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Odyssées, os et poules: quels sont les meilleurs films de 2026 pour l'instant ?

Les meilleurs films de 2026 à ce jour
Les meilleurs films de 2026... pour l'instant Tous droits réservés  Universal Pictures - Sony Pictures Releasing - A24 - CJ Entertainment - Pallas Film / View Master Films / Twenty Twenty Vision
Tous droits réservés Universal Pictures - Sony Pictures Releasing - A24 - CJ Entertainment - Pallas Film / View Master Films / Twenty Twenty Vision
Par David Mouriquand & Amber Louise Bryce & Theo Farrant
Publié le Mis à jour
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Combien en avez-vous vu ? Êtes-vous d'accord avec notre classement du premier semestre 2026 ?

Nous avons dépassé la moitié de l’année 2026, c’est donc le moment de revenir sur les films qui ont déjà marqué notre année.

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Le critère pour établir cette liste est le suivant : les films doivent être sortis dans les salles européennes – ou en ligne – à partir de janvier 2026, peu importe si certains titres sont sortis l’an dernier aux États-Unis.

Avant de commencer notre compte à rebours vers le meilleur film de l’année à ce jour, ne vous étonnez pas de ne pas voir passer The Blue Trail, The Voice of Hind Rajab, Sorda ou Sirāt. Ils sont sortis en Europe continentale l’an dernier et figurent déjà dans notre liste des meilleurs films de 2025.

Sans plus attendre, voici les incontournables que vous devriez cocher sur votre liste de visionnage si ce n’est pas déjà fait.

20) Send Help

Send HelpSend Help

Pour ouvrir notre classement, voici un film d’horreur original classé R, joyeusement vicieux, signé par le légendaire Sam Raimi. Le point de départ de Send Help est simple : Rachel McAdams incarne une chercheuse en entreprise sous-estimée, tandis que Dylan O'Brien joue le PDG suffisant, pur produit du népotisme, qui lui pourrit l’existence – jusqu’à ce qu’un crash d’avion les laisse échoués sur une île isolée. La hiérarchie du bureau s’effondre alors de façon spectaculaire. Ce n’est certainement pas le scénario le plus original, mais McAdams et O'Brien affichent une chimie incroyable, Raimi livre tout le gore outrancier et camp qu’on peut attendre de lui, et les rebondissements sont assez nombreux pour vous tenir en haleine de bout en bout. La définition même du bon film pop-corn. TF

19) I Swear

I SwearI Swear

Inspiré de la remarquable histoire vraie de John Davidson, diagnostiqué ado du syndrome de Tourette dans l’Écosse des années 1980, I Swear retrace son parcours, d’écolier harcelé au militant qui recevra plus tard un MBE pour son travail de sensibilisation. Certains spectateurs pourront lever les yeux au ciel devant sa formule bienveillante et faite pour séduire le grand public, mais l’interprétation principale, récompensée aux BAFTA, de Robert Aramayo, portée par l’excellent soutien d’acteurs comme Maxine Peake et Peter Mullan, hisse le film bien au-dessus des conventions. C’est une œuvre constamment drôle, touchante et pédagogique, sans jamais verser dans le prêchi-prêcha. Les insultes adressées à Davidson après ses débordements involontaires lors des BAFTA cette année ont rappelé combien le rejet contre lequel il se bat depuis des décennies est toujours bien présent – et à quel point des histoires comme I Swear restent nécessaires. TF

18) Mother Mary

Mother MaryMother Mary

Le scénariste-réalisateur David Lowery (A Ghost Story, The Green Knight) dirige Anne Hathaway, qui incarne la pop star éponyme en quête désespérée de comeback. Elle débarque sur le pas de la porte de son ancienne amie et créatrice de mode, Sam Anselm (Michaela Coel), pour la supplier de lui confectionner une robe pour un concert en tête d’affiche à venir. La tenue doit incarner la renaissance de Mother Mary. Puis les choses prennent une tournure étrange... Mother Mary est une pièce en chambre imprégnée d’angoisse qui évolue en récit gothique de fantômes, où le métaphysique croise le spirituel, jusqu’à mener à une forme d’exorcisme de traumatismes mutuels. Résolument singulier et volontairement verbeux, Lowery signe le psychodrame idéal à associer en double programme détraqué avec In Fabric de Peter Strickland. Surtout, il propose une œuvre audacieuse et extravagante qui vous hantera. Comme un morceau de tissu rouge scintillant. DM

