La Hongrie et la Slovaquie continuent de faire pression sur l'Ukraine pour la réouverture de l'oléoduc Droujba, que Kyiv annonce être endommagé après une attaque de drones survenue fin janvier.
Le gouvernement slovaque avait donné à Kyiv jusqu'à ce lundi 23 février pour redémarrer l'oléoduc Droujba, qui alimente en pétrole les régions occidentales de l'Union soviétique. Mais l'Ukraine n'ayant pas repris les livraisons, le fournisseur d'électricité slovaque a décidé de mettre à exécution ses menaces et de cesser ses approvisionnements d'urgence à Kyiv.
Dans un message vidéo diffusé ce dimanche, le Premier ministre slovaque Robert Fico a également déclaré que l'Ukraine ne recevrait plus de carburant diesel de la Slovaquie tant qu’elle n’autorisera pas le transit du pétrole russe sur son territoire.Bratislava se voit ainsi contrainte de déclarer l’état d’urgence pétrolière, ce qui implique que la raffinerie slovaque doit désormais répondre en priorité à la demande intérieure.
Dans son message, Robert Fico a ensuite critiqué la politique de l'UE à l'égard de l'Ukraine, notamment le prêt de 90 milliards d'euros, qu'il voit comme une volonté du Bloc de financer les dépenses de guerre de l'Ukraine, ce qu'il considère comme irresponsable et qu'il qualifie de "suicide économique".
Le gouvernement ukrainien justifie cette fermeture en affirmant que l'oléoduc a été endommagé par une attaque de drone à la fin du mois de janvier. En revanche, les gouvernements slovaque et hongrois affirment qu'il n'y a plus d'obstacle technique à la reprise des livraisons.
De premières sanctions venues de Hongrie
Le gouvernement hongrois a été le premier à suspendre les livraisons de diesel à l'Ukraine la semaine dernière, également en réponse à la fermeture de l'oléoduc Droujba.
Quelques jours plus tard, le ministre hongrois des affaires étrangères a annoncé que son gouvernement bloquerait le prêt de 90 milliards d'euros accordé par l'Union européenne à l'Ukraine, puis a annoncé qu'il s'opposerait également au 20e paquet de sanctions contre la Russie jusqu'à ce que les livraisons de pétrole russe à la Hongrie reprennent.