Téhéran nie toute implication dans l'incident de dimanche sur la base aérienne utilisée par les États-Unis, où la police a trouvé de l'essence, mais aucun explosif.
Quatre jours après l'incident survenu autour de la base aérienne britannique de Fairford, l'enquête rend ses premières indications. Mercredi 30 septembre, le Premier ministre britannique Andy Burnham a déclaré, à la BBC, qu'il existait "de forts indices" que l'Iran était impliqué dans ce qui a été qualifiée d'activité suspecte.
Dimanche, une alerte à la bombe a été lancée près de cette base du sud-ouest de l'Angleterre, que les États-Unis utilisent dans leur guerre contre l'Iran.
"Il s'agit bien sûr d'une enquête de police toujours en cours, complexe et grave", a précisé le Premier ministre.
"Nous attendions de pouvoir préciser ce que nous pouvions dire, mais nous pouvons désormais confirmer que nous sommes convaincus que l'Iran a joué un rôle", a-t-il précisé sur Sky News.
Ces déclarations constituent le premier signe officiel, de la part des autorités britanniques, qu'un rôle de l'Iran dans l'incident est envisagé. Cependant, les responsables n'ont pas précisé la nature de la menace.
L'ambassade d'Iran à Londres avait auparavant déclaré qu'elle "rejette catégoriquement et condamne fermement" les spéculations sur une éventuelle implication.
Les suspects remis en liberté sous caution
L'alerte a commencé dans la nuit de samedi à dimanche, lorsque trois fourgons blancs semblaient se diriger vers la base de RAF Fairford. Une riveraine qui a appelé la police a expliqué avoir vu un groupe d'hommes masqués près des véhicules, qui bloquaient une route dans un village voisin de la base.
La police a arrêté cinq hommes britanniques âgés d'une vingtaine d'années, soupçonnés d'infractions liées aux explosifs et au terrorisme, avant de les remettre en liberté sous caution.
Mardi, après trois jours d'enquête, au cours desquels une équipe de déminage a notamment été déployée, la police a indiqué qu'aucun explosif n'avait été trouvé dans les véhicules, même si elle avait découvert "une certaine quantité d'essence".
Le président américain Donald Trump et le secrétaire d'État Marco Rubio avaient auparavant laissé entendre que les services de renseignement connaissaient les suspects et qu'un État étranger pouvait être impliqué, mais les responsables britanniques s'étaient jusqu'ici abstenus de tout commentaire.
Les spéculations s'étaient multipliées sur une possible responsabilité de l'Iran ou d'un autre État hostile, après que Téhéran a mis en garde Londres contre l'utilisation de ses bases militaires par Washington.