17) Twinless

TwinlessTwinless

Au premier abord, Twinless ressemble à une comédie décalée sur deux inconnus réunis par un deuil commun. Mais le deuxième long métrage de James Sweeney révèle progressivement quelque chose de bien plus riche : une exploration acérée, émotive, étrange et souvent dérangeante du deuil, de la solitude, de l’amour et du besoin d’être vu. Avec Dylan O'Brien livrant peut-être la performance la plus solide de sa carrière, et Sweeney qui s’impose comme un authentique triple menace – scénariste, réalisateur et acteur –, ce film merveilleusement singulier, hilarant et déchirant est absolument à voir. TF

16) Jim Queen à la recherche de la Chloroqueer (Jim Queen and the Quest for Chloroqueer)

Jim Queen à la recherche de la ChloroqueerJim Queen à la recherche de la Chloroqueer

Présentée à Cannes, cette comédie animée est l’un des succès inattendus de l’année en France et clairement un film à ne pas manquer. Pour leur premier long métrage en tant que réalisateurs, Nicolas Athané et Marco Nguyen racontent l’histoire de Jim, icône gay de la scène parisienne, dont le monde bascule lorsqu’il commet un faux pas vestimentaire et commence à comprendre la règle du hors-jeu au football... Le pire est arrivé : il a contracté l’Heterosis, devenant la nouvelle victime d’une épidémie virale qui transforme les hommes gays en hétérosexuels. À lui désormais, aidé de son nouveau pote twink Lucien, de partir en quête d’un remède pour éviter l’extinction des gays. Jim Queen se déploie comme une lettre d’amour drôle, irrévérencieuse et auto-dérisoire à la communauté LGBTQ+. C’est un appel aux armes nourri par l’expérience du Covid, qui affronte l’homophobie et les menaces auxquelles les personnes gays restent confrontées dans la société contemporaine. En présentant de façon satirique l’hétérosexualité comme un virus, le film décortique l’hétéronormativité sans oublier de tourner en dérision la communauté queer elle-même, mettant ainsi tout le monde sur un pied d’égalité et adressant un doigt d’honneur à l’intolérance. Un triomphe. DM

15) Obsession

ObsessionObsession

Un désir qui dévore tout mène au bain de sang et aux crânes fracassés dans cette variation tordue sur la codépendance signée Curry Barker. Après que Bear (Michael Johnston) a souhaité que sa meilleure amie Nikki (Inde Navarrette) l’aime plus que n’importe qui au monde, elle devient immédiatement possédée – et de plus en plus imprévisible dans son empressement désespéré. On est ici à l’opposé d’une histoire d’amour : une expulsion gore de la limérence toxique, des attentes dysfonctionnelles et de l’immaturité émotionnelle. La performance de Navarrette se distingue par sa physicalité bouleversante ; ses sourires forcés sont en permanence en guerre avec la détresse de son moi perdu. À l’instar de Backrooms (dont on reparle plus loin), Obsession annonce une nouvelle ère du cinéma d’horreur – audacieuse, innovante et puisant dans le subconscient sinistre d’un âge numérique. AB

14) Amélie et la métaphysique des tubes (Little Amelie or the Character of Rain)

