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Emmanuel Macron en Asie : un front commun Paris-Tokyo face aux crises mondiales

Emmanuel Macron et Sanae Takaichi au Japon le 1er avril 2026
Emmanuel Macron et Sanae Takaichi au Japon le 1er avril 2026 Tous droits réservés  AP Photo
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Par Jean-Philippe Liabot & avec AFP
Publié le Mis à jour
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Emmanuel Macron a entamé, ce mardi, une tournée stratégique en Asie, avec une première escale au Japon, avant de se rendre en Corée du Sud, jusqu'à vendredi. Ces visites s'inscrivent également dans le cadre de la préparation du Sommet du G7 d'Évian, qui se déroulera du 15 au 17 juin.

Accueilli avec les honneurs ce mercredi 1er avril par la Première ministre japonaise, Sanae Takaichi, Emmanuel Macron cherche à consolider l'axe Paris-Tokyo dans un contexte mondial déstabilisé.

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Entre les tensions au Moyen-Orient et la volonté d’afficher une "troisième voie" face au duel sino-américain, l’enjeu est autant politique qu'économique pour la France.

Lors de son discours, le président français a vanté la "prévisibilité de l'Europe" face à l'imprévisibilité des États-Unis, dans une allusion évidente à Donald Trump, qu'il s'est gardé de nommer.

"Je suis bien conscient que parfois l'Europe peut être perçue comme un continent plus lent que d'autres. Mais la prévisibilité a de la valeur, et nous l'avons démontrée au fil de toutes ces années et, oserai-je dire, même ces dernières semaines : nous sommes là où vous savez que nous irons. Ce n'est pas mal, en des temps comme ceux-ci, croyez-moi", a-t-il ajouté.

Emmanuel Macron a critiqué les pays qui disent aller "beaucoup plus vite" que leurs alliés, mais "vous ne savez pas si après-demain ils seront toujours dans cette position, et si, demain, ils ne prendront pas une décision qui pourrait vous blesser sans même vous en informer", a-t-il lâché, en référence à la guerre entre les États-Unis et Israël contre l'Iran.

Valeurs communes

Le président de la République a aussi saisi cette occasion pour rappeler les valeurs communes qui lient la France et le Japon.

"Nous croyons ensemble au droit international, à l'ordre international qui repose sur la charte des Nations unies. Nous croyons aussi aux valeurs démocratiques que nous défendons. C'est ce qui fait, vous venez de le rappeler, nous défendons l'un et l'autre le retour à la paix, au cessez-le-feu, au calme, à la libre circulation à travers le détroit d'Ormuz", a-t-il déclaré.

La très conservatrice Sanae Takaichi a ensuite fait écho à ses propos, indiquant que les deux dirigeants s'étaient accordés "sur l'importance d'assurer la sécurité de la navigation dans le détroit d'Ormuz, de maintenir un approvisionnement stable en matériaux essentiels, et de calmer la situation dès que possible".

Dans un tweet, Emanuel Macron a écrit ce mercredi le mot "Fusion", en japonais, pour souligner des relations renforcées entre les deux pays.

De leur côté, Catherine Vautrin, ministre des Armées, et Jean-Noël Barrot, ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, ont rencontré leurs homologues respectifs, Shinjiro Koizumi et Toshimitsu Motegi.

"Les quatre ministres ont salué l’excellente dynamique du partenariat d’exception franco-japonais, qui repose sur des valeurs communes et des intérêts partagés", a indiqué le Quai d'Orsay. "Ils ont souligné la densité de notre coopération, illustrée par de nombreuses interactions entre nos forces dans tous les domaines", est-il précisé dans le communiqué.

Économie, souveraineté, partenariats solides

Ces accords signés visent à bâtir des chaînes de valeur résilientes, indépendantes des grands pôles de tension.

Premier pilier : l'indépendance industrielle. L’accord sur les métaux critiques et les terres rares est majeur, car il permet à Paris et Tokyo de sécuriser les composants essentiels à la transition énergétique et aux industries de pointe, tout en réduisant drastiquement leur dépendance envers les exportations chinoises.

Le second volet concerne la sécurité énergétique. En signant une feuille de route commune sur le nucléaire civil, les deux pays s'engagent sur le long terme. Cette coopération porte non seulement sur les réacteurs de nouvelle génération (SMR), plus flexibles, mais aussi sur le cycle du combustible, un enjeu clé pour l'autonomie stratégique de l'Europe et de l'archipel nippon.

La Première ministre japonaise Sanae Takaichi, à droite, signe un document
La Première ministre japonaise Sanae Takaichi, à droite, signe un document AP Photo

"Dans le domaine de la sécurité économique, nous avons fait part de nos vives préoccupations concernant les restrictions à l'exportation, en particulier celles qui touchent les minerais essentiels. À l'avenir, le Japon et la France renforceront leur coopération stratégique afin de consolider la résilience des chaînes d'approvisionnement", a déclaré la cheffe du gouvernement japonais.

Enfin, l’innovation de rupture a été mise à l’honneur avec une première mondiale en cryptographie ADN. Ce projet, mêlant biotechnologie et cybersécurité, illustre la volonté de créer une "troisième voie" technologique franco-japonaise. Entre l’IA et le spatial, ce sommet transforme une amitié historique en un véritable bouclier économique mutuel.

Direction la Corée du Sud

Après ce passage dans l'archipel nippon et un déjeuner officiel avec l'empereur Naruhito et son épouse, Emmanuel Macron s'envolera pour Séoul, ce jeudi après-midi.

Cette deuxième étape en Corée du Sud marquera la première visite d'un président français dans le pays depuis onze ans, avec au programme des discussions sur la sécurité régionale et une rencontre très attendue avec les figures de la K-pop.

Ces voyages au Japon et en Corée du Sud "s'inscrivent également dans le cadre de la préparation du Sommet du G7 d'Évian", qui aura lieu du 15 au 17 juin_, "avec des échanges qui porteront sur les priorités française"_, a indiqué l'Élysée.

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