Alexander Browder a déclaré que la décision de Moscou de le sanctionner était « un honneur » et qu'il avait « mis à nu leur talon d'Achille ».
L’enquête d’un Britannique de 17 ans sur un présumé réseau de blanchiment de cryptomonnaies soutenu par la Russie est remontée jusqu’au Kremlin, lui valant d’être inscrit sur une nouvelle liste de personnes sanctionnées.
Alexander Browder a été sanctionné mercredi par le ministère russe des Affaires étrangères pour ce qu’il qualifie de « spéculations diffamatoires et de fausses informations ».
L’adolescent, ainsi que quatre autres ressortissants britanniques, se voit désormais interdire l’entrée en Russie.
Le rapport de Browder, intitulé « Lutter contre l'hydre de la finance illicite sur les marchés des cryptomonnaies : protéger les investisseurs particuliers et mettre un terme à l'exploitation par des gouvernements hostiles », a été publié en mars par le groupe de réflexion Henry Jackson Society.
Il y dévoile de présumées opérations illicites de blanchiment via les cryptomonnaies, affirmant qu’environ 350 milliards de dollars auraient été blanchis par divers États, dont la Russie, l’Iran et la Corée du Nord.
Il ajoute qu’un stablecoin adossé au rouble – un type de monnaie numérique conçu pour maintenir une valeur stable en étant indexé sur des devises fiduciaires – connu sous le nom de A7A5 constituait « l’un des problèmes les plus répandus auxquels l’Occident est confronté » dans la lutte contre le blanchiment.
Selon le Foreign Office britannique, la Russie utilise des jetons comme l’A7A5 pour tenter de contourner les sanctions occidentales et contribuer au financement de son armée, en faisant transiter des fonds via des plateformes d’échange de cryptomonnaies.
En mai, le gouvernement britannique a annoncé une série de sanctions visant des personnes liées au réseau derrière l’A7A5, qui aurait revendiqué avoir fait transiter plus de 90 milliards de dollars l’an dernier.
Browder compte parmi les plus jeunes individus jamais sanctionnés par Moscou.
Dans une série de messages publiés sur X, l’adolescent a qualifié cette sanction « d’insigne d’honneur » et s’est dit « fier d’être le premier lycéen au monde à avoir jamais été sanctionné par un régime autoritaire pour avoir mis au jour la corruption ».
« J’ai exposé leur talon d’Achille », a-t-il écrit. « Sans l’A7A5, ils ne seraient pas en mesure de financer leur guerre d’agression ».
Dans son communiqué annonçant ces sanctions, le ministère russe des Affaires étrangères a mis en garde contre « toute tentative des élites politiques britanniques d’alimenter la russophobie, de nuire intentionnellement à la position internationale de notre pays et de renforcer les sanctions antirusses », qui serait suivie de « mesures de riposte résolues ».