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La Russie et la Chine bloquent le contrôle de l'ONU sur les sanctions nucléaires contre l'Iran

Le Conseil de sécurité se réunit au siège de l'Organisation des Nations unies, mardi 26 mai 2026. (Photo AP/Seth Wenig)
Le Conseil de sécurité se réunit au siège de l'ONU, mardi 26 mai 2026. (Photo AP/Seth Wenig) Tous droits réservés  AP Photo
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Par Jeremiah Fisayo-Bambi
Publié le
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Le projet de résolution, rédigé par les États-Unis pour prolonger d'un an le mandat du groupe d'experts de l'ONU, a été rejeté par 11 voix contre 2, la Somalie et le Pakistan s'étant abstenus.

La Russie et la Chine ont opposé leur veto à une résolution de l'Organisation des Nations unies (ONU) qui aurait permis à des experts indépendants de continuer à surveiller les sanctions rétablies contre l'Iran en lien avec son programme nucléaire, portant un coup aux efforts de contrôle internationaux.

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Rédigé par les États-Unis, le texte prévoyait de prolonger d'un an le mandat du groupe d'experts de l'ONU. Il a été rejeté jeudi par le Conseil de sécurité, avec 11 voix contre 2. La Somalie et le Pakistan se sont abstenus.

Les sanctions du Conseil de sécurité, rétablies le 27 septembre dernier dans le cadre du mécanisme de "réactivation automatique" prévu par l'accord nucléaire de 2015, restent toutefois en vigueur. Elles prévoient notamment le gel d'avoirs iraniens à l'étranger, des restrictions sur les ventes d'armes à Téhéran et des mesures visant le développement de son programme de missiles balistiques.

La France, l'Allemagne et le Royaume-Uni avaient déclenché cette clause de réactivation, entraînant le rétablissement du comité des sanctions du Conseil de sécurité et le retour du groupe d'experts chargé de vérifier le respect des mesures. Le veto de jeudi met fin à ce mécanisme de contrôle, sans pour autant remettre en cause les sanctions elles-mêmes.

Le vote intervient alors que l'administration Trump intensifie ses efforts pour isoler économiquement Téhéran. Jeudi, Washington a annoncé séparément de nouvelles sanctions visant des réseaux liés aux cryptomonnaies, accusés par les États-Unis de permettre à des entités iraniennes sanctionnées d'accéder illégalement au système financier international.

Ces mesures interviennent également sur fond de guerre en Iran, qui dure depuis plus de six mois et s'est enlisée.

Le département du Trésor et le département d'État américains ont annoncé des sanctions contre deux sociétés, BitBank et Pishtaz Simorgh Electronic Trade Co., ainsi que contre trois associés de Babak Zanjani, le patron de BitBank déjà visé par des sanctions. Ils les accusent d'avoir contribué à permettre à l'Iran de contourner les sanctions internationales.

Aux Nations unies, la mission iranienne auprès de l'ONU a salué le veto russe et chinois. Dans un message publié sur les réseaux sociaux, elle a affirmé que les deux pays "ont empêché une nouvelle tentative cynique des États-Unis et de leurs alliés d'abuser du Conseil de sécurité à des fins politiques".

Depuis que Israël et les États-Unis ont frappé des sites nucléaires iraniens en juin 2025, les inspecteurs nucléaires de l'ONU ne peuvent plus vérifier l'état des stocks d'uranium enrichi de l'Iran. L'agence de surveillance nucléaire de l'ONU affirme que l'Iran maintient un stock de 440,9 kilogrammes d'uranium enrichi jusqu'à 60 % de pureté — une courte étape technique avant le niveau de 90 % nécessaire pour fabriquer une arme.

L'ambassadeur russe auprès de l'ONU, Vassily Nebenzia, a réitéré l'affirmation de Moscou selon laquelle la réactivation des sanctions contre l'Iran était illégale et que, par conséquent, la résolution visant à prolonger le mandat du groupe d'experts "était profondément viciée et ne reposait sur aucune base juridique".

La Russie et la Chine avaient vivement exhorté les États-Unis et leurs alliés à ne pas soumettre la résolution au vote, ce qui ne ferait qu'accroître les tensions au sein du Conseil, a ajouté Nebenzia, mais Washington "a choisi la confrontation".

L'ambassadeur français auprès de l'ONU, Jerome Bonnafont, qui préside actuellement le Conseil, a déclaré que l'application des sanctions est "un instrument crucial pour inciter l'Iran" à revenir à ses obligations nucléaires. La France va étudier la manière de garantir l'application des sanctions, a-t-il indiqué.

Une option serait de s'inspirer de ce qui s'est passé après la suppression du groupe d'experts sur la Corée du Nord : mettre en place une équipe de suivi réunissant la France, l'Allemagne, le Royaume-Uni et les États-Unis.

Washington assimile le veto à un soutien aux "régimes voyous"

La vice-ambassadrice américaine auprès de l'ONU, Jennifer Locetta, a déclaré que Washington ne s'était pas étonné des vetos russe et chinois, estimant que les experts auraient pu "mettre en lumière" la coopération interdite entre l'Iran et ses partenaires.

Selon elle, ces vetos s'inscrivent dans une démarche plus large visant à entraver la surveillance des sanctions par des experts indépendants, voire à empêcher la nomination de membres des groupes d'experts, afin, a-t-elle affirmé, "d'étouffer les rapports qui mettent en cause leurs propres activités de soutien à des régimes voyous".

En mars 2024, un veto russe avait déjà mis fin au mécanisme de suivi des sanctions de l'ONU visant la Corée du Nord en raison de son programme nucléaire. Au Mali, les sanctions ont depuis été levées. Au Yémen et en République centrafricaine, Locetta a également affirmé que la nomination d'experts avait été retardée ou empêchée.

Le groupe d'experts chargé de surveiller les sanctions contre l'Iran avait été autorisé il y a un an. Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, avait ensuite proposé plusieurs membres, mais aucune nomination n'a finalement été approuvée.

"Sans un groupe indépendant d'experts, ce Conseil perd sa principale source d'informations impartiales et fondées sur des preuves sur les violations des sanctions, créant une faille dans le dispositif de contrôle qui ne profite qu'au régime iranien et à ceux qui tirent profit du contournement de ces mesures", a averti Locetta.

Sources additionnelles • AP

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