Amélie et la métaphysique des tubesAmélie et la métaphysique des tubes

Adapté du best-seller autobiographique 'Métaphysique des tubes' d’Amélie Nothomb, ce film d’animation franco-belge se déroule dans les années 1960 et suit une petite fille qui vit à Kobe, au Japon, une ville marquée par les cicatrices de la guerre. Amélie est déclarée à la naissance comme un 'légume'. La voix off, pourtant, nous révèle qu’elle est bien plus que cela... Le jour de son deuxième anniversaire, un tremblement de terre se produit, provoquant l’éveil d’Amélie : elle sort de son état végétatif et se met à réagir à tout ce qui l’entoure. Les réalisateurs Maïlys Vallade et Liane-Cho Han signent une émouvante ode à l’enfance, aux liens interculturels et au pouvoir du chocolat belge. C’est une histoire captivante sur la magie de la prise de conscience dans la petite enfance, mais également un voyage vers la réalisation que vous n’êtes pas le centre du monde, tel un Dieu, mais bien une partie d’un tout. Porté par une superbe animation 2D qui mêle styles européens et japonais, et par une bande-son magnifique signée Mari Fukuhara, Little Amelie or the Character of Rain démontre une fois de plus comment l’animation, trop souvent reléguée au statut de 'film pour enfants', peut aborder des émotions parmi les plus complexes à travers des histoires en apparence simples. DM

13) The Invite

The InviteThe Invite

Après son excellent premier film Booksmart (2019) et un deuxième long métrage bien moins réussi, Don't Worry Darling (2022), entaché par les polémiques, Olivia Wilde rebondit avec son troisième film, sans doute le meilleur à ce jour, The Invite. Remake du film espagnol Sentimental de Cesc Gay (2020), il se concentre sur Joe (Seth Rogen) et Angela (Olivia Wilde), un couple épuisé et malheureux qui invite ses voisins du dessus, Pina (Penélope Cruz) et Hawk (Edward Norton), à passer la soirée chez eux. La vie sexuelle enthousiaste de leurs invités se fait entendre depuis longtemps à travers le plafond, mais au fil de la nuit, les conversations gênées cèdent la place à une exploration hilarante et étonnamment émouvante de l’amour, du désir et des relations modernes. TF

12) The Odyssey

The OdysseyThe Odyssey

Il a ressuscité Batman, orchestré un braquage de rêves, voyagé dans l’espace et remporté plusieurs Oscars grâce à son biopic de trois heures sur la naissance de la bombe atomique... Que fait Christopher Nolan ensuite ? Il a embrassé son côté Kubrick, ne craignant ni l’ampleur ni la démesure, et a adapté l’œuvre de littérature la plus ancienne connue, réputée quasiment inadaptable. Comme si cela ne suffisait pas, il l’a entièrement tournée en IMAX, une première mondiale. Si la version de Nolan du grand poème fondateur d’Homère est sans conteste son entreprise la plus ambitieuse à ce jour, et si son monumental exploit technique force l’admiration, l’ensemble reste inégal. La propension du cinéaste pour les structures narratives non linéaires se révèle être un véritable écueil, car The Odyssey se retrouve souvent handicapé par des choix de montage maladroits et des problèmes de rythme dans sa première moitié. De plus, il aurait pu consacrer davantage de temps aux dangereuses aventures d’Ulysse pour que les moments de pure adrénaline se ressentent pleinement. Une fois que le film se soude en une œuvre plus resserrée dans son dernier acte, vous aurez ressenti de l’émerveillement, mais peu d’émotions portées par les personnages. Et peu de plaisir, alors que le texte d’Homère n’en manquait pas. Même si The Odyssey n’est pas le chef-d’œuvre absolu que certains, pris dans la frénésie, proclament, il est indéniable que seul Nolan pouvait concrétiser un événement de cinéma aussi audacieux. DM

11) Marty Supreme

Marty SupremeMarty Supreme

Plongée sous adrénaline dans le chaos et les catastrophes que représente la poursuite d’un rêve, Marty Supreme n’est pas pour les âmes sensibles. Situé au cœur de l’euphorie d’après-guerre du New York des années 1950, le film suit un jeune homme, Marty Mauser (Timothée Chalamet), prêt à tout – quitte à se frotter à un parrain de la mafia furieux – pour devenir le plus grand champion de tennis de table au monde. Imprégné du stress cinématographique caractéristique des frères Safdie, c’est un déluge d’angoisse qui vous fera regarder à travers vos doigts en murmurant 'oh non'. Mais c’est aussi un portrait de personnage captivant et sensoriel qui, au milieu du chaos, démontre avec brio le rêve américain. AB

