Trente-huit personnes sont mortes dans deux autres drames : l'un en Méditerranée, où dix-neuf personnes tentaient de rejoindre l'île italienne de Lampedusa ; l'autre en mer Égée, au large de la Turquie, où dix-neuf Afghans, dont un bébé, sont également décédés dans le naufrage de leur embarcation.
Deux personnes, qui tentaient de traverser clandestinement la Manche dans le détroit du Pas-de-Calais, sont décédées ce mercredi 1er avril, a indiqué la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord (Prémar), dans un communiqué.
Les autorités indiquent qu'un "groupe d'une trentaine de migrants" a tenté, vers 10 h, d'embarquer sur la plage du Petit-Fort-Philippe (Nord), profitant d'excellentes conditions météorologiques. Peu après l'embarquement, huit personnes ont été signalées en difficulté, dont trois qui nécessitaient "une prise en charge médicale immédiate", explique la Prémar.
"Les huit personnes sont embarquées à bord du Ridens", le navire de sauvetage du Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage, poursuit le communiqué, qui précise qu'une équipe du SMUR a pris en charge les trois personnes. "Malgré les premiers secours, deux personnes ont malheureusement été déclarées décédées", indique la préfecture. Une troisième personne a été débarquée sur la plage de Gravelines, "pour être prise en charge par les services de secours terrestres", est-il précisé.
Les autres personnes auraient poursuivi leur traversée vers l'Angleterre, selon France 3 Hauts-de-France.
Un accord entre le Royaume-Uni et la France prolongé
À la veille de ce nouveau drame, Londres et Paris ont convenu de prolonger de deux mois leur accord de coopération sur les contrôles des traversées de migrants, quelques heures seulement avant son expiration, a indiqué le Home Office britannique. Cette prolongation permettra de poursuivre les négociations, qui s'annoncent difficiles, concernant un nouveau partenariat.
En vertu du traité de Sandhurst, signé en 2018, la Grande-Bretagne s'était engagée à financer les mesures visant à renforcer les frontières françaises et à empêcher les migrants de tenter la traversée. L'accord avait été prolongé de trois ans en mars 2023, lorsque Londres avait accepté de verser à Paris 476 millions de livres sterling (environ 524 millions d'euros) sur trois ans.
"La France et le Royaume-Uni unissent leurs efforts pour mettre fin aux traversées illégales en petits bateaux", a déclaré, ce mardi, le ministère de l'Intérieur britannique dans un communiqué, ajoutant qu'environ 42 000 migrants illégaux avaient été empêchés d'effectuer la traversée risquée de la Manche.
"Alors que les négociations visant à finaliser un nouvel accord amélioré entre le Royaume-Uni et la France se poursuivent, les contrats opérationnels ont été prolongés afin de maintenir les capacités clés de surveillance et de maintien de l’ordre françaises pendant deux mois supplémentaires, grâce à un financement britannique de 16,2 millions de livres sterling" (environ 18,5 millions d'euros), précise le communiqué.
Il a été précisé qu’environ 700 agents français "chargés d’intercepter les petites embarcations patrouilleront le long du littoral français 24 heures sur 24".
Les médias britanniques ont rapporté que le gouvernement du Royaume-Uni souhaitait subordonner l'octroi de nouvelles aides financières à la France à la réalisation d'objectifs plus ambitieux en matière de réduction du nombre de bateaux. Paris s'est opposée à cette idée, avertissant qu'une telle mesure pourrait mettre des vies en danger.
Près de 42 000 migrants ont débarqué sur la côte sud de l’Angleterre en 2025, le deuxième total le plus élevé depuis le début des enregistrements en 2018, selon les chiffres du gouvernement.
38 autres victimes en Méditerranée et en mer Égée
Un nouveau drame s'est déroulé ce mercredi au large de Lampedusa, île italienne située entre la Sicile et la Tunisie : les garde-côtes ont repêché les corps de dix-neuf personnes, a rapporté le maire, Filippo Mannino. Sept autres migrants, dont deux enfants, étaient soignés pour "hypothermie et intoxication par des vapeurs d'hydrocarbures", a-t-il précisé. Cinq migrants se trouvaient également dans un état critique après avoir été secourus à environ 135 kilomètres des côtes italiennes.
Depuis le début de l'année, 624 migrants sont morts ou portés disparus en Méditerranée centrale, selon l'Organisation internationale pour les migrations des Nations unies. La dernière catastrophe impliquant des migrants à Lampedusa remonte à août dernier, lorsque 27 personnes ont trouvé la mort dans deux naufrages au large de la côte.
En mer Égée, un bateau transportant des migrants afghans a chaviré ce mercredi au large de Bodrum, en Turquie, alors qu'il tentait d'échapper aux garde-côtes dans des eaux agitées, faisant dix-neuf morts, dont un bébé, ont indiqué des responsables. Tous étaient originaires d'Afghanistan, a précisé Idris Akbıyık, gouverneur de la province de Muğla, cité par l'agence d'État Anadolu.