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La directrice de la Berlinale sur la sellete suite au débat sur les prises de paroles autour de Gaza

La directrice du festival Tricia Tuttle pose lors d'une séance photo pour le film "The Weight" pendant le Festival international du film, la Berlinale, 17 février 2026
La directrice du festival Tricia Tuttle pose lors d'une séance photo pour le film "The Weight" pendant le Festival international du film, la Berlinale, 17 février 2026 Tous droits réservés  AP Photo
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Par Nela Heidner
Publié le
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Le ministre allemand de la Culture, Wolfram Weimer, aurait demandé le renvoi de la directrice du Festival international du film de Berlin, l'Américaine Tricia Tuttle. Les nombreuses prises de positions pro-palestiniennes lors de la Berlinale seraient à l'origine de cette décision.

Wolfram Weimer, le délégué du gouvernement fédéral à la culture et aux médias de la République fédérale d'Allemagne, a convoqué pour jeudi une réunion extraordinaire des instances dirigeantes de Kulturveranstaltungen des Bundes in Berlin GmbH (KBB).

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Selon les informations du quotidien Bild, un tabloïd allemand à la ligne éditoriale libérale et pro-israëlienne, le renvoi de la directrice de la Berlinale, Tricia Tuttle, est entre autres à l'ordre du jour.

Selon des sources gouvernementales, le conseil de surveillance devrait en outre se pencher, lors d'une réunion spéciale jeudi, sur l'orientation future du Festival international du film de Berlin ainsi que sur d'éventuelles conséquences personnelles.

Wolfram Weimer et Tricia Tuttle seraient d'accord pour dire qu'elle ne peut plus rester à la tête du Festival international du film de Berlin en raison des turbulences politiques qui l'entourent.

Le journal ajoute qu'un nouveau départ est nécessaire, suite aux débats sur les prises de parole lors de la remise des prix et la pression publique qui a suivi auraient été décisifs. Il affirme également que Weimar et Tuttle s'accordent tous deux à dire qu'un nouveau départ est nécessaire, car la Berlinale, l'un des trois grands festivals de cinéma européens avec Cannes et Venise, a été utilisée comme plateforme par des militants anti-sionistes.

Prémonitions et manifestations

Cette édition 2026 n'était que la deuxième fois que Tuttle était à la tête de la Berlinale. À la veille de sa prise de fonction, elle avait averti que l'impression donnée par l'Allemagne, en matière de contrôle de la liberté d'expression sur le conflit au Moyen-Orient, avait un impact direct sur l'événement.

Elle a également exprimé ses craintes que les critiques à l'égard d'Israël soient condamnées comme antisémites en Allemagne, en particulier après l'adoption par le Parlement allemand en 2024 d'une résolution sur la protection de la vie juive, une mesure controversée qui a conduit ses détracteurs à affirmer qu'elle assimilait les critiques à l'égard d'Israël à de l'antisémitisme.

De tels sentiments ont toujours pesé lourdement sur la Berlinale, largement reconnue comme le principal festival où les questions politiques occupent une place prépondérante.

Le jour de l'ouverture du festival et interrogé sur si les films peuvent influencer le domaine politique, le président du jury Wim Wenders avait déclaré : "Les films peuvent changer le monde", mais "pas d'un point de vue politique. Nous devons rester en dehors de la politique, car si nous faisons des films qui sont délibérément politiques, nous entrons dans le champ politique". Cela a ensuite entraîné des critiques dans les médias sociaux et, plus tard, une lettre ouverte de personnalités qui reprochaient à la Berlinale de rester silencieuse en ce qui concerne Gaza.

Lors de la soirée de clôture du samedi, la controverse a tourné : plusieurs lauréats ont profité de leurs discours de remerciement pour exprimer leur soutien à la Palestine et à Gaza.

Le réalisateur Abdallah Al-Khatib après avoir reçu un prix pour "Chronicles from the Siege" lors de la cérémonie de remise des prix du Festival international du film de Berlin
Le réalisateur Abdallah Al-Khatib après avoir reçu un prix pour "Chronicles from the Siege" lors de la cérémonie de remise des prix du Festival international du film de Berlin Copyright 2026 The Associated Press. All rights reserved.

Le ministre allemand de l'Environnement Carsten Schneider a quitté la cérémonie lorsque le réalisateur palestinien Abdallah Al-Khatib, dont le film "Chronicles From The Siege" a remporté le premier prix du segment Perspectives, a accusé le gouvernement allemand d'être "partenaire du génocide de Gaza par Israël".

Par la suite, le festival s'est vu contraint de réagir aux accusations de politiciens allemands qui ont qualifié les discours d'"inacceptables", d'"antisémites" et de "malveillants". Le festival a déclaré à la publication américaine Deadline : "Selon notre compréhension, tout ce qui a été dit samedi se situait dans le cadre des lois allemandes sur la liberté d'expression".

En amont de la séance de jeudi, le ministre de la Culture Weimer a souligné : "La Berlinale ne doit pas être un lieu d'incitation, de menaces ou d'antisémitisme. La haine contre Israël n'y a pas sa place, surtout pas financée par l'argent des contribuables".

On ne sait pas encore qui prendra la succession de Tricia Tuttle à la tête de la Berlinale. Le festival, qui a lieu depuis 1951, fait partie, avec Cannes et Venise, des festivals de cinéma les plus importants au monde.

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