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Paramount et Warner Bros finalisent leur fusion et créent le géant hollywoodien Skydance

Photo d'archive - David Ellison, PDG de Paramount Skydance, s'exprime lors de la présentation de Paramount Pictures à CinemaCon le 16 avril 2026 à Caesars Palace, Las Vegas.
Photo d'archives — David Ellison, PDG de Paramount Skydance, parle lors de la présentation de Paramount Pictures à CinemaCon, le 16 avril 2026, à Las Vegas. -  Tous droits réservés  AP Photo/Chris Pizzello, File
Tous droits réservés AP Photo/Chris Pizzello, File
Par Doloresz Katanich avec AP
Publié le •Mis à jour
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Deux anciens studios américains finalisent leur fusion et réunissent CNN, HBO, Le Parrain et Harry Potter sous le même toit

Paramount a finalisé l'acquisition de Warner Bros. Discovery pour 81 milliards de dollars (72 milliards d'euros), ont annoncé les deux groupes mardi, donnant naissance à un nouveau géant hollywoodien baptisé Skydance.

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La fusion réunit HBO Max, des films allant de "Harry Potter" à "Sinners", et des chaînes comme CNN sous le même toit que Paramount+, CBS et des titres comme "Top Gun" et "The Godfather".

Le directeur général David Ellison a déclaré dans un communiqué : "Aujourd'hui est un jour historique, pas seulement pour Skydance mais pour l'ensemble de notre secteur".

L'accord renforce encore la concentration du pouvoir dans un secteur déjà dominé par une poignée de grands acteurs. La société Skydance de David Ellison a racheté Paramount l'an dernier pour 8 milliards de dollars (7,1 milliards d'euros) et a rapidement ciblé Warner dans la foulée.

Une bataille houleuse, qui a duré un an, s'est ensuite engagée autour du sort de Warner. En incluant les milliards de dollars de dette, le rachat de Warner par Paramount atteint près de 111 milliards de dollars (98,6 milliards d'euros).

Le nouveau groupe affichera près de 70 milliards de dollars (62,5 milliards d'euros) de chiffre d'affaires annuel et vise plus de 6 milliards de dollars (5,4 milliards d'euros) d'économies par an d'ici trois ans. David Ellison sera président et directeur général, tandis que l'ancien patron de Mattel Ynon Kreiz supervisera les opérations quotidiennes et l'intégration des deux entités.

Ellison prévoit aussi de fusionner progressivement Paramount+ et HBO Max au sein d'un seul service de streaming. Les actions Skydance ont commencé à être échangées mardi à la Bourse de New York, sous le symbole "SKYD".

Une bataille d'enchères avec Netflix

Les premiers temps de la quête de Paramount pour s'emparer de Warner se sont transformés en bataille d'enchères chaotique.

Quelques mois après avoir indiqué qu'il était prêt à céder une partie, voire la totalité de ses activités, Warner a d'abord conclu en décembre un accord de studios et de streaming avec Netflix. Mais Paramount, propriété de Skydance, qui affirmait que la direction de Warner "n'avait jamais engagé de discussions substantielles" sur ses précédentes propositions, a rapidement lancé une contre-offre hostile visant à prendre le contrôle de l'ensemble du groupe, y compris des chaînes comme CNN et Discovery.

Les entreprises ont passé une bonne partie du début de l'année 2026 dans un bras de fer tendu pour savoir qui présentait la meilleure offre, la direction de Warner soutenant à plusieurs reprises Netflix comme acquéreur privilégié. Mais Paramount a fini par relever son offre pour racheter l'ensemble de Warner à 31 dollars par action, et Netflix a choisi de se retirer de la course. Warner et Paramount ont signé un accord de fusion fin février.

Les stars hollywoodiennes prennent la parole

Des cérémonies de remise de prix aux pétitions en ligne, des célébrités de premier plan et d'autres créateurs ont fait entendre leur voix.

En avril, des milliers d'acteurs, scénaristes et réalisateurs, parmi lesquels Jane Fonda, Mark Ruffalo, Denis Villeneuve et J.J. Abrams, ont signé une lettre s'opposant à la fusion, mettant en garde contre une baisse du nombre d'emplois et une réduction du choix pour le public.

