Dans son premier discours national depuis le début de la guerre, le 28 février, le chef de la Maison-Blanche s'est efforcé de rassurer les Américains fatigués de la guerre en leur expliquant que l'offensive valait la peine d'être menée.
Le président américain Donald Trump a déclaré que son pays "finira bientôt le travail" en Iran, car "les objectifs stratégiques fondamentaux sont en voie d’achèvement", dans son premier discours national pour défendre la guerre depuis le début du conflit fin février.
Dans le même temps, il a affirmé que l’Iran continuerait à faire face à un barrage d’attaques à court terme.
"Nous allons les frapper très durement au cours des deux ou trois prochaines semaines", a déclaré Trump. "Nous allons les ramener à l’âge de pierre, là où ils devraient être."
Ce discours intervient alors que Trump est confronté à une baisse de sa cote de popularité, à des inquiétudes économiques et à l’aggravation des retombées diplomatiques de la guerre.
Trump a profité de cette allocution pour tenter de rassurer les Américains lassés du conflit en soutenant que l’offensive en valait la peine. Il a toutefois consacré une grande partie de son intervention, d’une durée de 20 minutes, à répéter des éléments déjà avancés ces dernières semaines, sans apporter beaucoup de précisions nouvelles.
Il est peu probable que ce discours infléchisse l’opinion publique, alors que les sondages indiquent qu’une part importante des Américains estime que l’armée est allée trop loin en Iran et que les prix du gaz et du pétrole restent élevés.
Les marchés financiers mondiaux ont, eux, réagi plus immédiatement : le pétrole a progressé de plus de 4 %, tandis que les actions asiatiques ont reculé après les déclarations de Trump selon lesquelles les États-Unis poursuivraient leurs frappes intensives contre l’Iran.
Trump n’a pas évoqué la possibilité d’un déploiement de troupes américaines au sol en Iran, ni mentionné l’OTAN, l’alliance transatlantique qu’il a critiquée pour son rôle jugé insuffisant dans la sécurisation du détroit d’Ormuz, dont un blocage par l’Iran a fait grimper les prix de l’énergie.
Il n’a pas non plus abordé d’éventuelles négociations avec Téhéran ni rappelé l’ultimatum fixé au 6 avril pour la réouverture de la voie maritime, sous peine de représailles américaines sévères.
Trump met en avant ses succès tandis que les frappes se poursuivent
Trump est revenu sur la chronologie de l’engagement américain dans plusieurs conflits passés, soulignant que la guerre actuelle en Iran ne dure que depuis 32 jours, semblant ainsi demander davantage de temps pour mener à bien sa mission.
"La Première Guerre mondiale a duré un an, sept mois et cinq jours", a-t-il déclaré. "La Seconde Guerre mondiale a duré trois ans, huit mois et 25 jours." Il a également évoqué la Corée, le Vietnam et l’Irak.
Il a ajouté que "ces quatre dernières semaines, nos forces armées ont remporté des victoires rapides, décisives et écrasantes sur le champ de bataille". Selon lui, l’action militaire américaine a été "si puissante, si brillante" que "l’un des pays les plus puissants" n’est "véritablement plus une menace", alors même que l’Iran poursuivait ses attaques contre Israël et ses voisins du Golfe persique tôt jeudi.
Le président a par ailleurs exhorté les pays dépendants du pétrole transitant par le détroit d’Ormuz à "faire preuve de courage" et à "aller le prendre".
Parallèlement, Téhéran a annoncé mercredi soir une nouvelle série d’attaques de missiles et de drones visant Israël et des bases américaines dans le Golfe, touchant notamment des villes israéliennes comme Tel-Aviv et Eilat, ainsi que des installations militaires américaines à Bahreïn et au Koweït.
L’armée israélienne a indiqué tôt jeudi que ses systèmes de défense aérienne étaient opérationnels pour intercepter les tirs entrants.
Alors qu’Israël se préparait à la Pâque juive, qui débutait mercredi au coucher du soleil, des sirènes d’alerte aérienne ont retenti à plusieurs reprises dans la région de Tel-Aviv.
Les services d’urgence ont précisé qu’un missile iranien tiré mercredi matin avait fait 14 blessés, dont une fillette de 11 ans.
Les Gardiens de la révolution ont également affirmé avoir touché un pétrolier dans le Golfe, qu’ils disent appartenir à Israël. Une agence britannique de sécurité maritime a indiqué que le navire avait été atteint au large du Qatar, signalant des dégâts mais aucune victime.