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Des manifestations se multiplient en Europe : la vie chère attise la colère

Des manifestants se rassemblent lors d'une marche contre la hausse du coût de la vie, aux côtés des étudiants, à Paris, samedi 17 octobre 2026. (Photo AP/Thibault Camus)
Des manifestants protestent contre la hausse du coût de la vie aux côtés d'étudiants, à Paris, samedi 17 octobre 2026. (AP Photo/Thibault Camus) -  Tous droits réservés  AP Photo
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Par Angela Barnes
Publié le •Mis à jour
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Entre la hausse des prix alimentaires, le logement inabordable, le pouvoir d'achat en berne et des services publics sous tension, les manifestations en Europe révèlent une frustration croissante face au niveau de vie.

Des milliers de personnes sont descendues dans la rue partout en Europe ce week-end pour dénoncer la hausse du coût de la vie, le logement devenu inabordable, les bas salaires et la pression sur les services publics. Si les revendications varient selon les pays, ces manifestations traduisent une frustration croissante liée aux budgets des ménages.

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En France, des centaines de milliers de personnes ont participé à des rassemblements réunissant des étudiants et d'autres groupes mobilisés contre le coût de la vie et les services publics. Beaucoup ont défilé pacifiquement, mais le président français Emmanuel Macron a promis de traduire en justice ceux qui "ont voulu abattre la République" après que certains rassemblements ont dégénéré en scènes de pillage et d'émeutes dans les grandes villes, avec quelque 1 500 magasins et commerces endommagés.

Le coût pour les établissements atteindra "plusieurs centaines de millions d'euros", a indiqué Alexandre Bompard, président de la Fédération du commerce et de la distribution, sur la chaîne LCI, en ajoutant qu'il était encore trop tôt pour donner un chiffre précis.

L'hôtel de ville de Limoges est parti en flammes, tout comme l'emblématique office de tourisme de la place Bellecour à Lyon. Des vandales ont aussi forcé l'entrée des mairies de Marseille, Lille et Angers, tandis qu'à Bordeaux, la résidence du préfet a été saccagée.

"La protestation est un droit et la colère mérite d'être entendue. Pourtant, aucun désaccord ni aucune revendication ne peut jamais justifier la destruction de biens publics", a déclaré le maire de Limoges, Guillaume Guérin, qualifiant ces violences d'"inacceptables".

En Belgique, des affrontements ont opposé la police à des manifestants à Bruxelles et à Liège lors de rassemblements contre le coût de la vie. Des lycéens ont également manifesté ces dernières semaines contre la hausse du coût de l'éducation, rejoignant en cela les étudiants en France mobilisés contre les conditions d'enseignement et le manque d'enseignants.

Reprenant le même constat que le maire de Limoges et d'autres responsables politiques, le ministre belge de l'Intérieur Bernard Quintin a estimé samedi que la situation n'était "plus simplement une manifestation", la qualifiant de "violence pure et simple".

Au Portugal, les syndicats et les collectifs défendant le droit au logement ont réclamé des salaires plus élevés, de meilleures retraites, des services publics renforcés et des mesures pour rendre le logement accessible. Les organisateurs ont dénoncé la flambée des loyers, des remboursements de prêts immobiliers et des dépenses du quotidien, qui pèsent de plus en plus sur les budgets des ménages.

L'Italie a également été le théâtre de manifestations contre la situation économique et la hausse des prix. Des heurts à Milan, Turin et Bologne ont fait des blessés, tandis que des dizaines de personnes ont été interpellées à Milan.

Pourquoi les Européens sont-ils en colère ?

La hausse des prix de l'alimentation, du logement et de l'énergie laisse de nombreux ménages en difficulté pour faire durer leurs revenus. Même lorsque l'inflation ralentit, les prix restent en général plus élevés qu'avant, ce qui réduit la marge de manœuvre des consommateurs dans leur budget.

Le logement préoccupe particulièrement les locataires et les jeunes dans de nombreuses villes. Les travailleurs peu rémunérés subissent la pression des dépenses indispensables, tandis que les inquiétudes concernant l'éducation et les autres services publics alimentent le mécontentement dans certains pays.

Les données d'Eurostat analysées par Euronews Business montrent que les prix des denrées alimentaires et des boissons non alcoolisées dans l'Union européenne ont augmenté de 34 % entre août 2021 et août 2026. La quantité de nourriture qu'un salaire minimum mensuel brut permet d'acheter a diminué de 6 % à Malte, de 5 % en Espagne et de 4 % en France, alors qu'elle a progressé dans la plupart des pays étudiés. Cette comparaison exclut toutefois les impôts, les loyers et les autres dépenses des ménages, et ne reflète pas complètement l'ampleur de la crise du coût de la vie.

Ces mouvements de protestation ne constituent pas une seule et même mobilisation à l'échelle européenne et leurs revendications diffèrent. Ils mettent cependant en lumière la pression qui s'exerce sur les finances des ménages et la difficulté croissante à faire en sorte que les salaires suivent le coût des biens essentiels.

Comment les marchés réagissent-ils ?

Les marchés européens, dont le CAC 40 français, ont ouvert en baisse ce matin, comme l'a relevé également Victoria Scholar, responsable des investissements chez Interactive Investors.

"Les marchés européens sont aujourd'hui tous dans le rouge, avec le CAC et le FTSE MIB en baisse de plus de 1,5 % sur le continent. Les manifestations et protestations sur l'état des services publics et la hausse des prix se sont transformées en émeutes, ce qui pèse sur les marchés financiers", a-t-elle déclaré à Euronews Business.

"Cette aversion au risque s'est aussi propagée aux marchés obligataires et aux devises, notamment sur la dette publique française et italienne et sur l'euro, qui sont sous pression. L'écart entre les rendements français et allemands s'est également creusé, ce qui reflète l'incertitude en France."

"Cela intervient à un moment déjà instable pour le gouvernement français, alors que les marchés s'inquiètent du projet de budget 2027, de la situation difficile des finances publiques et de l'élection présidentielle qui se profile l'an prochain", a-t-elle ajouté.

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