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Nouvelle vague de manifestations étudiantes à Téhéran alors que la pression militaire américaine s'intensifie 

Cérémonie commémorative organisée par l'État en l'honneur des personnes tuées lors des manifestations antigouvernementales de janvier, à la grande mosquée Imam Khomeini à Téhéran, Iran, mardi 17 février 2026.
Cérémonie commémorative organisée par l'État en l'honneur des personnes tuées lors des manifestations antigouvernementales de janvier, à la grande mosquée Imam Khomeini à Téhéran, Iran, mardi 17 février 2026. Tous droits réservés  AP Photo
Tous droits réservés AP Photo
Par Euronews avec AP
Publié le
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Des vidéos géolocalisées montrent des étudiants à Téhéran scandant "bi sharaf" ("honteux") au milieu d'affrontements avec des partisans du gouvernement.

Alors que de nouveaux rassemblements antigouvernementaux se déroulent en Iran, le président Masoud Pezeshkian a réaffirmé que son pays ne céderait pas à la pression internationale dans le cadre des négociations nucléaires avec les États‑Unis. Dans un discours retransmis en direct sur la télévision d'État, il a affirmé que "les puissances mondiales font la queue pour nous forcer à baisser la tête… mais nous ne baisserons pas la tête malgré tous les problèmes qu'elles nous créent".

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Parallèlement à cette rhétorique politique, des médias locaux et de la diaspora rapportent la reprise de manifestations d'étudiants antigouvernementaux à Téhéran, notamment à l'université de technologie de Sharif et à l'université Amir Kabir, où des slogans hostiles au régime ont été scandés. Des vidéos géolocalisées par l'AFP montrent des manifestations sur les campus, avec des participants criant "bi sharaf" – qui signifie "honteux" en farsi – et des accrochages entre manifestants opposés.

Les Iraniens ont repris des slogans de protestation cette semaine pour marquer les 40 jours écoulés depuis les affrontements meurtriers de janvier, une période de deuil selon la tradition chiite qui s’est souvent transformée en acte de résistance collective. Ces cérémonies, appelées "chehelom", ont à nouveau rassemblé des manifestants dans plusieurs villes, soulignant l'ampleur de la colère populaire après les violences les plus sanglantes depuis des décennies.

Le média d’État Fars a décrit un rassemblement qui devait être un sit‑in silencieux et pacifique pour honorer les morts, mais qui a été perturbé lorsque certains participants ont commencé à scander des slogans tels que "mort au dictateur", en référence au guide suprême Ali Khamenei. Une vidéo diffusée par Fars montre un groupe brandissant des drapeaux iraniens face à une autre foule masquée, les deux camps tenant des photographies commémoratives des victimes.

La contestation a commencé en décembre dans un contexte de difficultés économiques sévères avant de dégénérer en protestations antigouvernementales massives à travers le pays, un mouvement qui s'est intensifié après la violente répression des manifestations des 8 et 9 janvier.

Les forces de sécurité ont réprimé ces manifestations avec une grande violence. Les autorités iraniennes ont reconnu qu'environ 3 117 personnes avaient été tuées lors de ces événements, un bilan qu'elles ont attribué à des "actes terroristes" commis par des ennemis du pays. Toutefois, des organisations de défense des droits humains et des sources indépendantes estiment que le nombre de morts est beaucoup plus élevé.

Vendredi, le président américain Donald Trump a déclaré que 32 000 personnes avaient été tuées lors des récentes manifestations, sans fournir de source.

À la suite des déclarations de Donald Trump, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a lancé sur X un appel à " toute personne contestant l'exactitude de nos données : veuillez partager toute preuve ".

Tensions croissantes dans la région

Les manifestations surviennent alors que l'Iran est soumis à une pression accrue pour parvenir à un accord sur son programme nucléaire avec les États-Unis, qui ont déployé des forces à distance de frappe et renforcé leur présence au Moyen-Orient.

Donald Trump avait déjà menacé de recourir à des mesures militaires contre Téhéran lors des manifestations contre la répression exercée par les forces de sécurité.

Selon Reuters, des avions militaires américains ont été repérés à la base aérienne de Lajes, tandis que des responsables américains ont indiqué que d'éventuelles frappes contre l'Iran pourraient viser des dirigeants spécifiques. Le porte-avions USS Gerald R. Ford a également été observé franchissant le détroit de Gibraltar vendredi.

Par ailleurs, le site de suivi des vols en direct Flightradar24 a signalé que l'aéroport de Sofia, en Bulgarie, sera fermé pendant quelques heures lundi et mardi, seuls les vols militaires étant autorisés. Les médias locaux relèvent que cette fermeture temporaire coïncide avec la présence d'avions militaires américains sur le site et à la base aérienne voisine.

Le ministère bulgare de la Défense a précisé que ces appareils appartiennent à l'US Air Force et que leur déploiement s'inscrit dans le cadre des activités de vigilance renforcée de l'OTAN.

La Suède, la Serbie et l'Australie ont exhorté leurs ressortissants à quitter l'Iran et à s'abstenir de s'y rendre.

Dans un communiqué publié dans la nuit de samedi à dimanche, le ministère serbe des Affaires étrangères a précisé : "En raison de la dégradation de la situation sécuritaire, il est déconseillé aux citoyens de la République de Serbie de se rendre en Iran dans les prochains jours."

Vendredi, lors d'une réunion d'information à la Maison Blanche, le président américain Donald Trump a déclaré qu'il "envisageait" une frappe militaire limitée contre l'Iran si les négociations nucléaires n'aboutissaient pas.

Video editor • Lucy Davalou

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