En Iran les bombardements du weekend ont touché un complexe pétrolier, enveloppant la ville sous une fumée noire. Le bilan humain aurait dépassé les 1200 victimes. L'Iran a poursuivi ses bombardements sur ses voisins du Golfe. Au Liban un demi million de personnes ont fui les zones de combat.
Alors que la guerre entre Téhéran, Israël et les États-Unis entre dans son dixième jour, le bilan des victimes en Iran s'établit ce lundi à 1 255 morts selon les autorités iraniennes.
Dimanche, des incendies massifs ont eu lieu à Téhéran après des frappes aériennes visant d'immenses infrastructures pétrolières proche de la capitale. Une épaisse fumée toxique a recouvert la ville toute le journée.
Les attaques américaines et israéliennes ont jusqu'à présent ciblé presque tout, des sites militaires aux bâtiments gouvernementaux, en passant par les installations d'armement et les domiciles des dirigeants iraniens.
Washington affirme que les opérations se déroulent bien et sont en avance sur le calendrier, et que ces combats vont se poursuivre jusqu'à ce que tous les objectifs de guerre soient atteints.
Les attaques conjointes américano-israéliennes du weekend auraient détruit le quartier général de l'armée de l'air du Corps des gardiens de la révolution islamique, qui commandait les missiles balistiques.
Israël parle d'une guerre plus longue
Le chef militaire israélien Eyal Zamir a demandé aux officiers de l'armée israélienne de se préparer à une guerre prolongée. Cette déclaration intervient alors qu'Israël mène simultanément des attaques contre l'Iran et le Hezbollah au Liban.
Ces frappes ont visé plusieurs zones du pays dans la nuit de dimanche à lundi, y compris la capitale Beyrouth, dans ce qu'Israël qualifie de positions abritant des membres du Hezbollah et des infrastructures. Selon les autorités, un demi million de personnes ont été déplacées par les combats.
Le ministère libanais de la Santé,a communiqué dimanche un nouveau bilan humain particulièrement lourd après les frappes israéliennes de la semaine : 394 personnes ont perdu la vie. Parmi les victimes, on déplore la mort de 83 enfants et 42 femmes.
D'autre part, le Hezbollah, a déclaré plus tôt qu'il engageait le combat contre les forces israéliennes qui avaient débarqué pendant la nuit dans l'est du Liban à bord d'hélicoptères ayant traversé la frontière syrienne.
Les dernières attaques iraniennes dans les pays du Golfe
Les frappes de représailles iraniennes continuent de viser leurs voisins du Golfe, ciblant les bases ou les intérêts américains, mais aussi des zones civiles, et ce malgré le message du président iranien Masoud Pezeshkian samedi : « Plus aucune attaque, plus aucun missile » : c'est l'engagement qui avait été selon lui, pris vendredi par le conseil de direction provisoire iranien à l'égard de ses voisins.
Lors d'un discours télévisé, le responsable a toutefois précisé que cette trêve resterait conditionnée à l'absence d'agression contre l'Iran émanant de ces pays.
Ce message n'a pas été suivi d'effets notoires. Les autorités émiraties ont confirmé avoir été la cible de salves massives. Pour la seule journée de dimanche, le ministère de la Défense a rapporté l'interception de 16 missiles balistiques et 113 drones. De nouvelles explosions ont secoué Abou Dhabi ce lundi matin. Le Centre national de gestion des crises a envoyé des messages d'alerte aux résidents.
Le ministère saoudien de la Défense a déclaré avoir contré une attaque de drones visant le champ pétrolier de Shaybah, situé à l'est du royaume, près de la frontière avec les Émirats arabes unis, tandis que le ministère des Affaires étrangères a condamné les frappes de représailles iraniennes, les qualifiant de « répréhensibles ».
L'unique raffinerie à Bahreïn, le complexe de Sitra (Bapco Energies), a été frappée par des drones iraniens ce lundi matin. L'attaque a provoqué un incendie majeur, obligeant la compagnie nationale à déclarer un état de "force majeure" sur ses expéditions. On dénombre plusieurs blessés civils dans les zones résidentielles adjacentes.
Beaucoup de pays ont qualifié ces attaques d'« imprudentes », le Premier ministre du Qatar allant jusqu'à les qualifier de « trahison ».