L'opposition s'est aussi manifestée pendant la saison des récompenses, avec des badges #BlockTheMerger et des discours de remerciement très critiques. En recevant son Emmy le mois dernier, Sally Field a déclaré : "Nous ne pouvons pas laisser ces voix être réduites au silence, compromises ou fusionnées".

À l'inverse, Tom Cruise et James Cameron ont apporté leur soutien à Paramount, alors qu'Ellison réaffirmait son engagement en faveur des sorties en salles. L'avenir des films sur grand écran avait également été au cœur des préoccupations des critiques de la précédente offre de Netflix.

Trump et l'indépendance éditoriale de CNN

Le président américain Donald Trump a régulièrement attaqué la couverture de CNN et réclamé la vente de la chaîne pendant la bataille pour le rachat. Son administration a aussi salué la perspective d'une prise de contrôle par Ellison. En mars, le secrétaire américain à la Défense Pete Hegseth a déclaré : "Plus vite David Ellison prendra les rênes de cette chaîne, mieux ce sera".

Ellison assure que l'indépendance éditoriale sera préservée à CNN. Dans le cadre d'un accord avec 12 États, le groupe a accepté de créer un conseil baptisé "News Editorial Independence Board" chargé de CNN et de CBS. Mais les critiques soulignent les turbulences déjà observées à CBS sous la houlette de Skydance et s'interrogent sur l'efficacité de ce conseil, compte tenu de l'influence d'Ellison sur les nominations. Le nouveau groupe maintient Mark Thompson dans ses fonctions de rédacteur en chef de CNN.

Les interrogations sont renforcées par les liens de longue date entre Trump et la famille Ellison, même si le président continue aussi de critiquer la couverture de CBS depuis son passage sous pavillon Skydance.

Les investissements du Golfe ravivent les inquiétudes sur l'influence

Pour aider à financer le rachat de Warner, Paramount a obtenu des milliards de dollars de soutien financier de trois pays du Golfe : l'Arabie saoudite, le Qatar et les Émirats arabes unis. La Commission fédérale des communications (FCC) aux États-Unis a approuvé la demande du groupe visant une importante participation indirecte de ces investisseurs étrangers.

Paramount avait auparavant indiqué qu'il s'attendait à ce que ces fonds détiennent indirectement près de 50 % du capital de la nouvelle entité, sans droits de vote. Le groupe a demandé l'autorisation pour que des investisseurs étrangers puissent détenir jusqu'à 100 % des intérêts indirects en capital, afin de tenir compte de futurs investissements possibles. La FCC a accordé cette demande, estimant notamment qu'un accès accru aux capitaux renforcerait le secteur de la diffusion et serait donc "dans l'intérêt public".

Des critiques, dont l'unique commissaire démocrate de la FCC, Anna Gomez, ont jugé cette décision inquiétante et sans précédent. Selon eux, un investissement d'une telle ampleur ouvre la porte à une influence exercée en coulisses.

Des accords amiables lèvent les derniers obstacles juridiques

Paramount a obtenu au cours de l'été le feu vert des autorités de concurrence du monde entier pour le rachat de Warner, y compris du département de la Justice de l'administration Trump.

Mais en juillet, des procureurs généraux démocrates de 12 États, emmenés par Rob Bonta en Californie, ont intenté une action en justice pour bloquer la fusion, affirmant que le nouveau groupe "éteindrait la concurrence" et réduirait les choix pour les consommateurs, en particulier les cinéphiles et les abonnés au câble à travers les États-Unis.

Le syndicat des scénaristes américains (Writers Guild of America) a emboîté le pas. Paramount avait initialement accepté de repousser la finalisation de l'opération à l'année prochaine, le temps que les recours avancent vers un procès pour pratiques anticoncurrentielles.

Des accords de règlement ont été annoncés en septembre. Les conditions imposées aux États, finalement entérinées par un juge, comprennent des engagements de la part du groupe à augmenter la production de films aux États-Unis au cours des cinq prochaines années, à investir dans la formation et le développement de carrière des salariés, et à instaurer un conseil chargé de garantir l'indépendance éditoriale de CNN et de CBS.

La résolution de ces litiges a levé un obstacle majeur à la conclusion de l'opération. Les critiques ont dénoncé ces accords comme une capitulation face aux pressions des grandes entreprises et jugé les mesures de remédiation trop faibles.

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