Le président américain affirme que la trêve avec l'Iran est terminée après des frappes américaines et une riposte de Téhéran contre des bases américaines dans le Golfe.
Le président américain Donald Trump a averti mercredi que les forces américaines frapperaient l’Iran "durement" dans la nuit à venir, après avoir auparavant déclaré, lors du sommet de l’OTAN à Ankara, que le cessez-le-feu conclu entre Washington et Téhéran était terminé.
"On va les frapper très fort ce soir", a-t-il déclaré avant de s’entretenir avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, en ajoutant : "Ils violent l’accord tous les jours."
Donald Trump a également menacé de frapper les infrastructures civiles de l’Iran et de s’emparer de l’île de Kharg, qui abrite d’importantes installations pétrolières.
"On prendra peut-être le contrôle de l’île de Kharg. On pourrait s’emparer de l’île de Kharg. Ils ne pourraient rien y faire", a-t-il déclaré.
Le président américain a annoncé que le cessez-le-feu avec l’Iran était "fini" après que Washington a lancé, dans la nuit, des frappes contre le pays, auxquelles Téhéran a répondu en visant des bases américaines dans le Golfe.
"En ce qui me concerne, c’est terminé", a déclaré Donald Trump mercredi matin. "Je ne veux plus traiter avec eux, ce sont des ordures"
"Ce sont des ordures, des gens malades, dirigés par des gens malades, et ce sont des personnes vicieuses et violentes. Et s’ils avaient une arme nucléaire, ils s’en serviraient", a-t-il affirmé.
Donald Trump a indiqué qu’il parlerait à l’homme d’affaires devenu négociateur Steve Witkoff et à son gendre Jared Kushner, qui ont représenté les États‑Unis dans les discussions avec l’Iran, mais il a insisté sur le fait qu’il appartenait à Téhéran de revenir à la table des négociations.
"Pour moi, c’est juste une perte de temps de traiter avec eux. Ce sont des menteurs."
Il accuse l'Iran d’avoir, à plusieurs reprises, déformé ce qui avait été convenu dans l’accord-cadre signé le 17 juin entre Washington et Téhéran.
"Tout le monde est d’accord : pas d’arme nucléaire. On conclut un accord. Ils sortent, plaisantent devant la presse, et disent qu’on n’en a même jamais parlé. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond chez eux, ils sont cinglés", a ajouté Donald Trump.
Le chef d’état-major adjoint et coordinateur de l’armée iranienne, le contre-amiral Habibollah Sayyari, a déclaré mercredi après-midi que "les forces armées iraniennes, épaulées par le peuple, sont si fortes et déterminées que l’ennemi sait que toute tentative de débarquement sur les côtes iraniennes reviendrait à entrer dans un enfer vivant dont il ne pourrait pas s’échapper".
"Notre réponse est claire : si vous osez, venez", a déclaré Habibollah Sayyari.
"Le peuple iranien doit être assuré que, grâce à son soutien, les forces armées iraniennes restent debout. Nos frontières sont sûres et nous ne permettrons pas à l’ennemi de leur infliger le moindre dommage."
Le quartier général central Khatam al-Anbiya, le commandement interarmées iranien, a mis en garde les pays voisins : ceux qui "apportent un soutien aux forces américaines seront considérés comme une cible légitime pour les forces armées iraniennes", selon la télévision d’État.
Les Gardiens de la révolution ont indiqué avoir déjà visé "85 emplacements au sein de principales installations militaires américaines dans la région".
Le porte-parole de la commission de la sécurité nationale du Parlement iranien, Ebrahim Rezaei, a ajouté que la République islamique "n’est pas intimidée par les rodomontades et les menaces de personnages comme Trump".
"Nous sommes prêts à affronter tout mal", a-t-il ajouté.
