Dans une lettre consultée par Euronews, les cinq responsables, dont la cheffe de la diplomatie européenne Kaja Kallas, s’opposent à une réduction du budget du programme "Global Europe".
Les commissaires européens chargés de l'action extérieure de l'Union européenne (UE) s'opposent aux réductions envisagées du volet Global Europe du budget, en avertissant que les financements doivent être à la hauteur des ambitions internationales du bloc.
"Sans ressources adéquates, l'UE risque de perdre de l'influence sur la scène mondiale et de devenir plus vulnérable aux facteurs extérieurs", indique leur lettre, consultée par Euronews, en soulignant que le paysage mondial a fortement changé ces dernières années.
Cette lettre répond aux députés chargés du dossier au Parlement, Michael Gahler (Allemagne/PPE) et Robert Biedroń (Pologne/S&D), après que la présidence irlandaise du Conseil de l'UE a proposé une réduction de 17,4 % du programme.
Elle est cosignée par la cheffe de la diplomatie de l'UE, Kaja Kallas, et les commissaires Marta Kos (élargissement), Dubravka Šuica (Méditerranée), Jozef Síkela (partenariats internationaux) et Hadja Lahbib (préparation et gestion des crises).
"La Commission a proposé un budget ambitieux pour Global Europe, crucial pour assurer le soutien à la préadhésion, promouvoir les intérêts de l'UE et des pays partenaires, renforcer les partenariats, défendre les valeurs de l'UE et répondre efficacement aux crises", poursuit la lettre.
Les dirigeants de l'UE ont en grande partie rejeté la proposition irlandaise lors du sommet de jeudi dernier. Le président du Conseil européen, António Costa, doit présenter un nouveau compromis avant un sommet extraordinaire le 26 novembre, et la lettre semble destinée à en influencer le contenu.
Les commissaires avertissent qu'une réduction des financements du programme pourrait avoir des conséquences majeures pour l'UE et ses partenaires en matière de sécurité, de stabilité, de prospérité et de migration, et affaiblir la capacité du bloc à nouer des partenariats mutuellement bénéfiques.
La lettre souligne aussi le recul constant de l'aide au développement en provenance des pays de l'UE et d'autres grands bailleurs comme les États-Unis. Cela, indique-t-elle, risque de laisser de larges vides dans les pays partenaires, avec des conséquences potentiellement graves.
L'élargissement est un autre domaine où l'instrument doit disposer de ressources adéquates, notamment pour le soutien à la préadhésion, qui, selon la lettre, "a besoin de financements suffisants pour que les réformes difficiles valent le coût politique pour les gouvernements".
La région qui s'étend de l'Afrique du Nord au Moyen-Orient et au Golfe est également présentée comme essentielle pour la sécurité et la prospérité du bloc, en particulier sur les questions d'énergie et de migration. Des moyens importants sont jugés indispensables pour répondre de manière crédible à l'ampleur des défis qui y existent.
L'UE doit aussi conserver un rôle de premier plan en Afrique subsaharienne, dans la région Asie-Pacifique et en Amérique latine, souligne la lettre, où sa présence renforce la stabilité, la diversification des chaînes d'approvisionnement et la sécurité économique.
"À l'échelle mondiale, des ressources adéquates seront nécessaires pour confirmer le leadership global de l'Union dans des domaines politiques clés. Sinon, le rôle de l'UE comme championne du multilatéralisme, notamment en matière de climat, sera affaibli, ce qui entamera aussi sa crédibilité", poursuit la lettre.
Pour les cinq commissaires, un budget ambitieux pour Global Europe est aussi déterminant pour faire face aux menaces émergentes comme la manipulation de l'information, les attaques hybrides et l'insécurité maritime, tout en conservant la flexibilité nécessaire pour répondre rapidement aux crises et à l'évolution des priorités.