10) The Drama

The DramaThe Drama

Dans cette satire sombrement drôle, Kristoffer Borgli retourne comme un gant le charme sucré des comédies romantiques pour en exposer les entrailles peu reluisantes des relations au long cours. Après une rencontre mignonne dans un café, Emma (Zendaya) et Charlie (Robert Pattinson) tombent amoureux et se fiancent. À l’approche du mariage, les angoisses remontent – et un jeu d’ivrognes autour de la question : quel est le pire truc que tu aies jamais fait ? fait basculer leur relation, en apparence parfaite sur Instagram, en véritable enfer instantané. Le film s’attaque avec une précision chirurgicale aux idéaux à l’ère des faux-semblants sur les réseaux sociaux, en passant du passé au présent pour révéler les couches de mensonges qui composent nos identités. Vous rirez, vous vous tortillerez de malaise et vous vous demanderez : connaît-on jamais vraiment quelqu’un ? Même soi-même ? AB

9) Mr Nobody Against Putin

Mr Nobody Against PutinMr Nobody Against Putin

Plus tôt cette année, un tribunal russe a interdit la diffusion de Mr Nobody Against Putin, les autorités estimant que le documentaire oscarisé propageait des 'opinions négatives' sur le gouvernement et la guerre en Ukraine. Si cet acte flagrant de censure ne suffit pas à éveiller votre curiosité, on ne sait pas ce qui le fera. Réalisé par David Borenstein et Pavel 'Pasha' Talankin, le film suit Talankin – un enseignant défiant le pouvoir – qui filme en secret une école de Karavash, dans la région de Tcheliabinsk. Tournées sur deux ans, ses images racontent comment l’administration Poutine tente de contrôler la perception publique de la guerre en Ukraine. Ce puissant exposé montre comment des cours de propagande pro-guerre et des 'manifestations patriotiques' ont été introduits dans les classes après 2022, mettant en lumière les 'innombrables petits actes de complicité' que Talankin a évoqués lors de son discours aux Oscars. C’est un récit d’endoctrinement, de radicalisation et de militarisation, mais surtout une histoire sur le courage d’un homme qui est tout sauf un 'nobody'. Il offre non seulement un portrait du quotidien en Russie au public occidental, mais aussi un aperçu très éclairant de la guerre idéologique qui devrait nous inquiéter. Les parallèles en Occident sont évidents. Et alarmants. DM

8) In die Sonne schauen (Sound Of Falling)

Sound of FallingSound of Falling

Le premier film de la réalisatrice allemande Mascha Schilinski, Dark Blue Girl, sorti en 2017, était prometteur, mais rien ne pouvait nous préparer à Sound of Falling, qui lui a valu le Prix du Jury au Festival de Cannes l’an dernier. C’est un curieux drame initiatique qui suit quatre générations de filles liées par une sinistre ferme dans la région de l’Altmark. En passant d’une époque à l’autre (avant la Première Guerre mondiale, après la Seconde, la RDA des années 80 et le XXIe siècle), le film prend la forme d’un puzzle ambitieux et déstabilisant sur la condition féminine et les traumatismes silencieux transmis de génération en génération. À mesure que les conversations et les situations se répondent à travers le temps et que certains éléments éthérés s’invitent dans le récit, Schilinski parvient magistralement à troubler son public par le mystère, afin de mieux l’immerger. Inutile de le préciser, ce n’est pas le film léger du vendredi soir ; mais ceux qui cherchent un bijou d’auteur au souffle romanesque, annonçant l’arrivée d’une cinéaste prometteuse, feraient bien de le guetter. DM