Mark Rutte défend les frappes américaines
Les États-Unis avaient lancé des frappes contre l’Iran quelques heures plus tôt, touchant plus de 80 cibles, selon le Commandement central américain (CENTCOM), qui a indiqué que ces attaques avaient été menées en réponse aux attaques de Téhéran contre trois navires dans le détroit d’Ormuz.
"Les forces américaines ont frappé des systèmes de défense iraniens, des réseaux de commandement et de contrôle, des sites de radars côtiers, des capacités de missiles antinavires, ainsi que plus de 60 embarcations légères du Corps des gardiens de la révolution islamique dans le détroit et à proximité", a indiqué l’armée américaine dans un communiqué publié sur X.
Les frappes nocturnes étaient "absolument nécessaires", a déclaré mercredi le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, à l’ouverture de la réunion de l’Alliance à Ankara.
"Je pense que c’était absolument nécessaire, parce que lorsqu’il y a un cessez-le-feu et que l’Iran le viole en pratique, comme on l’a vu hier avec des navires attaqués, il est, à mon sens, tout à fait crucial que les États-Unis réagissent avec fermeté", a déclaré Mark Rutte.
L’Iran a immédiatement averti Washington qu’il prendrait "toutes les mesures qu’il jugera nécessaires", faisant planer le risque d’un effondrement de l’accord-cadre qui avait mis fin aux combats et menaçant de replonger l’ensemble du Moyen-Orient dans un conflit plus large.
Le Bahreïn, qui abrite la Ve flotte de l’US Navy, a fait retentir ses sirènes d’alerte aux missiles mercredi matin après l’attaque américaine contre l’Iran.
Parallèlement, l’armée koweïtienne a indiqué dans un message publié sur X que "les défenses aériennes koweïtiennes engagent actuellement des attaques de missiles et de drones hostiles", sans préciser d’où elles provenaient.
"L’état-major de l’armée précise que toute explosion entendue résulte de l’interception d’attaques hostiles par les systèmes de défense aérienne."
Le CENTCOM a indiqué que les forces américaines avaient lancé ces frappes "afin d’imposer un coût élevé à ceux qui ciblent et attaquent des navires commerciaux avec à leur bord des civils innocents dans une voie maritime internationale".
Le commandement a précisé avoir frappé des cibles iraniennes, notamment des systèmes de défense aérienne, des radars et plus de 60 petites embarcations utilisées par les Gardiens de la révolution.
L’armée américaine reste "positionnée et prête à demander des comptes à l’Iran lorsque l’accord n’est pas respecté ou appliqué", a-t-il ajouté, en précisant que cette série de frappes était terminée.
L’Iran a de son côté accusé les États-Unis de violer à plusieurs reprises le mémorandum d’entente conclu entre les deux parties et a menacé de riposter.
"L’ère de l’intimidation et du chantage est révolue", a écrit sur X le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf. "Cela ne mène nulle part. Nous ne plions pas."
Les médias d’État iraniens ont fait état de détonations à Bandar Abbas, Qeshm et Sirik, tandis que le commandement militaire central iranien avertissait qu’il "répondra de manière décisive à cette agression et à cet acte terroriste".
"En aucun cas [les forces armées iraniennes] ne permettront une ingérence dans les affaires du détroit d’Ormuz, ni ne laisseront d’autres en assurer la gestion", a-t-il ajouté.
Une série similaire d’attaques iraniennes contre la navigation et de frappes américaines s’était produite à la fin du mois dernier, entraînant des attaques iraniennes contre le Bahreïn et le Koweït.
Les États-Unis avaient également révoqué une licence autorisant la vente de pétrole iranien dans le cadre de l’accord intérimaire, à la suite des attaques contre les navires marchands.
Un pétrolier naviguait au large des côtes omanaises lorsqu’il a été touché et a pris feu, a indiqué le centre britannique United Kingdom Maritime Trade Operations, ajoutant que les deux autres navires avaient subi quelques dégâts, mais qu’aucun blessé n’était à déplorer et qu’ils avaient tous deux poursuivi leur route dans le détroit d’Ormuz.