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Lutte contre la désinformation : "après la riposte", Paris se lance dans "la bataille des récits"

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Par Nathan Joubioux
Publié le
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Après le succès du compte X French Response, qui rassemble déjà plus de 200 000 abonnés, la diplomatie française s'est désormais lancée sur TikTok et entend accélérer sa présence afin de contrer la diffusion de fausses informations en amont.

Utiliser la plaisanterie, l'ironie et la taquinerie pour lutter contre la désinformation ? C'est le pari qu'a fait le ministère des Affaires étrangères français. Depuis août, le compte X "French Response" a pour objectif de contredire les fausses informations qui cibleraient la réputation du pays tout en promouvant davantage des contenus en ligne montrant les aspects positifs des sociétés françaises et européennes.

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Un concept qui a l'air de plaire aux internautes, puisque le compte, géré directement par le quai d'Orsay, cumule un peu plus de 200 000 abonnés en à peine neuf mois. Ce jeudi 7 mai, le ministère des Affaires étrangères a donc décidé d'élargir son public et de débarquer sur TikTok : en quelques heures, plus de 1 110 personnes ont afflué sur le compte.

"Ce n’est pas un troll. C’est un outil géopolitique, un outil de recadrage en temps réel. On riposte, on dénonce la manipulation adverse, on recadre", a déclaré Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères. Dans un discours prononcé lors de l'évènement "Agir dans la bataille des récits" à la Gaîté lyrique, le chef de la diplomatie française a réaffirmé son objectif : "redresser le champ des perceptions quand il a été défiguré volontairement en notre défaveur".

"La riposte fonctionne, nous l'avons prouvé"

En anglais dans le texte, le compte Twitter répond majoritairement à des comptes pro-MAGA (Make America Great Again), à des soutiens au gouvernement russe ou à des agents chinois.

Et contrairement au style mesuré et sobre utilisé habituellement par le gouvernement, "French Response" reprend tous les codes des réseaux sociaux : GIF, emojis, expressions, références à la pop-culture...

"French Response" n'hésite pas, non plus, à répondre directement à des membres de gouvernement étrangers, là aussi majoritairement des États-Unis ou de Russie.

Une manière qui porte ses fruits, se félicite le ministère des Affaires étrangères : "La riposte fonctionne, nous l’avons prouvé. Elle fait reculer nos compétiteurs. Elle permet d’exposer les manœuvres adverses, de contenir leur propagation, d’ouvrir les yeux du grand public", a assuré Jean-Noël Barrot.

"Imposer nos propres lignes"

Désormais, Paris veut aller encore plus loin. "Lorsque l'on riposte, on est dans la réaction. Nous voulons maintenant intervenir en amont : façonner nous-mêmes l'environnement informationnel et non pas réagir aux lignes adverses", a également déclaré Jean-Noël Barrot. "Car lorsqu'une campagne est dénoncée, chacun le sait ici, les dégâts sont déjà là. On ne peut que les constater. Les récits sont implantés, les perceptions sont affectées et des décisions prises sur la base d’informations contaminées", a-t-i souligné.

Le ministre français des Affaires étrangères a alors mis en avant les "moyens considérables" engagés par plusieurs pays pour créer ses récits : "la Chine : 48 milliards de dollars par an ; la Russie : 2,6 milliards ; l’Iran : 1,8 milliard ; et plus d’1,2 milliard pour les seules productions du ministère de la Guerre américain", a-t-il listé.

Pour ce faire, Paris a désigné trente "zones de guerre informationnelle", qui ont "vocation à être révisées tous les six mois". "Ces zones correspondent à des pays où les représentants de la France, dans nos ambassades, sont la cible d’attaques et de campagnes de décrédibilisation qui entravent l’exercice de leur mission", a expliqué Jean-Noël Barrot.

Plusieurs dizaines de "réservistes" seront recrutés pour travailler "au profit de nos trente zones prioritaires", a-t-il également annoncé, précisant qu'il créait ainsi "le premier contingent de réserve diplomatique, un contingent numérique dédié à la guerre informationnelle". L'objectif est clair : "Imposer nos propres lignes", a-t-il insisté.

Avec "French Response", Paris semble prendre un tournant dans la manière dont la diplomatie française s'exprime, même si cette évolution reste cantonnée aux réseaux sociaux. En adoptant cette posture "proactive et offensive", le quai d'Orsay reconnaît que la bataille de la communication se joue aussi en amont, sur un terrain devenu central largement investi notamment par Donald Trump, qui recourt depuis longtemps à des visuels générés par IA et un certain pillage de la pop-culture.

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