Un homme de 58 ans originaire de Moscou mais porteur de nationalité ukrainienne a ouvert le feu sur les passants avant de se barricader à l'intérieur d'un supermarché avec les otages. Il a été abattu par la police lors d'un assaut.
La fusillade a Kyiv, qui a couté la vie à sept personnes et dont l'auteur a été abattu par la police, est traitée par les autorités comme un acte de terrorisme, a déclaré le procureur général de l'Ukraine Rouslan Kravtchenko même si, selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky, les enquêteurs ont plusieurs hypothèses quant à ses motivations.
Samedi après-midi dans un quartier de Holossiïv, dans le sud du centre-ville de la capitale ukrainienne, un tireur avec une arme automatique a ouvert le feu sur les passants avant de se barricader à l'intérieur d'un supermarché avec des otages.
Les unités spéciales de la police tactique ukrainienne ont pris d'assaut le magasin après l'échec des tentatives de contact avec le tireur par l'intermédiaire d'un négociateur, a précisé le ministre de l'Intérieur, Ihor Klymenko.
Selon les autorités, le tireur a été abattu par la police. Au moins 14 personnes ont été blessées et ont été transportées à l'hôpital. Six autres blessés ont été pris en charge sur place, dont un bébé de quatre mois.
Les otages étaient des clients et des employés du supermarché. Selon le président Zelensky, l'un des otages avait été tué ; les autres victimes ont été assassinées dans la rue.
Parmi les victimes, « un homme est décédé sur les lieux et une femme est décédée à l'hôpital des suites de ses blessures. Leur fils, né en 2015, souffrant d'une blessure par balle, se trouve actuellement dans un établissement de santé pédiatrique où il reçoit les soins nécessaires », a déclaré le procureur Kravtchenko.
Lundi, un habitant de Kyiv est décédé à l'hôpital après avoir été blessé lors de la fusillade, a annoncé le maire de la ville, Vitali Klitschko. Le nombre de victimes de cet attentat s'élève ainsi à sept personnes.
« La victime était dans un état extrêmement grave. Les médecins se sont battus pour lui sauver la vie, mais ils n'ont malheureusement pas réussi à le sauver », a déclaré l'édile de la capitale ukrainienne.
Un journaliste de l'AFP a constaté que le supermarché, dont la vitrine était tachée de sang, était bouclé par un important dispositif de sécurité. Des policiers en gilets pare-balles et des enquêteurs étaient sur place.
Tetyana, une employée du supermarché, a déclaré à l'AFP avoir entendu des bruits « dans le magasin, comme du champagne qui saute ou des ballons qui éclatent à plusieurs reprises. Puis les clients ont commencé à crier : “Courez !” ».
« Il y a un endroit où l'on peut se cacher derrière les réfrigérateurs, et nous nous y sommes réfugiés. J'ai entendu un homme gémir », a-t-elle raconté, la voix tremblante.
Des images diffusées par l'agence de presse UNIAN, que l'AFP n'a pas pu vérifier immédiatement, montrent un homme armé tirant à bout portant sur une personne près d'un immeuble.
L'agresseur a été identifié dans les médias comme Dmytro Vassyltchenkov, né à Moscou en 1968. Il possédait la nationalité ukrainienne et résidait auparavant à Bakhmout, dans le Donbass, puis dans ce même district de Holossiïv à Kyiv.
"On sait que l'agresseur a mis le feu à l'appartement avant de sortir dans la rue, armé. Il avait déjà fait l'objet de poursuites pénales. Il a longtemps vécu dans la région de Donetsk et est né en Russie", a précisé Zelensky dans son adresse sur les réseaux sociaux.
Le procureur a confirmé que la fusillade avait été perpétrée par un originaire de Moscou de 58 ans. Le ministre de l'Intérieur a indiqué, quant à lui, que le terroriste avait utilisé une arme officiellement acquise et enregistrée.
Zelensky a insisté sur la nécessité d'une enquête rapide concernant la fusillade et a déclaré que les circonstances exactes de l'incident étaient en cours d'établissement.
Le ministre de l'Intérieur a indiqué que la confrontation entre l'assaillant et les négociateurs de la police au supermarché avait duré environ 40 minutes.
« Nous avons tenté de le raisonner. Sachant qu'il y avait probablement une personne blessée à l'intérieur, nous lui avons proposé d'apporter des garrots pour stopper l'hémorragie. Mais il n'a pas réagi », a déclaré Klymenko aux journalistes présents sur les lieux.
« C'est pourquoi l'ordre de l'éliminer a été donné », a-t-il ajouté.
L'homme est également soupçonné d'avoir incendié son appartement situé près du supermarché, selon les autorités.
« J'ai appelé les pompiers dès que j'ai vu de la fumée sortir de l'appartement », a déclaré à l'AFP Lyubym Gleyevyi, 24 ans, qui habite à l'étage supérieur. « Nous étions rentrés cinq minutes plus tôt ; c'est un miracle que nous ne l'ayons pas croisé », a-t-il ajouté.
Ganna Koulyk, une voisine, a déclaré qu'il parlait très peu et qu'il vivait dans cet appartement « depuis 10 ans ».
L'Ukraine, qui est en guerre contre la Russie depuis plus de quatre ans, a connu des incidents de coups de feu sporadiques, mais affiche un taux de criminalité relativement faible.
L'année dernière, un homme a abattu deux personnes dans une banlieue de Kyiv à la suite d'un différend concernant la vente d'une arme à feu.