La France propose aux États-Unis et à l’Iran de "traiter la question d’Ormuz à part" du reste du conflit et des négociations, car "elle est d’intérêt commun".
Le ministère français des Armées a annoncé ce mercredi 6 mai que le porte-avions Charles-de-Gaulle et ses escorteurs franchissaient le canal de Suez, en route vers le sud de la mer Rouge.
"Aller au sud de Suez est une nouveauté pour nous", a déclaré le colonel Guillaume Vernet, porte-parole du chef d'état-major des armées françaises.
"Géographiquement, c'est plus proche du détroit d'Ormuz et cela nous permettra donc de réagir plus rapidement, une fois les conditions réunies."
Le colonel souligne que la coalition mise en place par la France, le Royaume-Uni et plus de 50 pays, ne commencera pas à opérer tant que deux seuils n'auront pas été franchis : la menace qui pèse sur la navigation doit s'atténuer et l'industrie maritime doit être suffisamment rassurée pour utiliser le détroit. Et même dans ce cas, toute opération nécessitera l'accord des pays voisins.
"Aujourd'hui, le détroit d'Ormuz est bloqué à cause de la menace et les primes d'assurance sont très élevées. Pas un seul navire ne mettra en péril son voyage ou ne s'y rendra", a-t-il déclaré.
L'Élysée a de son côté indiqué que la France proposait aux États-Unis et à l’Iran de "traiter la question d’Ormuz à part" du reste du conflit et des négociations, car "elle est d’intérêt commun".
"Nous pouvons offrir à l’Iran de passer à nouveau à travers le détroit d’Ormuz, nous pouvons permettre que ses tankers passent dans le détroit d’Ormuz à une condition, c’est que l’Iran accepte de s’engager dans la négociation sur le fond à laquelle les Américains l’invitent. Ce que nous disons aux Américains, c’est qu’ils doivent lever leur blocus d’Ormuz et empocher la disponibilité de l’Iran pour négocier sur les questions de fond", a dit la présidence française.
Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer ont accueilli plus de 50 pays lors d'un sommet à Paris le 16 avril et les planificateurs militaires de plus de 30 nations ont finalisé les détails opérationnels lors d'une conférence organisée au Royaume-Uni plus tard le même mois.
L'Iran a fermé le détroit le 4 mars après que des frappes conjointes des États-Unis et d'Israël, lancées le 28 février, ont tué le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei.
Selon les estimations du secteur, les primes d'assurance contre les risques de guerre ont depuis lors été multipliées par quatre ou cinq par rapport à leur niveau d'avant le conflit, et quelque 2 000 navires sont toujours bloqués dans le Golfe.
Le Charles-de-Gaulle a quitté la Baltique le 3 mars dans le cadre de ce que la France a qualifié de mobilisation "sans précédent", qui comprend également huit frégates et deux navires d'assaut amphibie de classe Mistral.
Le déplacement du porte-avions vers le sud met les moyens aériens français à portée du détroit sans entrer dans le Golfe, où l'US Navy bloque les ports iraniens depuis le 13 avril.
La France exploite également une base aérienne à Al Dhafra, dans les Émirats arabes unis, dans le cadre d'un pacte de défense conclu de longue date avec Abou Dhabi. Les chasseurs Rafale français stationnés dans cette base interceptent les drones et les missiles iraniens au-dessus des Émirats arabes unis depuis le début de la guerre.