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L'Égypte intensifie sa diplomatie face à la guerre en Iran et aux tensions régionales

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi rencontre le président des Émirats arabes unis Mohamed ben Zayed lors d'une visite à Abou Dhabi sur fond de tensions accrues
Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi rencontre à Abou Dhabi le président émirati Mohammed ben Zayed, sur fond de tensions accrues Tous droits réservés  WAM
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Par Mohamed Elashi
Publié le
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La récente offensive diplomatique de l’Égypte intervient alors que les pays de la région tentent de contenir les retombées de la guerre, les États du Golfe étant ciblés et les dirigeants voulant éviter un conflit plus large.

L'Égypte s'est montrée plus active sur le plan diplomatique ces derniers jours, sur fond de vives tensions après une nouvelle escalade du conflit impliquant l'Iran, Israël et les États-Unis, en menant des discussions avec les dirigeants du Golfe et en appelant à la désescalade.

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Les visites du président Abdel Fattah al-Sissi aux Émirats arabes unis et au Qatar cette semaine ont mis en évidence les efforts du Caire pour afficher sa solidarité avec les États du Golfe pris pour cible, tout en soulignant que leur sécurité fait partie intégrante de celle de l'Égypte.

Cette offensive diplomatique intervient alors que les tensions deviennent plus dangereuses, les attaques visant désormais des infrastructures énergétiques et alimentant la crainte d'une extension du conflit à l'ensemble de la région.

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi rencontre l'émir du Qatar, le cheikh Tamim ben Hamad Al Thani, lors d'entretiens à Doha
Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi rencontre l'émir du Qatar, le cheikh Tamim ben Hamad Al Thani, lors d'entretiens à Doha QNA

Le Caire a condamné ce qu'il a qualifié de frappes iraniennes « inacceptables et injustifiées » contre des pays du Golfe, tout en maintenant des contacts avec les acteurs régionaux et internationaux afin de contenir la situation.

L'Égypte a également conservé des canaux avec l'Iran, notamment à travers de récents entretiens téléphoniques entre al-Sissi et des responsables iraniens, dans le cadre des efforts visant à enrayer l'escalade.

Mais malgré cette mobilisation accrue, les analystes estiment que son rôle reste limité.

« L'Égypte essaie de montrer qu'elle compte sans se surexposer », estime H. A. Hellyer, chercheur associé principal au Royal United Services Institute.

Selon lui, la visite à Doha montre que Le Caire souhaite se coordonner avec les États du Golfe plutôt que prendre les devants seul.

Il décrit cette approche comme un « engagement tactique », en ajoutant que l'Égypte reste présente dans la diplomatie régionale tout en évitant de prendre des engagements qu'elle ne pourrait pas tenir.

Actif, mais pas en première ligne

Les récentes initiatives de l'Égypte privilégient la coordination plutôt qu'un rôle de chef de file.

Le ministre des Affaires étrangères, Badr Abdelatty, a effectué une tournée dans plusieurs capitales du Golfe, porteur d'un message de solidarité et avertissant que la région est proche « d'exploser » si le conflit se poursuit. Dans le même temps, Le Caire a souligné qu'il n'a pas été sollicité pour intervenir militairement.

À la place, l'Égypte semble se positionner comme un relais diplomatique, en maintenant des canaux de communication avec les États du Golfe, ses partenaires occidentaux et, dans une moindre mesure, avec l'Iran.

Mais cela ne s'apparente pas à une médiation.

« L'Égypte n'a pas le poids nécessaire pour mener une médiation significative entre Israël et l'Iran », estime Hellyer.

Il ajoute que le rôle de l'Égypte se limite à faciliter la coordination entre les États arabes et à faire passer des messages, en parlant d'un « rôle utile de rassemblement, pas de médiation ».

Un délicat exercice d'équilibre

La position du Caire reflète un délicat exercice d'équilibre. D'un côté, l'Égypte s'est clairement alignée sur ses partenaires du Golfe, réaffirmant son soutien à leur sécurité et condamnant les attaques contre leur territoire.

De l'autre, elle a évité toute confrontation directe avec l'Iran, appelant plutôt à un retour à la diplomatie et au maintien de canaux de communication ouverts.

Cela s'inscrit dans une approche régionale plus large, où les États tentent de contenir la crise sans y être entraînés directement.

« Les États du Golfe verront d'un bon œil l'alignement égyptien, qui renforce la posture plus large de prudence stratégique arabe », estime Hellyer.

Il ajoute que cette approche consiste à rester engagé sans prendre de risques majeurs.

Pour Israël, le rôle de l'Égypte sera sans doute perçu comme « procédural plutôt que substantiel », tandis que l'Iran ne considérera probablement pas Le Caire comme un interlocuteur crédible.

« L'Égypte gère les perceptions, elle ne façonne pas les résultats », résume-t-il.

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