Deux ressortissants russes travaillant pour une société de sécurité privée se trouvaient à bord d'un pétrolier saisi par la France en septembre. Le navire était soupçonné de faire partie de la flotte fantôme du Kremlin, transportant du pétrole et du gaz russes en violation de sanctions occidentales.
Deux agents de sécurité russes se trouvaient à bord d'un pétrolier suspecté d'appartenir à la flotte fantôme et saisi par la France en septembre, ont indiqué des sources aux médias français.
Les deux hommes étaient employés par Moran Security Group, une société privée russe, et étaient chargés de surveiller l'équipage et de recueillir des renseignements, selon une source française qui a parlé à l'AFP sous couvert d'anonymat.
Le navire saisi, le Boracay, ferait partie d'une flotte de pétroliers vieillissants battant pavillon de pays tiers et utilisés pour transporter du pétrole et du gaz russes afin d'échapper aux sanctions imposées par les pays occidentaux à la suite de l'invasion massive de l'Ukraine par Moscou.
Les hommes étaient âgés de 34 et 40 ans, selon la source, et l'un d'eux était un ancien officier de police qui avait déjà travaillé pour le groupe paramilitaire de mercenaires Wagner sous la direction de son défunt fondateur et chef, Evgueni Prigojine.
Selon les experts, le Moran Security Group a été fondé par d'anciens officiers du service de sécurité russe FSB.
Le rôle des hommes à bord du Boracay était "d'assurer la protection du navire et, surtout, de veiller à ce que le capitaine suive strictement les ordres donnés conformément aux intérêts russes", a déclaré la source. Ils ont également recueilli des "renseignements", selon la source.
Le pétrolier suspecté d'appartenir à la flotte fantôme russe a été associé à de mystérieux vols de drones au Danemark l'année dernière, notamment sur des aéroports et des sites militaires importants.
Ces vols font partie d'une récente série d'observations de drones et de violations de l'espace aérien dans des pays européens, qui seraient menées par le Kremlin dans le cadre de ses opérations de guerre hybride.
Les autorités françaises ont arraisonné le navire en septembre et ont brièvement détenu son capitaine et son second pour les interroger. Le capitaine chinois du pétrolier doit être jugé par contumace dans la ville de Brest, dans l'ouest de la France, lundi.
La présence de deux ressortissants russes à bord du navire a été confirmée par l'avocat du capitaine chinois. "Il y avait deux ressortissants russes à bord du navire", a déclaré à l'AFP l'avocat Henri de Richemont.
"Ils représentaient la cargaison", a-t-il précisé, ajoutant qu'il ne s'agissait "pas de marins". "Mon client n'a rien à voir avec leur présence", a-t-il ajouté. "Ce n'est pas lui qui a mis des Russes à bord de son navire".
Le capitaine et son second ont été placés en garde à vue au début du mois d'octobre, puis autorisés à reprendre la mer et à poursuivre leur voyage. Le capitaine est accusé d'avoir refusé d'obéir aux ordres.