divers groupes minoritaires ont été victimes de massacres. Toutes ces informations ont été documentées par plusieurs associations et groupes de défense des droits de l'homme. Al-Charaa veut y instaurer un régime islamiste sunnite" affirme-t-il.

Ahmed Al-Charaa, ancien rebelle djihadiste, a pris le contrôle de la Syrie après la chute du régime de Bachar al-Assad en décembre 2024. Mais depuis, les 2,5 millions de Kurdes du pays font face à des tensions et des attaques croissantes. D'autres minorités telles que les alaouites, les chrétiens et les yézidis font également état de violences.

Malgré tout, les Kurdes sont prêts à s'intégrer, déclare Toprak à Euronews, "mais pas à ce prix. Tous ceux qui ont déposé leurs armes, comme par exemple les alaouites au début après la chute d'Assad, ont été massacrés, et c'est pourquoi les Kurdes ont besoin de sécurité".

Des centaines de membres de minorités opprimées en Syrie ont manifesté lundi devant la porte de Brandebourg. Ils demandent que le chancelier Merz annule définitivement la visite d'Ahmed Al-Charaa. "Nous ne voulons pas accepter qu'un criminel soit reçu à la chancellerie", a déclaré Ali Ertan Toprak, qui est lui-même membre de la CDU.

Manifestants devant la porte de Brandebourg, Berlin, 19.01.2026
Manifestants devant la porte de Brandebourg, Berlin, 19.01.2026 Donogh McCabe, Euronews

Discussions sur la reconstruction et les rapatriements

Pour Merz, ces reproches semblent tout au plus être un sujet marginal. Lors de la rencontre reportée avec le dirigeant syrien, il devrait surtout être question de rapatriements de réfugiés syriens ainsi que de la reconstruction de la Syrie.

Manifestation contre une visite d'Ahmad al-Sharaa à Berlin, 19.01.2026
Manifestation contre une visite d'Ahmad al-Sharaa à Berlin, 19.01.2026 Donogh McCabe, Euronews

Plus de 700 000 réfugiés syriens vivent en Allemagne, selon les chiffres de l'Office fédéral des statistiques de fin 2024. "Le pays a maintenant besoin de toutes ses forces, il a surtout besoin de Syriennes et de Syriens pour reconstruire", écrivait Merz en novembre sur X. Le chef de la chancellerie Thorsten Frei (CDU) n'a pas répondu à une demande d'Euronews avant la clôture de la rédaction.

Le partenaire de coalition SPD s'en offusque. "Je considère que l'invitation du chancelier à Ahmed Al-Charaa est une erreur. Les derniers mois ont montré que la Syrie n'est pas pacifiée. Les minorités sont opprimées et tuées. Les élections n'ont pas lieu de manière libre et démocratique", a déclaré à Euronews Rasha Nasr, porte-parole du groupe parlementaire SPD au Bundestag pour la politique migratoire. "Il n'est pas juste d'expulser vers la Syrie. Je me prononce pour un arrêt absolu des expulsions vers la Syrie".

Ahmed Al-Charaa a reporté le rendez-vous parce que les combattants fidèles au gouvernement semblent s'être entendues avec les milices kurdes sur un cessez-le-feu. Une nouvelle date n'a pas encore été fixée.

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