Volcan Nyiragongo : évacuation de Goma, les autorités craignent une catastrophe

Tous droits réservés  Justin Kabumba/Associated Press

Ce matin, les autorités de Goma ont ordonné l'évacuation presque complète de la ville de 600 000 habitants.

Cinq jours après l’entrée en éruption du volcan Nyiragongo, dans l’est de la République démocratique du Congo, de violents tremblements de terre continuent de secouer la ville. Et il y a désormais un risque de catastrophe majeure, car les séismes et la déformation du sol indiquent la présence de magma sous la zone urbaine de Goma et sous le lac Kivu.

"On ne peut actuellement pas exclure une éruption à terre ou sous le lac (Kivu) qui pourrait advenir sous très peu voire sans aucun signe précurseur", a expliqué le général Ndima.

"Des risques supplémentaires sont liés à l'interaction entre la lave et l'eau" du lac, a-t-il mis en garde, évoquant clairement le scénario catastrophe, bien connu et identifié pour le lac Kivu, d'un risque de déstabilisation du gaz sous le lac ("éruption limnique", dans le jargon des spécialistes).

"Ils sont de plusieurs natures", a-t-il énuméré : "interaction du magma avec l'eau du lac, déstabilisation du volume de gaz dissous sous le lac Kivu et émission de gaz en surface potentiellement dangereux".

"La situation peut changer rapidement, elle est sous surveillance constante", et en "prévision de cette éventuelle catastrophe, l'évacuation est obligatoire et se fera vers Sake (localité à 20 km à l'ouest de Goma). Elle devra se faire dans le calme et sans précipitation sous la coordination des humanitaires et avec les moyens de transport mis à disposition par les autorités provinciales dans chaque quartier", a détaillé le gouverneur militaire de la province du Nord-Kivu, le général Constant Ndima.

"Les gens doivent emporter le seul minimum, pour donner la chance à tout le monde d'embarquer après avoir pris soin de fermer leurs maisons."

Boris Cheshirkov, un porte-parole du haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés, a rappelé la situation déjà critique dans laquelle se trouve la population de la région :

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"Des fonds sont nécessaires de toute urgence pour nous aider à assister les personnes touchées. Le HCR n'a reçu que 17 % des 204,8 millions de dollars américains nécessaires pour nos opérations en RDC. C'est une nouvelle catastrophe alors que plus de deux millions de personnes ont déjà été déplacées par la violence brutale qui sévit dans la province du Nord-Kivu. Rien que cette année, 450 000 personnes ont été contraintes de fuir leur foyer."

La première éruption a fait 32 morts. Les coulées de lave ont détruit entre 900 et 2 500 habitations et privé d'eau potable une partie des habitants.

République démocratique du Congo Service graphique euronews

Des dizaines de milliers de personnes fuient la ville par bateau, en voiture, en camionnette, par tous les moyens possible, pour se rendre le plus loin possible de Goma.

L'exode avait commencé le week-end dernier. Il est désormais encadré par les autorités.

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