Le chef de l'État a confirmé que le rôle des forces françaises au Moyen-Orient est purement défensif et vise uniquement à protéger les ressortissants français, les alliés de Paris, ainsi qu'à "essayer de sécuriser le trafic maritime".
Au septième jour de l'opération militaire menée par les États-Unis et Israël au Moyen-Orient, le président français Emmanuel Macron a tenu à clarifier la position de Paris dans le conflit.
"La France ne fait pas partie de cette guerre. Nous, on n’est pas au combat et on ne va pas s’engager dans cette guerre", a déclaré le chef de l'État dans un message vocal publié dans la nuit de jeudi à vendredi sur Instagram, en réponse à une jeune internaute préoccupée par la guerre.
"Je comprends très bien et j’entends votre inquiétude, mais je voulais être très clair. La France ne fait pas la guerre dans cette région. Elle protège les Françaises et les Français, les alliés et elle est aux côtés du Liban", a-t-il poursuivi.
Emmanuel Macron affirme que les renforts militaires envoyés au Moyen-Orient – dont le porte-avions Charles de Gaulle – ont pour but premier de protéger les ressortissants français ainsi que les pays alliés ciblés par les frappes iraniennes, en les aidant "à intercepter les drones, les missiles".
"De manière tout à fait pacifique, on est en train de se mobiliser pour essayer de sécuriser le trafic maritime [...], pour faire que les bateaux, les tankers, puissent sortir", a-t-il poursuivi.
En début de semaine, le président de la République avait déclaré qu’il cherchait à mettre en place une coalition afin de sécuriser les "voies maritimes essentielles à l’économie mondiale" dans la région.
Soutien au Liban
Emmanuel Macron avait précédemment réitéré son soutien au Liban, affirmant vouloir tout faire pour "empêcher que ce pays proche de la France soit à nouveau entraîné dans la guerre".
Après s'être entretenu avec le président américain, Donald Trump, et le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, le chef de l'État affirme avoir communiqué avec les autorités libanaises "afin d’établir un plan en vue de mettre un terme aux opérations militaires que le Hezbollah et Israël mènent actuellement de part et d’autre de la frontière".
"Les autorités libanaises ont pris auprès de moi l’engagement de prendre le contrôle des positions tenues par le Hezbollah et d’assumer pleinement la sécurité sur l’ensemble du territoire national", a-t-il déclaré sur X jeudi soir. "Je leur apporte tout mon soutien".
D'après l'agence de presse libanaise ANI, des frappes israéliennes ont visé les communes de Srifa, d’Aïta El-Chaab, de Touline, d’Al-Sawana, et de Majdal Selem, dans le sud du Liban, dans la nuit de jeudi à vendredi.
Le Hezbollah, soutenu par l'Iran, avait précédemment annoncé des tirs d'artillerie et de roquettes contre l'armée israélienne "en réponse à l’agression criminelle israélienne qui a touché des dizaines de villes et villages libanais".
"Ce sont des pays attaqués qui nous demandent de l'assistance"
Se faisant l'écho d'Emmanuel Macron, la ministre des Armées, Catherine Vautrin, a confirmé que les forces françaises engagées sont dans "une position de défense", sur demande des pays ciblés par les frappes aériennes.
"Ce sont des pays attaqués qui nous demandent de l'assistance. Nous sommes dans une position de défense, c'est très important", a-t-elle précisé jeudi soir au "20 heures" de France 2.
"Très concrètement, nous avions six Rafales positionnés dans la zone, six Rafales supplémentaires sont partis, ce qui veut dire [...] qu'il y a 12 Rafales sur zone, avec des pilotes français. Ces pilotes, quand ils volent, ils interceptent des drones. C'est cela, très concrètement, qui s'est passé".
La ministre a également indiqué que les Émirats arabes unis ont demandé à la France "des moyens supplémentaires de défense aérienne" pour compléter leur arsenal.
Catherine Vautrin a par ailleurs confirmé que le porte-avions nucléaire Charles de Gaulle, parti mardi soir du port de Malmö, en Suède, arriverait samedi en Méditerranée.
Dans le même temps, l'état-major français a confirmé que des avions américains "de soutien" ont été autorisés à stationner sur la base militaire d’Istres. Le commandement militaire affirme avoir obtenu la "complète garantie" que ces appareils "ne participent en aucune mesure aux opérations menées par les États-Unis en Iran".
"Compte tenu du contexte, la France a exigé que les moyens concernés ne participent en aucune mesure aux opérations menées par les États-Unis en Iran, mais strictement pour l’appui à la défense de nos partenaires dans la région. Elle en a obtenu la complète garantie", assure l’état-major français.