7) Backrooms

BackroomsBackrooms

Situé dans la grisaille solitaire de l’Amérique rurale des années 1990, Backrooms suit un vendeur colérique (Chiwetel Ejiofor) et sa thérapeute traumatisée (Renate Reinsve) qui pénètrent dans un espace caché derrière un magasin de meubles. Sans fenêtres et silencieux – hormis le bourdonnement grave des néons –, l’endroit ressemble à une régurgitation de la réalité. Un lieu où cauchemars et nostalgie se mêlent, et où ce que nous redoutons le plus rôde au milieu d’un labyrinthe infini de pièces moquettées. Réalisé par Kane Parsons, 20 ans seulement, c’est une œuvre d’une créativité et d’une efficacité glaçante remarquables. À travers le prisme de la culture internet, elle capte les angoisses contemporaines et les cycles de ruminations dans lesquels nous nous enfermons. AB

6) No Other Choice

No Other ChoiceNo Other Choice

Park Chan-wook rate rarement sa cible, et No Other Choice confirme une fois de plus qu’il est l’un des meilleurs réalisateurs en activité. Cette comédie délicieusement noire suit un père de famille (incarné par Lee Byung-hun) qui perd son emploi à cause de l’automatisation et décide que la seule façon de remonter la pente est d’éliminer la concurrence. À la fois thriller, satire et comédie absurde, le film est férocement drôle tout en proposant un commentaire acéré sur le capitalisme, la précarité de l’emploi et les effets déshumanisants du travail moderne. Stylé, imprévisible et brillamment construit, il mérite bien plus d’attention qu’il n’en a reçu. TF

5) 28 Years Later: The Bone Temple

28 Years Later: The Bone Temple 28 Years Later: The Bone Temple

Le deuxième volet de la trilogie 28 Years est un film explosif et brutal qui tend un miroir à la société britannique – tout en s’accrochant à la bonté dans un monde corrompu par la rage. Dans le prolongement des événements de 28 Years Later, nous retrouvons le jeune Spike (Alfie Williams), retenu prisonnier par un gang violent, adepte du culte du diable, appelé les Jimmies. Pendant ce temps, le Dr Ian Kelson (Ralph Fiennes) noue un lien avec un Alpha arracheur de colonnes vertébrales (Chi Lewis-Parry), réalisant que le virus de la Rage qui a ravagé les îles britanniques pourrait en fait être traité. Grâce à la mise en scène assurée de Nia DaCosta, la franchise se hisse au rang de spectacle tourbillonnant, mêlant euphorie et nausée ; les zombies laissant la place aux horreurs – et aux espoirs – profondément humains. AB

4) The Testament of Ann Lee

The Testament of Ann LeeThe Testament of Ann Lee

Amanda Seyfried livre le plus beau rôle de sa carrière dans The Testament of Ann Lee, où elle incarne une prédicatrice du XVIIIe siècle à la tête des Shakers, une secte de Quakers chantants. Sa représentation féroce de la dévotion religieuse porte le drame indescriptible de Mona Fastvold, coécrit avec son compagnon Brady Corbet (The Brutalist). C’est un biopic historique ; une comédie musicale folk aux chorégraphies très singulières ; une curiosité fascinante qui comprend que les actes spirituels de dévotion peuvent se traduire à l’écran par l’émancipation féminine. Le film ne plaira pas à tout le monde – et sa durée de 137 minutes mettra les nerfs à l’épreuve. Mais si vous vous laissez emporter par ses rythmes fiévreux et acceptez ses ellipses, The Testament of Ann Lee se révèle payant. Aussi étonnant que cela puisse paraître au vu de sa longueur, le revoir une deuxième fois provoquera à la fois vertige et éblouissement. DM

