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L'Arménie juge "réaliste" une demande d'adhésion à l'UE en 2027-2028

Sommet sur l'élargissement de l'UE
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Par Luca Bertuzzi
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L'Arménie pourrait demander en 2027 ou 2028 son adhésion à l'UE, a déclaré à Euronews le Premier ministre Nikol Pachinian, parlant d'un choix stratégique pour la démocratie et rejetant les mises en garde sur une "nouvelle Ukraine" face à la Russie.

Une candidature de l'Arménie pour rejoindre l’UE en 2027 ou 2028 est "réaliste", a estimé le Premier ministre Nikol Pachinian lors du Sommet Euronews sur l’élargissement de l’UE, en ajoutant que son gouvernement entendait laisser les Arméniens choisir leur propre voie.

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"L’année prochaine, nous pouvons être réalistes. 2028 peut être réaliste", a-t-il dit. "Nous avons lancé le processus qui nous conduira à la décision finale de soumettre une demande d’adhésion formelle à l’Union européenne".

En août, Nikol Pachinian a annoncé devant le Parlement arménien que son gouvernement entendait déposer une demande d’adhésion à l’UE "dans un avenir proche". Cette décision ferait sortir ce pays du Caucase du Sud de l’orbite de la Russie pour le rapprocher de Bruxelles.

Érevan n’a pas encore présenté de candidature formelle mais s'est engagé dans un dialogue sur la libéralisation des visas avec la Commission européenne, avec pour objectif de mener ce processus à bien d’ici 2029.

"Créer une alternative pour le peuple d’Arménie"

Pour Nikol Pachinian, l’adhésion à l’UE est un choix stratégique visant à protéger la démocratie arménienne après la révolution de 2018 qui a chassé du pouvoir les responsables politiques pro-russes.

"Pour notre peuple, la démocratie n’est pas une question de circonstances. C’est un choix stratégique", a-t-il déclaré. "L’Union européenne a été l’un des principaux partenaires de la République d’Arménie dans la mise en œuvre du programme de réformes démocratiques".

"Notre première intention est de créer une alternative pour le peuple d’Arménie et pour la République d’Arménie, car, traditionnellement, la perception de notre société et peut-être de notre voisinage était qu’il n’existait aucune alternative pour l’Arménie".

La Russie a menacé de riposter, notamment en coupant l’approvisionnement énergétique de l’Arménie. Dans ce contexte, Érevan cherche à diversifier ses relations politiques et économiques.

"S’il n’y a aucun équilibre dans une relation, il existe toujours un risque", a déclaré Pachinian.

Interrogé sur les menaces de l’ancien président russe Dmitri Medvedev, qui a affirmé que l’Arménie pourrait devenir la prochaine Ukraine, il a rejeté cette comparaison, en soulignant que sa priorité est de protéger l’indépendance du pays.

"Notre objectif est de monter en puissance, de développer notre indépendance. Et c’est un objectif légitime. Personne ne peut réduire l’aspiration de l’Arménie à être un pays plus indépendant, plus intégré", a poursuivi Nikol Pachinian.

Le dirigeant arménien affirme avoir conscience du compromis à trouver entre l’adhésion à l’UE et le maintien au sein de l’Union économique eurasiatique dominée par la Russie, et estime que ce sera au peuple arménien de faire ce choix.

"Nous avons été inspirés par la détermination de la Géorgie à devenir un membre à part entière de l’Union européenne. Pour l’Arménie, la réussite de la Géorgie est très importante pour la perception que les citoyens ont de nos perspectives européennes", a-t-il ajouté.

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