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En baie de Somme, la difficile conciliation entre le tourisme et la quiétude des phoques

Un phoque commun jette un coup d'œil hors de l'eau à Discovery Park Beach, le mercredi 15 juillet 2026, à Seattle.
Un phoque commun jette un coup d'œil hors de l'eau à Discovery Park Beach, le mercredi 15 juillet 2026, à Seattle. Tous droits réservés  AP Photo/Lindsey Wasson
Tous droits réservés AP Photo/Lindsey Wasson
Par Nathan Joubioux
Publié le
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Dans la baie de Somme, de nombreux touristes viennent chaque été observer les phoques dans leur habitat naturel. Une période durant laquelle les femelles mettent bas et ont besoin de tranquillité. Un calme pas toujours respecté.

Observer les phoques dans leur élément naturel, c'est possible, à condition de respecter quelques règles. Comme chaque année, l'association Picardie Nature sillonne la baie de Somme pour sensibiliser les touristes au besoin de calme et de tranquillité de ces mammifères marins, qui constituent une attraction majeure.

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"Ici, en baie de Somme, on a malheureusement pas mal de soucis avec les dérangements humains, par tout type d'activité, par du professionnel ou du touriste", explique Chloé Druaux, chargée de recherche sur les mammifères marins au sein de l'association Picardie Nature. D'autant plus à cette période de l'année, où les femelles mettent bas et commencent à élever leurs petits.

"À ce moment-là, le jeune a besoin de sa mère pour tout. En fait, il ne va pas aller pêcher son poisson tout seul, mais elle va bien l'allaiter", explique-t-elle encore. "Et là, malheureusement, s'il y a un dérangement à ce moment-là, la femelle peut partir à l'eau dans la précipitation et le jeune peut malheureusement se retrouver perdu et ne pas arriver à la suivre."

Ici comme ailleurs, les phoques vivent avec les marées. À marée haute, ils chassent et à marée basse, ils se reposent. Mais s'ils sont dérangés à ce moment-là, l'animal pourra prendre peur, repartir dans l'eau et perturber totalement son cycle de repos.

La chaleur, vecteur d'incivilités

L'association distribue donc des marque-pages équipés d'une œillère. Et si l'on ne voit pas le phoque entièrement à travers ce trou, c'est que l'on se trouve trop proche.

Mais parfois, cela ne suffit pas, poursuit Chloé Druaux, qui souligne qu'avec la chaleur, "des gens beaucoup moins respectueux de la nature [...] en ont marre" et s'affranchissent des règles. "Ils venaient ici pour voir les phoques et malheureusement, ils étaient extrêmement impatients et ne souhaitaient pas respecter les distances parce qu'ils voulaient observer tout de suite, faire la photo tout de suite", souffle-t-elle. "Quand il fait un peu moins chaud, les gens prennent plus le temps d'observer, de respecter la nature."

L'association Picardie Nature et le Parc naturel marin des Estuaires de Picardie ont également mis en place un protocole standardisé, aussi à destination des professionnels, parfois à l'origine des dérangements.

"Cela permet de recenser toutes les activités humaines, d'avoir des prises d'informations importantes. C'est ce qui nous donne aussi aujourd'hui matière, en disant effectivement, il y a un peu plus de dérangements", souligne Sophie Lebrun, inspectrice de l'environnement au Parc naturel marin des Estuaires de Picardie.

Cette dernière assure travailler en amont avec les promeneurs, ainsi qu'avec les kayakistes et avec les bateaux. "On essaie de faire de la pédagogie, de la sensibilisation."

Et pour aller plus loin, quand cela est nécessaire, les agents du parc naturel ont le pouvoir de verbaliser ceux à l'origine de dérangements, même si cela reste encore assez rare.

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