La start-up américaine de puces IA Cerebras accélère son expansion européenne avec 200 MW de puissance d’IA d’ici 2027, défiant Nvidia.
Le fabricant de puces d’intelligence artificielle basé aux États-Unis Cerebras a indiqué jeudi qu’il prévoyait de mettre en service ses premières capacités de centres de données en Europe d’ici fin 2026, avant une montée en puissance rapide en France et dans les pays nordiques, afin de renforcer ses capacités de calcul d’IA sur le continent.
Dans un communiqué, Cerebras explique que la demande pour des infrastructures d’IA locales, à faible latence, explose au sein des entreprises, des instituts de recherche et des gouvernements européens, en quête d’alternatives aux capacités de calcul concentrées aux États-Unis et en Asie.
L’entreprise prévoit de construire d’ici fin 2027 un réseau de centres de données d’IA à travers l’Europe, pour une capacité électrique cumulée de 200 MW.
La puissance électrique est le principal indicateur pour les centres de données dédiés à l’IA, l’électricité étant devenue la contrainte majeure à l’extension des capacités de calcul. À titre de comparaison, les petits centres de données d’entreprise consomment généralement entre 1 et 20 MW, tandis que les infrastructures hyperscale exploitées par les fournisseurs de cloud peuvent atteindre 100 MW ou davantage.
Cerebras précise qu’une partie de la capacité de ses futurs centres de données devrait prendre en charge les charges de travail d’OpenAI, dans le cadre du partenariat déjà en place entre les deux sociétés.
« Ce sont des projets d’expansion gigantesques », représentant plusieurs milliards de dollars, a déclaré à l’AFP le directeur général Andrew Feldman en marge du sommet RAISE à Paris.
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Cette expansion intervient alors que les investissements dans les infrastructures d’IA s’accélèrent partout en Europe, où Nvidia affirme que sa technologie alimente plus de 90 % des projets de « usines d’IA » annoncés sur le continent.
L’extension des capacités de Cerebras doit offrir aux utilisateurs européens une infrastructure d’inférence d’IA à haut débit, permettant des temps de réponse plus rapides pour des charges de travail d’IA toujours plus complexes.
« Ces déploiements vont nous permettre de répondre de manière décisive à ce que nos clients nous demandent : une capacité de calcul d’IA rapide et performante, située en Europe », a ajouté Feldman dans le communiqué de l’entreprise.
Fondée en 2015, Cerebras s’est spécialisée dans les puces dédiées à l’inférence d’IA.
Ce processus, par lequel les modèles d’IA répondent aux requêtes quotidiennes des utilisateurs, présente des besoins différents du processus intensif d’entraînement d’un nouveau système d’IA.
L’appétit pour des puces spécifiquement conçues pour l’inférence a explosé à mesure que de plus en plus de personnes utilisent des agents d’IA, un nouveau type d’interface capable d’exécuter des tâches de manière autonome pour le compte des utilisateurs.
Ces agents exigent des ressources de calcul considérablement accrues, fournies par des entreprises comme Cerebras, Nvidia ou AMD.
Mais les tensions transatlantiques ont rendu de nombreux gouvernements et entreprises méfiants face à une dépendance excessive à l’égard des fournisseurs américains.
« En Europe, la demande de puissance de calcul pour faire tourner l’IA générative est extraordinaire... elle augmente très, très vite », a indiqué Feldman à l’AFP, ajoutant que la croissance du secteur est « plus rapide que ce que nous sommes capables de suivre ».
« En implantant des centres de données partout en Europe... nous pensons pouvoir répondre à l’ensemble des exigences propres au continent », notamment en matière de souveraineté des données, a-t-il ajouté.
Le boom des infrastructures d’IA a permis à Cerebras de lever 5,5 milliards de dollars lors de son introduction en Bourse (IPO) aux États-Unis en mai, en faisant l’une des 15 plus importantes IPO de l’histoire de Wall Street.