L'entreprise n'a pas été ciblée au hasard. Selon Volodymyr Zelensky, elle serait impliquée dans l'approvisionnement de l'armée russe. L'attaque a fait plusieurs blessés, selon les autorités russes, qui affirment que d'autres régions ont également été visées par des frappes ukrainiennes.
Attaque nocturne
Dans la nuit du 21 au 22 juillet, le vrombissement de drones a retenti au-dessus de Krasnodar et de Nevinnomyssk. L'Ukraine a attaqué pour la deuxième fois en une semaine des entrepôts de Wildberries. Des incendies se sont déclarés dans le Kouban et dans le territoire de Stavropol.
Selon la fondatrice de l'entreprise, Tatiana Kim, les employés avaient été évacués à l'avance, mais il n'a pas été possible d'éviter les victimes : dix personnes ont été blessées à Krasnodar, cinq à Nevinnomyssk. Plusieurs salariés ont dû être transportés à l'hôpital, les autres ont reçu des soins sur place.
Les incendies ont été d'une telle ampleur que les autorités régionales ont décrété l'état d'urgence local. Des hélicoptères du ministère russe des Situations d'urgence ont été mobilisés pour éteindre les flammes, qui ravageaient d'immenses surfaces d'entrepôts.
De la fumée au-dessus des centres logistiques
L'entrepôt de Krasnodar est l'un des plus grands du réseau de Wildberries : environ 150 000 mètres carrés. Le complexe de Nevinnomyssk est un peu plus petit, mais il fait lui aussi partie des sites clés. Les deux installations ont été touchées, et les conséquences pour l'entreprise ont été tangibles : destructions, arrêt de l'activité, marchandises endommagées, perturbations logistiques.
Selon les analystes, le coût total de cette série d'attaques pourrait atteindre plusieurs centaines de milliards de roubles.
Pourquoi Wildberries en particulier ?
Kiev ne commente pas officiellement ces attaques, mais le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait auparavant justifié des frappes similaires en affirmant que les entrepôts de la plateforme stockaient des composants susceptibles d'être utilisés dans la production de drones et d'équipements de navigation.
Les centres logistiques étaient ainsi considérés comme faisant partie d'une chaîne d'approvisionnement liée aux besoins militaires de la Russie.
Une série de frappes
L'attaque du 22 juillet s'inscrit dans la série de frappes visant l'infrastructure de Wildberries. Quelques jours plus tôt, des drones avaient touché des entrepôts à Elektrostal et à Kotovsk. Huit personnes avaient alors été tuées, des dizaines blessées, et l'un des plus grands hubs de l'entreprise, d'une superficie de plus de 350 000 mètres carrés, avait été pratiquement mis hors service.
À Krasnodar, des débris de drones abattus ont endommagé deux immeubles d'habitation et deux maisons individuelles dans la stanitsa de Dinskaïa.
À Armavir, un drone a frappé une base pétrolière, provoquant un incendie d'environ 800 mètres carrés. Une personne a été tuée.
Les personnes et les conséquences
Pour les employés de Wildberries, ces événements ont été une épreuve. Malgré les déclarations de la direction affirmant que l'évacuation s'était déroulée correctement, des plaintes ont émergé sur les réseaux sociaux et dans les chats syndicaux, selon lesquelles les personnes n'auraient pas été autorisées à quitter les locaux à temps. Certains salariés sont restés longtemps injoignables après les attaques. L'entreprise a mis en place une ligne téléphonique dédiée pour les proches.
Des compensations ont été promises aux familles des victimes, mais la question de l'indemnisation des vendeurs reste en suspens : la valeur des marchandises détruites est estimée à des montants comparables au bénéfice annuel de la plateforme.
Une place de marché en première ligne
Wildberries est l'un des acteurs clés du commerce en ligne russe. Les frappes visant ses centres logistiques constituent non seulement un épisode militaire, mais aussi un choc économique : des milliers de vendeurs ont perdu leurs marchandises, des dizaines de milliers de commandes ont été annulées et des millions de clients sont confrontés à des retards.
Une guerre qui paraissait longtemps lointaine touche désormais un domaine où les gens avaient l'habitude de ne voir que des promotions, des livreurs et des sachets violets.
Nouvelles frappes russes contre des sites industriels et des infrastructures en Ukraine
Dans la nuit du 21 au 22 juillet, la Russie a également poursuivi ses frappes (source en russe)sur le territoire ukrainien, en utilisant des missiles balistiques et un important essaim de drones d'attaque.
Selon les services ukrainiens, des impacts directs ont été enregistrés à Kryvyï Rih, où un site industriel a été endommagé. À Zaporijjia, des ateliers d'une entreprise de construction mécanique ont été détruits. À Mykolaïv, la frappe a visé des halls de construction navale, et à Ternopil, un dépôt de carburant a pris feu.
Dans l'oblast de Lviv, un hub logistique a été touché. Dans les oblasts de Poltava et de Tcherkassy, des installations liées à la réparation de drones et au stockage de munitions ont été visées.
Des débris de drones abattus sont tombés dans des quartiers résidentiels des oblasts de Kiev, de Kharkiv et de Dnipropetrovsk, provoquant des destructions localisées des infrastructures publiques.