À Bruxelles, la commissaire à l'Élargissement de l'UE Marta Kos a rencontré quatre délégués de la Liste étudiante pour parler de démocratie et d'affaires intérieures.
Les représentants de la "Liste étudiante", vainqueur des élections législatives en Serbie, ont tenu cette semaine à Bruxelles leur première réunion. Cependant, les discussions se sont concentrées sur les affaires intérieures plutôt que sur la restauration des liens avec l’UE. Marta Kos, commissaire européenne chargée de l’Élargissement, a notamment proposé un soutien de l’UE pour les réformes intérieures.
"J’ai rencontré les représentants de la Liste étudiante. Nous avons discuté de nombreuses choses. Notamment le rôle qu'ils estiment aujourd'hui prioritaire pour la Serbie : redevenir un pays démocratique", a-t-elle indiqué.
La réunion a eu lieu à Bruxelles lundi après-midi à l’invitation de Marta Kos. Elle a rassemblé quatre représentants de la "Liste étudiante", qui ont indiqué à la commissaire qu’ils se concentraient sur le rétablissement de l’état de droit et de la démocratie en Serbie, pour le bien de l’Europe mais avant tout pour leur propre population.
"La Serbie a l’occasion de prendre un nouveau départ. Le nouveau gouvernement serbe a la possibilité de tourner la page, de renforcer les institutions démocratiques et les droits fondamentaux, et de prendre les mesures nécessaires pour progresser sur la voie de l’adhésion de la Serbie", a déclaré Marta Kos, ce mercredi 4 novembre, aux députés de la commission des Affaires étrangères.
Elle a confirmé, lors de cette audition, qu’elle avait rencontré quatre représentants de la "Liste étudiante" plus tôt dans la semaine, au moment où la Commission finalisait son évaluation annuelle des pays candidats. Le rapport met en évidence des tendances négatives en matière de droits fondamentaux et une rhétorique anti-UE persistante de la part des autorités serbes. Mais sa période de référence s’est achevée avant les élections, de sorte qu’il ne reflète pas le résultat.
L'espoir d'un rapprochement avec l'UE
"Les manifestants en Serbie veulent la même chose que ce que l’Union européenne demande à la Serbie, à savoir la lutte contre la corruption, des médias libres et indépendants, une justice libre et indépendante", a également souligné Marta Kos. "De bonnes relations de voisinage et, bien sûr, aussi un alignement stratégique sur l’Union européenne. Nous sommes prêts à aider le nouveau gouvernement à mener toutes les réformes nécessaires", a-t-elle ajouté.
Pour Bruxelles, le changement de gouvernement à Belgrade suscite l’espoir d’un nouveau départ avec le pays le plus influent des Balkans occidentaux. Cependant, le Premier ministre albanais Edi Rama a déclaré à Euronews que le nouveau gouvernement serbe ne devrait pas reconnaître le Kosovo, un point clé de friction dans les relations avec le bloc.
La "Liste étudiante" doit encore préciser sa direction et ses projets gouvernementaux, si bien que la délégation a agi en tant que groupe, et la Commission a refusé de confirmer qui y participait. Il s’agissait du premier échange de haut niveau du parti avec un haut responsable de l’UE.
Les signes de réalignement politique sont déjà visibles, le directeur de la radio-télévision publique RTS a démissionné, des hauts responsables de la police ont été arrêtés et la licence d’exploitation d’une banque considérée comme liée à l’establishment du SNS a été révoquée.
Une présidentielle décisive en décembre
Le mouvement de base est apparu après l’effondrement d’un auvent en béton dans une gare de Novi Sad, qui a fait seize morts et alimenté la colère du public ainsi que des accusations de corruption généralisée et de négligence sous le SNS.
Outre la formation d’un gouvernement, la "Liste étudiante", une liste de novices en politique comprenant des professeurs, des médecins et des étudiants, est confrontée à une autre épreuve avec l’élection présidentielle prévue d’ici fin décembre.
Né de mois de manifestations étudiantes, le mouvement a obtenu une majorité absolue au parlement, mettant fin aux quatorze années de règne du Parti progressiste serbe (SNS) d’Aleksandar Vučić.