3) The Mastermind

The MastermindThe Mastermind

Josh O’Connor a poursuivi son ascension cette année dans la romance historique d’Oliver Hermanus, The History of Sound, et dans Disclosure Day de Steven Spielberg ; mais le film le plus réussi, de loin, est The Mastermind de Kelly Reichardt. Présenté comme un film de casse centré sur un père de famille en difficulté qui projette de dérober des œuvres dans une galerie de banlieue, le long métrage ressemble davantage à une étude au long cours de personnages : celle d’un voleur en devenir, et celle du fameux rêve américain. Sur fond de guerre du Vietnam, ce drame naturaliste est un chef-d’œuvre d’observation, discret mais hypnotique, sur la prise de conscience rampante que vous pourriez être l’architecte de votre propre chute. Pour l’homme, à cause de son sentiment d’ayant droit et de sa pure inconscience ; pour le pays, à cause d’une ignorance obstinée face à un système qui condamne tout le monde à l’échec. Sublimé par le grain vintage de la pellicule 35 mm et par une attention aux détails d’époque que beaucoup de cinéastes auraient négligée, The Mastermind prouve pourquoi O'Connor est l’un des acteurs les plus recherchés de sa génération. Et confirme que Reichardt est la réalisatrice la plus singulière et constante de la sienne. DM

2) Pillion

PillionPillion

Attachez bien vos sangles : Pillion de Harry Lighton est sans conteste le premier film le plus audacieux de l’année – une romance queer BDSM désarmante de tendresse, qui trouve une profondeur émotionnelle surprenante derrière tout son déferlement de fellations, de bâillons, de bottes léchées et de kink à gogo. Le film suit Colin (Harry Melling), un jeune homme gauche et solitaire dont la vie terne bascule lorsqu’il rencontre Ray (Alexander Skarsgård), leader stoïque et terriblement séduisant d’un gang de bikers. Alors que Colin est propulsé (au sens propre comme au figuré) dans un univers de domination, de soumission, de pratiques sexuelles extrêmes et de culture biker, le public l’est aussi. C’est remarquablement bien joué, réellement drôle et, contre toute attente, profondément émouvant. Et la présence de Skarsgård en cuir ne gâche rien. TF

1) Kota (Hen)

HenHen

Beaucoup placeront sans doute The Odyssey de Christopher Nolan en tête de classement, mais notre choix numéro 1 pour 2026 à ce jour se porte sur une autre odyssée, elle aussi située en Grèce. Adoptant le point de vue d’une poule qui s’échappe d’un élevage en batterie, Hen du réalisateur hongrois György Pálfi se déroule comme une épopée dont la portée dépasse largement le monde aviaire. Mêlant humour noir et horreur dans sa version décalée de Chicken Run, le réalisateur et son directeur de la photographie Giorgos Karvelas (qui capture brillamment certaines vues aériennes de notre héroïne à plumes) montrent les épreuves façon Ulysse que la courageuse poulette doit affronter. Renards, faucons, coqs lubriques, chiens et cruauté humaine jalonnent son périple semé d’embûches vers un sanctuaire. Le montage est excellent, le dressage animalier frôle l’invraisemblable et la parabole sur les travers de l’humanité est captivante. Pálfi ne tire jamais trop fort sur ce fil – ni sur la tentation d’anthropomorphiser –, même lorsque les parallèles avec la réalité de la mondialisation et de la traite humaine s’imposent. Les comparaisons avec Gunda de Viktor Kossakovsky, EO de Jerzy Skolimowski ou même Cow d’Andrea Arnold sont inévitables ; même si le compagnon de route le plus approprié reste l’oscarisé Flow de l’an dernier. Quoi qu’il en soit, ce que Pálfi a créé en 2026 est très spécial. Il prouve que les odyssées les plus exaltantes et périlleuses n’ont pas forcément besoin d’une échelle gigantesque, d’un budget colossal ou d’un battage médiatique fiévreux. Parfois, il suffit d’une poule courageuse qui se bat pour survivre. DM

Voilà pour notre sélection. Si vous pensez que certaines omissions sont de taille, sachez que l’absence de Hamnet, Project Hail Mary, Disclosure Day et Toy Story 5 est volontaire. Dites-nous ce que vous en pensez dans les commentaires ci-dessous.

Qu’avons-nous oublié et quels ont été vos temps forts cinéma cette année ?

Restez connectés à Euronews Culture pour découvrir combien de ces favoris de mi-parcours figureront dans notre liste des meilleurs films de fin d’année. Et n’oubliez pas de jeter un œil à notre classement des meilleurs albums de 2026... pour l’instant.

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