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Exclure le Royaume-Uni du dispositif "Made in EU" affaiblirait l’Europe, avertit un ministre britannique

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Hamish Falconer, ministre britannique chargé des relations intergouvernementales et des relations européennes
Hamish Falconer, ministre britannique des relations intergouvernementales et européennes -  Tous droits réservés  Euronews
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Par Mared Gwyn Jones
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Hamish Falconer, ministre chargé des Relations européennes, prévient qu'une exclusion du Royaume-Uni de la politique industrielle "Made in Europe" affaiblit la base commune.

L'Europe risque d'affaiblir ses industries si le Royaume-Uni est coupé des chaînes d'approvisionnement européennes en raison de la politique "Made in Europe" de l'Union européenne. C'est ce qu'a affirmé, auprès d'Euronews, le ministre britannique chargé des relations européennes, Hamish Falconer.

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S'exprimant depuis Strasbourg ce mercredi 7 octobre, où il s'est entretenu avec ses homologues de l'UE, dont le commissaire au Commerce Maroš Šefčovič, Hamish Falconer a estimé que le maintien de chaînes d'approvisionnement ouvertes était "clairement dans l'intérêt de l'UE et du Royaume-Uni".

"Je pense qu'il est essentiel que nous ne fassions rien qui affaiblisse l'industrie européenne", a-t-il souligné. "Il ne serait dans l'intérêt d'aucun de nous de voir de nouvelles barrières se dresser dans nos relations économiques."

Se protéger de la concurrence "déloyale"

L'UE veut protéger ses industries nationales d'une concurrence étrangère jugée déloyale en introduisant une préférence pour les fabricants européens dans les marchés publics. Les nouvelles règles, qui s'inscrivent dans le cadre de l'Industrial Accelerator Act (IAA) de la Commission européenne, sont largement perçues comme une réponse aux politiques commerciales de plus en plus offensives de la Chine et à la concurrence subventionnée par l'État.

Mais les avis divergent sur ce qui peut être considéré comme "européen" et sur la possibilité, pour les entreprises non-membres de l’UE, de profiter du programme.

Le gouvernement Burnham a fait de l'inclusion du Royaume-Uni dans ce dispositif une priorité dans les discussions avec Bruxelles. "Les industries qui m'ont le plus activement sollicité sont des industries européennes", a-t-il expliqué. Il existe "un sentiment clair" selon lequel la base industrielle européenne est commune avec le Royaume-Uni, deuxième marché d'exportation du bloc et la première destination pour les nouveaux véhicules fabriqués dans l'UE. "Si nous devions fracturer cette base industrielle, cela signifierait simplement une Europe plus faible, au Royaume-Uni comme dans l'UE", a-t-il ajouté.

Londres prêts à faire des "concessions" ?

La semaine dernière, le Premier ministre britannique Andy Burnham a fait part de ses inquiétudes au sujet du dispositif directement à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, en marge de l'Assemblée générale de l'Organisation des Nations unies (ONU) à New York. "Nous ne sommes pas vos ennemis", a-t-il alors assuré.

Alors que la France défend une approche plus stricte, le gouvernement allemand se montre plus ouvert à un modèle qui étendrait les règles d'origine aux partenaires commerciaux de l'UE, à condition qu'ils offrent en retour aux entreprises européennes un accès équivalent. C'est notamment pour cette raison qu'Andy Burnham doit rencontrer le chancelier Friedrich Merz ce jeudi à Berlin.

Selon des sources européennes, les discussions sur l'inclusion du Royaume-Uni dans le dispositif se sont accélérées depuis l'arrivée d'Andy Burnham au pouvoir en juillet, mais il reste à voir si des progrès vers un accord pourront être réalisés avant un prochain sommet UE-Royaume-Uni qui devrait se tenir d'ici la fin de l'année.

Interrogé sur la disposition du Royaume-Uni à faire des concessions pour accéder au dispositif, Hamish Falconer a estimé que "parler de concessions est plutôt un bon point de départ", en soulignant qu'il s'agit d'une "base industrielle européenne partagée".

Une "volonté partagée" de resserrer les liens

Le ministre Hamish Falconer a également salué une "volonté partagée" de rapprocher à nouveau le Royaume-Uni de l'Union européenne, quelques jours après qu'Andy Burnham a ouvert la porte à un éventuel retour du pays dans le bloc.

Il a dit partager l'avis du Premier ministre selon qui "la relation actuelle que nous avons n'est pas suffisante". "Nous sommes des voisins éternels, nous avons de véritables intérêts communs et nous abordons cette relation avec une grande détermination et beaucoup d'ambition".

Hamish Falconer a également indiqué qu'Andy Burnham détaillerait certaines des options pour la future relation qu'il a esquissées la semaine dernière "aux alentours" du sommet UE-Royaume-Uni, qui devrait se tenir à Bruxelles avant la fin de l'année.

Le sommet était initialement prévu en juillet, mais il a été brutalement annulé en juin lorsque l'ancien Premier ministre Keir Starmer a annoncé sa démission, torpillant les plans des deux parties de conclure une série d'accords, notamment sur le commerce agroalimentaire, les marchés de l'électricité et les échanges de jeunes.

Le ministre Hamish Falconer s'est dit confiant dans la capacité du gouvernement Burnham à aller "plus loin et plus vite" dans la relance de la relation, expliquant qu'il visait "le paquet le plus ambitieux possible" à conclure lors du sommet.

Mais les récentes déclarations d'Andy Burnham ont changé les enjeux des discussions en cours, l'attention se portant désormais sur une relation potentiellement beaucoup plus étroite à long terme.

Des sondages récents indiquent qu'une majorité d'électeurs britanniques pourraient soutenir un retour dans l'UE si la question était soumise à un référendum. Une enquête réalisée la semaine dernière par le Messina Group (TMG) suggère que près de la moitié des électeurs y sont favorables.

Cependant, ouvrir la porte à un retour est considéré comme un exercice politique délicat, la plupart des ministres d'Andy Burnham, dont Hamish Falconer, représentant des circonscriptions qui avaient soutenu le Brexit lors du référendum de 2016.

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