Trois navires ont été attaqués en 24 heures dans le détroit d'Ormuz selon l'agence de sécurité maritime britannique. Dans un cas, le Qatar accuse l'Iran d'avoir ciblé l'un de ses navires.
Une agence maritime britannique a fait état de frappes contre deux pétroliers dans le détroit d’Ormuz en moins d’une heure mardi.
Le centre UK Maritime Trade Operations (UKMTO) a indiqué en fin d’après-midi mardi avoir reçu un signalement faisant état d’un pétrolier ayant subi des "dommages structurels mineurs" après avoir été touché par un drone alors qu’il traversait ce passage maritime, l’un des principaux points de transit du gaz et du pétrole au monde.
L’agence a précisé qu’aucune victime ni impact environnemental n’avait été signalé à ce stade et que le navire "poursuivait sa route vers son prochain port d’escale".
Environ 40 minutes plus tôt, l’UKMTO avait indiqué qu’un autre pétrolier aurait été touché par un "projectile non identifié" dans le détroit, subissant des "dommages structurels". Aucune victime n’a été signalée, a-t-elle ajouté. L’agence enquête sur ces incidents et a conseillé aux navires se trouvant dans la zone de naviguer avec prudence.
Tôt mardi matin, un troisième navire a signalé avoir été touché dans la région par un "projectile inconnu sur bâbord", ce qui a provoqué un incendie, selon l’UKMTO. Selon l’agence, le navire faisait route vers le sud en sortant du détroit, près de Limah, à Oman. Là encore, elle a indiqué qu’aucune victime ni impact sur l’environnement n’avait été enregistré.
L’agence de presse officielle iranienne Fars a identifié l’un des navires touchés dans le détroit comme l’Al-Ruqayat, affirmant qu’il avait été pris pour cible après avoir, selon elle, ignoré les avertissements de la marine des Gardiens de la révolution (IRGC) alors qu’il empruntait la voie omanaise du détroit. Téhéran affirme que seule la route qu’il a approuvée à travers ce passage est sûre.
Majed Al Ansari, porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères, a condamné l’attaque contre le pétrolier qatari, la qualifiant d_’"attaque inacceptable contre la sécurité et la sûreté de la navigation maritime internationale"_. Ansari a ajouté que Doha tenait l’Iran "pleinement et juridiquement responsable de cette attaque et de tous les dommages et conséquences qui en découleraient".
Le détroit d’Ormuz est au cœur des tensions entre Washington et Téhéran et constitue un élément clé du "mémorandum d’accord" conclu entre les deux parties en juin. Téhéran avait de facto fermé le détroit après le lancement par les États-Unis d’une action militaire contre l’Iran en février, déclenchant le chaos sur les marchés mondiaux de l’énergie.
Aux termes de l’accord, Washington et Téhéran ont convenu d’un cessez-le-feu. Les États-Unis doivent lever leur blocus naval de l’Iran, tandis que Téhéran doit rouvrir le détroit et réaffirmer qu’il "ne cherchera pas à se procurer ni à développer des armes nucléaires". Un délai de 60 jours a été fixé aux deux pays pour parvenir à un accord définitif.
Les discussions visant à mettre en œuvre l’accord sont suspendues pendant les cérémonies funéraires de l’ancien guide suprême iranien, Ali Khamenei, tué le premier jour du conflit.